Le nucléaire devient un enjeu stratégique majeur pour les géants du numérique. Google vient de signer son tout premier accord nucléaire en Europe, en Finlande, afin de sécuriser l’électricité nécessaire à ses intelligences artificielles. Cette annonce illustre à quel point la course à l’IA transforme en profondeur les besoins énergétiques des grandes entreprises technologiques, un sujet suivi de près dans notre rubrique science et technologie.
Un contrat de 22 ans avec la centrale de Loviisa
Google a conclu un contrat de long terme, sur 22 ans, avec le fournisseur finlandais Fortum. L’accord porte sur jusqu’à 50 % de la production de la centrale nucléaire de Loviisa, dans le sud du pays. Des travaux de modernisation doivent permettre de prolonger l’exploitation du site jusqu’en 2050. Il s’agit du premier accord nucléaire signé par Google hors des États-Unis, et le premier du genre pour le groupe sur le sol européen.
Cet engagement s’accompagne d’un investissement massif : Google a annoncé au moins 13 milliards d’euros dans ses infrastructures numériques en Finlande, répartis sur 2027 et 2028. Il s’agit, selon les informations disponibles, du plus important investissement isolé jamais réalisé par le groupe en Europe, destiné notamment à soutenir ses futurs data centers.
Aux États-Unis, une centrale à l’arrêt sur le point de redémarrer
Le mouvement ne se limite pas à l’Europe. Aux États-Unis, Google cherche également à relancer la centrale de Duane Arnold, dans l’Iowa, à l’arrêt depuis 2020 après qu’une tempête a endommagé ses tours de refroidissement. Un redémarrage est prévu pour 2029, avec une électricité en grande partie achetée par Google, qui envisagerait de construire jusqu’à six data centers à proximité immédiate du site.
Cette stratégie transatlantique, à cheval entre la Finlande et les États-Unis, illustre la dimension désormais mondiale de la course à l’énergie pour l’IA — un fil que l’on peut suivre plus largement dans notre rubrique actualités internationales. Elle confirme aussi une tendance de fond déjà observée du côté des data centers en France, où la consommation électrique s’envole avec l’essor de l’IA. Entraîner et faire tourner des modèles d’IA de plus en plus puissants exige une électricité disponible en continu, ce que le nucléaire permet mieux que la plupart des énergies renouvelables intermittentes.
Pourquoi le nucléaire séduit les géants de la tech
L’appétit énergétique de l’intelligence artificielle est devenu une aubaine pour la filière nucléaire mondiale. Les grandes entreprises technologiques cherchent une source d’électricité stable, disponible 24 heures sur 24 et peu carbonée, pour alimenter leurs centres de calcul. Cette logique n’est pas propre à Google : d’autres acteurs explorent même des pistes plus inattendues, comme le montre notre article sur la course aux data centers dans l’espace, où certains géants de la tech envisagent de sortir purement et simplement du réseau électrique terrestre.
La question énergétique dépasse d’ailleurs le seul secteur de l’IA générative : elle avait déjà été posée pour d’autres technologies numériques gourmandes en électricité, à l’image de la consommation d’énergie des cryptomonnaies. Avec l’IA, l’échelle du problème change cependant radicalement de dimension, ce qui pousse les États et les régulateurs à s’organiser : une coopération internationale a d’ailleurs été lancée récemment, comme le racontait notre article sur l’organisation mondiale de coopération sur l’intelligence artificielle réunissant 29 pays.
Ce qu’il faut retenir
- Premier accord nucléaire de Google en Europe, signé avec Fortum en Finlande, pour 22 ans.
- Jusqu’à 50 % de la production de la centrale de Loviisa réservée au groupe.
- Au moins 13 milliards d’euros investis en Finlande sur 2027-2028.
- Aux États-Unis, la centrale de Duane Arnold doit redémarrer en 2029 pour alimenter de nouveaux data centers.
Questions fréquentes
Pourquoi Google se tourne-t-il vers le nucléaire ?
Parce que l’intelligence artificielle nécessite une électricité disponible en continu et peu carbonée, deux caractéristiques que le nucléaire offre mieux que la plupart des énergies renouvelables intermittentes.
Ce contrat concerne-t-il directement les consommateurs européens ?
Pas directement : l’électricité sert avant tout à alimenter les centres de données de Google. L’accord peut toutefois avoir des conséquences indirectes sur le marché de l’énergie local en Finlande.
D’autres entreprises technologiques font-elles la même chose ?
Oui, plusieurs géants du numérique se tournent vers le nucléaire, y compris via la relance de centrales à l’arrêt, pour sécuriser l’électricité nécessaire à leurs data centers dédiés à l’IA.
Sources
Clubic —
L’Énergeek —
Frenchweb
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



