Anna Gavalda conseille la lecture de James Salter
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Anna Gavalda conseille la lecture de James Salter

Sortie du dernier Salter : Une vie à brûler

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A l’occasion de la parution d’Une vie à brûler de James Salter chez Points, nous vous proposons la lecture personnelle qu’a faite Anna Gavalda d’Un bonheur parfait, un précédent livre de James Salter chez Points. Véritable déclaration d’amour pour l’écrivain américain, ce court entretien définit clairement les lignes de la littérature de Salter et rend hommage au talent de l’américain.


« Ce qui l’intéresse vraiment, c’est le cœur de la vie : les repas, le linge, les habits. Le reste n’a pas d’importance […] Elle a vingt-huit ans. Ses rêves lui collent à la peau comme une parure ; elle est pleine d’assurance, elle respire la sérénité, elle appartient à la famille des bêtes à long cou, des ruminants, des saints oubliés […] »

J’arrête ou je pourrais recopier ce livre en entier. À chaque fois que je le redécouvre, je suis… je ne sais pas, c’est difficile à expliquer… chavirée peut-être… voilà chavirée. Le cœur en déséquilibre. Tout m’émeut dans ces pages. Les personnages, leurs attitudes, leur grâce, leurs fêlures… J’aime sa légèreté, sa profondeur, sa tristesse, sa sensualité, son élégance… J’ignore (et ce n’est pas faute de chercher !) comment James Salter a réussi ce tour de force, de distiller ses propres souvenirs, ses fantasmes, ses failles, les objets de la vie quotidienne, l’enfance des enfants, les repas, la fatigue, le sexe, l’amitié, le temps qui passe et toutes nos minuscules débâcles en un pur concentré d’élégance… Oui, je l’ignore, mais pour l’auteur besogneux que je suis, c’est un mystère passionnant.

Nedra et Viri sont beaux, amoureux, cultivés, spirituels et leurs enfants, leurs amis, leur maison leur ressemblent… « […] une vaste maison illuminée. Des mouches mortes, grosses comme des haricots, gisent derrière les rideaux de velours, le papier peint se décolle dans les coins, les vitres des fenêtres sont déformantes. Ils vivent dans une volière, un rayon de miel […] » Pourtant, dès la première scène, il y a comme une toute petite craquelure dans le tableau, et nous, qui les adorons déjà, comme on adore des idoles superbes et dédaigneuses, nous assistons, impuissants, à la lente dislocation de tout cela. Ce n’est pas un livre triste, c’est la vie, ma vie, votre vie, dans toute sa cruelle désinvolture avec, ici ou là, de pures trouée de lumière pure.

Light Years, (le titre anglais est tellement moins simpliste que Un bonheur parfait), est bien plus que mon livre de chevet, il est mon Verlaine de poche : un rêve étrange et pénétrant d'une fratrie inconnue, et que j’aime, et qui me comprend…

Anna Gavalda sur Un bonheur parfait


Une vie à brûler, à paraître prochainement :

 

Les avions grondent, les jupes des filles s’envolent et Pearl Harbour se réchauffe aux derniers rayons du couchant. James Salter est pilote de guerre et aime la vie autant que les femmes. Fort de son audace et de son talent, il abandonnera sa base militaire bruyante et agitée pour le silence de l’écriture. La rencontre de Joe Fox, éditeur, signera son entrée remarquée dans le paysage littéraire américain.


James Salter est né en 1925 à New York. Styliste remarquable, souvent comparé à Nabokov, il est également l’auteur d’American Express (prix Faulkner 1989), d’Un bonheur parfait et d’Un sport et un passe-temps, disponibles en Points.


« La vie est un désordre volatil que personne ne décrit mieux que James Salter. »

The New York Times

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Philippe Garnier

 

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