Le Made in France textile reprend des couleurs. Après des décennies de délocalisation, plusieurs projets industriels sortent de terre pour reconstruire, maillon par maillon, une filière qui avait presque disparu. Mais entre volonté affichée et réalité économique, l’écart reste important.
Une filière qui se reconstruit maillon par maillon
À Saint-Martin-du-Tilleul, en Normandie, la French Filature tourne depuis trois ans avec dix-huit machines dédiées au cardage, à la préparation en ruban et à la filature. Elle produit environ 250 tonnes de fil par an et emploie 35 salariés. L’ambition dépasse le simple fil : il s’agit de faire revenir, autour de cette matière première, tous les métiers qui avaient disparu du territoire français — cardeurs, peigneurs, teinturiers, tricoteurs, tisserands et confectionneurs.
Le prix, principal frein à la relocalisation
Reconstruire une filière ne suffit pas à la rendre compétitive. Les usines françaises achètent leur énergie et leurs matières premières au prix mondial, tandis que leurs clients refusent souvent d’absorber le surcoût face à des alternatives asiatiques à des niveaux de prix incomparables. Résultat : malgré la loi anti-fast-fashion votée en France, le baromètre de l’Institut Français de la Mode publié en février 2026 montre que 38 % des consommateurs français ont acheté des vêtements sur des plateformes d’ultra-fast-fashion comme Shein, Temu ou AliExpress au cours de l’année 2025.
Des marques qui jouent le jeu malgré tout
Plusieurs entreprises avancent néanmoins. La marque bordelaise Cocorico a inauguré sa première usine en propre dans le Lot, une étape présentée comme un jalon pour consolider sa capacité de fabrication. D’autres suivent le mouvement : Kiplay dans l’Orne, Tissage de France dans les Vosges, ou encore Puma avec une collection assemblée en France. Autant d’initiatives qui misent sur la traçabilité et les circuits courts plutôt que sur les volumes.
Ce que ça change pour les consommateurs
Pour un acheteur, la relocalisation se traduit surtout par un choix : payer plus cher une pièce fabriquée localement, ou continuer à privilégier le prix. Quelques repères permettent d’y voir plus clair :
- Vérifier la mention précise de l’origine (« fabriqué en France » n’implique pas toujours que la matière première l’est aussi).
- Regarder si la marque communique sur le lieu exact de production, comme les usines de Normandie ou du Lot citées plus haut.
- Considérer la seconde main comme un complément, pas un concurrent, du Made in France : les deux répondent à la même envie de consommer autrement.
- Se souvenir que la mode française a une histoire longue, bien documentée dans les ouvrages de référence sur la mode, pour resituer ces choix dans une tendance de fond plutôt qu’un simple effet de mode.
Questions fréquentes
Le Made in France textile est-il plus cher que l’importation ?
Oui, généralement. Les usines françaises paient l’énergie et les matières premières au prix mondial, sans les mêmes économies d’échelle que les grands fournisseurs asiatiques, ce qui se répercute sur le prix final.
Qu’est-ce que la French Filature ?
C’est une filature installée à Saint-Martin-du-Tilleul, en Normandie, en activité depuis trois ans, qui produit environ 250 tonnes de fil par an avec 35 salariés, pour recréer une matière première française à la base de la filière textile.
La loi anti-fast-fashion a-t-elle changé les habitudes d’achat ?
Pas encore massivement : selon le baromètre de l’Institut Français de la Mode de février 2026, 38 % des Français ont continué à acheter sur des plateformes d’ultra-fast-fashion comme Shein, Temu ou AliExpress durant l’année 2025.
Sources
- The Good Goods — French Filature, le renouveau du Made in France
- Résilience — La relocalisation de l’industrie textile en France
- FashionNetwork — Cocorico inaugure sa première usine en propre dans le Lot
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



