« Ces textes font partie de la mémoire collective, à tel point que leur lecture s’accompagne inévitablement d’une résonance sonore. On lit, et on entend l’orateur haranguer la foule, on marque les intonations, on rêve avec Martin Luther King, on plaide avec Badinter, on rassemble avec De Gaulle, on s’enthousiaste avec Obama… »
Le Point
Il y a des discours qui marquent à jamais l’Histoire. Annonciateurs d’un vent de modernité ou de la fin d’une époque, fondateurs de mouvements de lutte ou de résistance, ils restent aujourd’hui des moments uniques inscrits dans notre mémoire collective. La collection « Les Grands discours », qui les met à l’honneur, revient avec quatre nouveautés le 23 septembre. Au fil des mots choisis par ces hommes et femmes de conviction, au fil des images d’archives précieusement conservées, les lecteurs d’aujourd’hui deviennent les auditeurs d’autrefois, foule portée par ces allocutions historiques décidant de leur avenir.
Les grandes démissions

© White House Photo Office
Trois chefs d’Etats démissionnent avec fracas. Contraints de renoncer à leurs mandats à une période charnière de l’Histoire, Richard Nixon et Mikhaïl Gorbatchev font un bilan de leur présidence écourtée et se tournent vers l’avenir. Charles de Gaulle, lui, laisse libre court à son amertume dans un discours prévu pour le 20 janvier 1946 à l’Assemblée nationale et qui ne sera jamais prononcé. Diffusé finalement sous forme de tract, c’est un document quasi-introuvable aujourd’hui.

© Ollie Atkins, White House Photographe
Nixon démissionne :
Contre la tyrannie
© Nemo, Creative Commons Attribution ShareAlike 3.0 © Comte Stanisław Julian Ostroróg dit WALERY
Aux heures les plus sombres de l’Histoire, des voix s’élèvent contre le fascisme, la dictature et la tyrannie. « No pasarán ! » s’exclame Dolorès Ibárruri le jour où Franco prend le pouvoir en Espagne, dans un discours qui est resté un symbole de la lutte contre l’extrême-droite. Salvador Allende, lui, invite le peuple à se défendre contre le coup d’État de Pinochet, dans une allocution radio qu’il prononce quelques heures avant de se donner la mort. Victor Hugo, enfin, dirige une attaque lyrique et violente contre Napoléon III et sa politique terroriste, alors qu’il vit en exil à Jersey.
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Ecoutez les derniers mots de Salvador Allende :
Femmes en politiques
© Antoine Vestier © Auguste Charpentier

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Ces trois discours retracent l’histoire du féminisme et l’évolution du statut des femmes sur deux siècles. En 1792, Théroigne de Méricourt, grande figure de la Révolution française, appelle les femmes à lutter aux côtés des hommes dans l’un des premiers grands discours féministes de notre histoire. En 1848, George Sand s’interroge sur le droit de vote des femmes, enjeu majeur de son siècle. Pour l’écrivain, ce droit ne sert à rien si la société n’est pas transformée en profondeur. Un siècle et demi plus tard, en 1998, Elisabeth Guigou lui donne raison : constatant que l’égalité promise dans la loi n’est pas acquise dans les faits, elle défend devant l’Assemblée nationale l’idée de la parité.
Le colonialisme
© A1C William Firaneck
En 1885, Jules Ferry défend à la Chambre des députés le « devoir de civiliser » des races « supérieures » : coloniser pour aider les peuples « inférieurs » à s’élever. Le 22 mars 1959, Patrice Lumumba, héros national congolais, appelle au rassemblement des peuples africains dans le combat contre le colonialisme, poursuivant les idées développées un an plus tôt par Sékou Touré, premier Président de la République de Guinée, dans son appel à l’ « épanouissement des valeurs de l’Afrique. » Les voix africaines se lèvent contre le colonialisme européen, annonçant l’indépendance d’un continent en marche vers sa liberté.

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Ecoutez la proclamation d’indépendance du Congo par Patrice Lumumba, le 30 juin 1960 :