Face à la demande croissante de puissance de calcul pour l’intelligence artificielle, une idée longtemps réservée à la science-fiction gagne du terrain outre-Atlantique : sortir les data centers de la Terre pour les installer directement en orbite. Plusieurs acteurs, des jeunes pousses aux géants technologiques, avancent désormais leurs pions sur ce nouveau terrain de jeu spatial.
Une start-up américaine en pointe
À Redmond, dans l’État de Washington, la start-up Starcloud a récemment atteint une valorisation de 1,1 milliard de dollars après une levée de fonds de 170 millions de dollars, un record de rapidité pour une entreprise issue de l’accélérateur Y Combinator. Son premier satellite, Starcloud-1, d’une soixantaine de kilos, a été lancé début novembre 2025 avec à son bord un GPU Nvidia H100 : il a fait fonctionner en orbite plusieurs charges de travail liées à l’IA, dont l’entraînement d’un petit modèle de langage sur l’intégralité des œuvres de Shakespeare. Un prochain satellite, embarquant plusieurs puces H100 et du matériel Nvidia Blackwell plus récent, est annoncé pour octobre 2026.
Le pari du calcul solaire en orbite
L’argument commercial de ces projets repose sur trois piliers : une alimentation solaire quasi continue en orbite, l’absence de refroidissement à eau et l’absence de contraintes de permis de construire. Sur Terre, les data centers dédiés à l’IA se heurtent en effet de plus en plus à des limites d’accès à l’électricité, à l’eau et au foncier, ce qui pousse certains acteurs à regarder vers l’espace comme une alternative.
Le défi technique reste toutefois important : l’espace ne permet pas d’évacuer la chaleur aussi facilement que l’atmosphère terrestre, et les besoins en très grands panneaux solaires ainsi qu’en systèmes de refroidissement à cette échelle n’ont, pour l’instant, jamais été testés en conditions réelles.
Les géants de la tech s’y mettent aussi
Starcloud n’est plus seule sur ce créneau. Depuis janvier 2026, plusieurs grandes entreprises américaines ont déposé des demandes auprès du régulateur des télécommunications pour exploiter de vastes constellations de satellites faisant office de centres de données, avec des projets similaires en cours en Chine, dans l’Union européenne et au Japon. Parmi les initiatives les plus spectaculaires, une demande déposée fin janvier 2026 vise l’autorisation d’exploiter jusqu’à un million de satellites alimentés à l’énergie solaire en orbite basse.
Un autre acteur du secteur spatial a, de son côté, annoncé un partenariat avec un géant du numérique pour une démonstration de calcul orbital par phases, prévue début 2027 sur une nouvelle constellation de satellites d’observation de la Terre.
- Marché mondial estimé entre 1,3 et 1,4 milliard de dollars en 2026
- Projections à plusieurs dizaines de milliards de dollars d’ici le milieu des années 2030
- Premiers déploiements de satellites-data centers à grande échelle envisagés pour le milieu des années 2030
Une piste sérieuse ou un pari à long terme ?
Les analystes restent partagés : si l’idée séduit par sa promesse de désengorger les réseaux électriques terrestres, les défis d’ingénierie liés au refroidissement et à la taille des panneaux solaires nécessaires laissent penser que les déploiements massifs n’interviendront pas avant plusieurs années. Ce dossier illustre en tout cas la manière dont la demande en intelligence artificielle pousse aujourd’hui les acteurs du numérique à explorer des solutions qui semblaient, il y a peu, hors de portée. Un sujet à suivre, qui recoupe à la fois l’actualité de notre rubrique Numérique – Internet et celle de la rubrique Science et Technologie, sans oublier les enjeux d’investissement abordés dans notre rubrique Entreprise – Business.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un data center spatial ?
C’est un centre de données embarqué sur un ou plusieurs satellites en orbite, alimenté par l’énergie solaire, qui traite ou stocke des données au lieu de le faire dans une installation terrestre.
Pourquoi installer des data centers dans l’espace plutôt que sur Terre ?
L’objectif est de contourner les limites terrestres d’accès à l’électricité, à l’eau de refroidissement et au foncier, tout en profitant d’un ensoleillement quasi continu en orbite.
Ces projets sont-ils déjà opérationnels ?
Un premier satellite test a déjà fonctionné en orbite avec une puce Nvidia, mais les déploiements à grande échelle ne sont pas attendus avant le milieu des années 2030, en raison de défis techniques de refroidissement encore non résolus.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



