Dans les mairies, départements et régions, la rentrée 2026 se prépare avec un paradoxe : les collectivités veulent recruter des apprentis bien plus nombreux que ce que l’État est prêt à financer. Selon les chiffres relayés par plusieurs acteurs de la fonction publique territoriale, entre 14 000 et 14 500 intentions de recrutement ont été déclarées pour 2026, alors que le CNFPT ne financera que 5 000 contrats d’apprentissage cette année, contre 9 000 en 2024.
Un financement en net repli
Ce chiffre de 5 000 contrats pris en charge marque une baisse sensible par rapport aux années précédentes. En 2025, 21 450 nouveaux contrats d’apprentissage avaient démarré dans l’ensemble de la fonction publique, soit 11,5 % de moins qu’en 2024. La contraction est particulièrement marquée du côté des collectivités locales, où les recrutements d’apprentis ont chuté de 17,1 %. Une circulaire du 15 mars 2023 avait pourtant fixé des objectifs ambitieux aux trois versants de la fonction publique pour la période 2023-2026, avec un engagement de financement annuel de 15 millions d’euros pour le seul secteur territorial.
Des aides ciblées sur les métiers en tension
Face à ces contraintes budgétaires, le CNFPT a resserré ses critères d’éligibilité pour 2026. Seuls les employeurs publics locaux ayant déclaré leur intention de recruter lors de la campagne de recensement, ouverte du 19 janvier au 20 mars 2026, peuvent prétendre à une prise en charge. Celle-ci se concentre désormais sur les diplômes de niveaux 3 à 5 (du CAP au BTS) rattachés aux métiers considérés en tension dans les collectivités.
- Ministères : aide de 3 000 € par apprenti et par an, portée à 5 000 € pour la filière numérique
- Fonction publique hospitalière : aide de l’État de 3 000 € par apprenti et par an
- Fonction publique territoriale : prise en charge CNFPT limitée à 5 000 contrats en 2026, réservée aux métiers en tension
- Apprentis en situation de handicap : aides complémentaires possibles via l’Agefiph, le FIPHFP et les OPCO
Pourquoi cet écart pose problème
Pour les collectivités, l’apprentissage reste un outil précieux : il permet de former des futurs agents aux métiers techniques et administratifs tout en répondant à des besoins de recrutement immédiats. Mais lorsque les intentions dépassent largement les capacités de financement, une partie des employeurs publics risque de renoncer à un contrat faute de prise en charge, ou de reporter la charge sur leur propre budget de fonctionnement, déjà sous tension dans de nombreuses communes. Le cadre fixé par la circulaire de 2023 reste donc en partie théorique si les moyens ne suivent pas au même rythme que les ambitions affichées.
Ce que cela change pour les employeurs publics
Concrètement, une collectivité qui n’a pas participé à la campagne de recensement du CNFPT entre janvier et mars 2026, ou dont le métier visé ne figure pas parmi les filières en tension, devra financer seule les frais de formation de son apprenti. Une contrainte qui pourrait freiner certains projets de recrutement dans les mois qui viennent, notamment dans les petites communes aux marges budgétaires réduites.
Questions fréquentes
Combien de contrats d’apprentissage le CNFPT finance-t-il en 2026 ?
Le CNFPT prend en charge 5 000 contrats d’apprentissage en 2026, contre 9 000 en 2024, un chiffre en net repli malgré une demande des collectivités estimée entre 14 000 et 14 500 intentions de recrutement.
Quelles aides existent pour les apprentis dans les ministères ?
Les ministères perçoivent une aide de 3 000 € par apprenti et par an, portée à 5 000 € lorsque l’apprenti se forme à un métier de la filière numérique.
Quels diplômes sont concernés par le financement CNFPT en 2026 ?
Le financement cible les diplômes de niveaux 3 à 5, du CAP au BTS, à condition qu’ils correspondent à des métiers identifiés comme en tension dans les collectivités territoriales.
Sources
Portail de la Fonction publique — Recrutement d’apprentis, nouveaux objectifs jusqu’en 2026
La Gazette des Communes — Les recrutements d’apprentis dans la FPT ont chuté de 17 %
Adelyce — Apprentissage FPT : le CNFPT maintient son engagement en 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



