Un nouveau décret réformant le diagnostic social et financier (DSF) vient de modifier en profondeur la procédure d’expulsion locative en France. Publié début août 2026, ce texte modifie le décret du 5 janvier 2021 et s’inscrit dans le prolongement de la loi du 27 juillet 2023 contre l’occupation illicite des logements. Objectif affiché : repérer plus tôt les locataires en difficulté pour éviter que les situations d’impayés ne dégénèrent jusqu’à l’expulsion.
Ce que change le décret du 4 août 2026
Le décret n° 2026-739 du 4 août 2026 touche directement le diagnostic social et financier, ce document qui évalue la situation d’un ménage en impayé de loyer avant qu’une décision judiciaire ne soit prise. Parmi les principales nouveautés :
- Un déclenchement plus précoce du diagnostic, dès le stade du commandement de payer, pour les locataires de bailleurs personnes physiques ou de sociétés civiles familiales ;
- Un formulaire CERFA unique (n°16227*01) pour harmoniser la réalisation du diagnostic sur tout le territoire ;
- Une transmission au juge encadrée dans le temps, au plus tard cinq jours ouvrés avant l’audience ;
- Un contenu enrichi, avec des mentions sur la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions (CCAPEX) et sur les pistes de relogement.
Un déclenchement plus précoce du diagnostic
Avant cette réforme, le diagnostic social et financier intervenait souvent tardivement dans la procédure, parfois après le jugement de résiliation du bail, ce qui limitait les marges de manœuvre pour trouver une solution avant l’expulsion effective. En avançant ce diagnostic dès le commandement de payer, le décret permet une intervention sociale plus rapide, avant même que la clause résolutoire du bail ne soit activée.
Concrètement, le ménage concerné peut ainsi bénéficier d’un accompagnement — aide au maintien dans le logement, plan d’apurement de la dette, orientation vers les dispositifs de prévention des expulsions — à un stade où la situation reste encore réversible.
Le rôle renforcé de la CCAPEX et du préfet
Le texte consolide également le rôle de la CCAPEX, qui peut désormais demander de sa propre initiative la réalisation ou l’actualisation d’un diagnostic pour étudier la situation individuelle d’un locataire. Le préfet, de son côté, peut solliciter une mise à jour du diagnostic avant de statuer sur une demande de concours de la force publique, afin de ne pas se prononcer sur la base d’informations obsolètes datant parfois de plusieurs mois.
Cette évolution s’inscrit dans une actualité plus large du droit du logement, un sujet qui touche à la fois le droit immobilier et les questions de gestion budgétaire des ménages confrontés à des difficultés de paiement.
Pourquoi cette réforme change la donne pour les locataires et les bailleurs
Pour les locataires en difficulté, ce texte offre une chance supplémentaire d’être identifiés et accompagnés avant que la procédure ne s’enclenche irrémédiablement. Pour les bailleurs, notamment les particuliers propriétaires d’un seul bien, la réforme vise à sécuriser juridiquement la procédure en s’assurant que le juge et le préfet disposent d’informations à jour, ce qui peut aussi accélérer le traitement des dossiers lorsque la situation du locataire ne s’est pas améliorée.
Cette réforme illustre une tendance de fond du droit du logement en France : replacer le diagnostic social au cœur du dispositif de prévention, plutôt que de le cantonner à une simple formalité administrative en fin de parcours.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le diagnostic social et financier ?
C’est un document qui évalue la situation personnelle, sociale et financière d’un locataire en impayé de loyer, afin d’éclairer le juge et les autorités sur les solutions possibles avant une éventuelle expulsion.
À partir de quand le nouveau diagnostic s’applique-t-il ?
Le décret du 4 août 2026 avance son déclenchement dès le commandement de payer, pour les locataires de bailleurs personnes physiques ou de sociétés civiles familiales, au lieu d’une intervention plus tardive dans la procédure.
Qui peut désormais demander un diagnostic ou son actualisation ?
Outre le juge, la CCAPEX peut de sa propre initiative demander la réalisation ou l’actualisation du diagnostic, et le préfet peut en solliciter une mise à jour avant de statuer sur le concours de la force publique.
Sources
Kohen Avocats — Le diagnostic social et financier dans la procédure d’expulsion locative
ANIL — Prévention des expulsions : résiliation du bail et diagnostic social et financier
News Tank Cities — Procédure d’expulsion pour impayés de loyer : un décret encadrant le diagnostic social et financier
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



