Un chiffre résume la contradiction du moment : un actif français sur trois envisage une reconversion professionnelle, mais au même moment, les outils censés financer cette bascule sont en train de se vider. L’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) doit présenter mardi un plan de réorganisation prévoyant 841 suppressions de postes et la fermeture de 39 sites, tandis que les Régions alertent sur l’assèchement de leurs crédits dédiés aux demandeurs d’emploi.
Un système sous tension budgétaire
Le gouvernement a engagé un plan d’économies de 50 milliards d’euros d’ici 2027, et la mission budgétaire Travail et emploi en fait largement les frais : une réduction supplémentaire de 1,9 milliard d’euros est prévue pour le prochain exercice, après près de 5 milliards déjà rabotés sur la période 2024-2026. Les Régions, qui financent une partie de la formation des demandeurs d’emploi et de l’apprentissage, dénoncent une baisse de 56 % des crédits qui leur sont alloués. Le ministère du Travail a confirmé la fin des Pric (pactes régionaux d’investissement dans les compétences) et des enveloppes dédiées à l’apprentissage à partir de 2027 : d’après la réforme du financement de l’apprentissage déjà engagée, ce sont plus de 60 000 places de formation qui pourraient disparaître selon Régions de France.
L’Afpa, symbole d’une crise plus large
Avec 6 000 salariés et 126 centres, l’Afpa reste le premier opérateur public de formation continue en France. Son conseil d’administration et son comité social et économique central doivent examiner un projet de réorganisation prévoyant 841 suppressions de postes et la fermeture de 39 sites. Les organisations syndicales, dont Force Ouvrière, réclament la préservation du service public de l’emploi et alertent sur les conditions de travail des agents. Ce dossier s’inscrit dans la continuité d’un mouvement déjà observé côté fonction publique, où la demande d’apprentissage dépasse largement les financements disponibles.
Une demande de reconversion qui ne faiblit pas
Paradoxe : la pression budgétaire arrive au moment où la reconversion professionnelle n’a jamais été aussi demandée. Près de 60 % des actifs envisagent une reconversion à un moment de leur carrière, et un sur trois y pense concrètement pour l’année en cours – mais seul un sur dix franchit réellement le pas, souvent freiné par le financement. Le Compte personnel de formation (CPF), plafonné à 5 000 euros cumulés, reste le principal levier mobilisable, devant le Projet de transition professionnelle (PTP) et l’aide individuelle à la formation (AIF) de France Travail pour les demandeurs d’emploi.
- Taux de chômage : 8,1 % au premier trimestre 2026, son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021 (Insee).
- 3,323 millions de demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A) au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,8 %.
- 841 suppressions de postes et 39 fermetures de sites envisagées à l’Afpa.
- Plus de 60 000 places de formation régionales menacées à l’horizon 2027.
Ce que ça change concrètement pour les actifs
Pour les salariés en poste comme pour les demandeurs d’emploi, ce resserrement budgétaire se traduira probablement par des délais d’attente plus longs pour accéder à une formation certifiante, une sélection plus stricte des dossiers financés, et une pression accrue sur le CPF individuel à mesure que les dispositifs collectifs (Pric, enveloppes apprentissage) disparaissent. Les secteurs qui peinent déjà à recruter – certains métiers manquent structurellement de candidats – pourraient être les premiers touchés si les passerelles de reconversion vers ces filières se referment faute de financement.
Questions fréquentes
Pourquoi l’Afpa prépare-t-elle un plan de réorganisation ?
L’agence fait face à une baisse continue des financements publics dédiés à la formation professionnelle, dans un contexte général de réduction budgétaire de l’État sur la mission Travail et emploi.
Le CPF va-t-il disparaître en 2027 ?
Non, le Compte personnel de formation individuel n’est pas visé par la fin annoncée des Pric et des enveloppes régionales d’apprentissage, qui concernent des dispositifs collectifs distincts pilotés par les Régions et l’État.
Quelles solutions reste-t-il pour financer une reconversion ?
Le CPF (jusqu’à 5 000 euros cumulés), le Projet de transition professionnelle pour les salariés en CDI, et l’aide individuelle à la formation de France Travail pour les demandeurs d’emploi restent mobilisables, sous réserve de l’évolution de leurs propres enveloppes.
Sources
Force Ouvrière – Afpa : préserver le service public de l’emploi
AEF info – Fin des Pric et des enveloppes apprentissage en 2027
Hellowork – Chiffres de la reconversion professionnelle 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



