En ce début d'octobre, la collection « Signatures » accueille aux côtés d’Eux un autre grand roman de Joyce Carol Oates : La Fille du fossoyeur. Le Cercle Points vous propose de revenir sur six vraies-fausses rumeurs qui courent sur l’écrivain prolifique…
Véritable mythe vivant, Joyce Carol Oates suscite toutes sortes de rumeurs, parmi lesquelles :
* Il ne faut jamais lui raconter sa vie, elle risque d’en faire tout un roman.
Eux s’inspire de l’histoire vraie d’une de ses étudiantes, quand Joyce Carol Oates était jeune professeur à Detroit dans les années 1960…
Extrait de la note de l’auteur parue dans Eux :
« Ce fut au cours de cette période que je rencontrai la Maureen Wendall de ce récit. Ayant été parmi mes élèves d’un cours du soir, elle m’écrivit quelques années après et nous fîmes connaissance. Ses divers problèmes et leur complexité me confondirent, et je pris connaissance de sa vie, de sa vie en tant que possibilité pour un roman, attirée peut-être vers elle par certains points de ressemblance entre elle et moi – comme elle le fait remarquer dans une de ses lettres. »
* Si vous êtes passé par son cours de creative writing, vous prenez le risque de devenir un grand écrivain, comme Jonathan Safran Foer, qui a suivi ses cours de creative writing à Princeton.
C’est elle qui l’a encouragé à écrire, ainsi que d’autres jeunes auteurs talentueux. Elle n’a jamais délaissé l’enseignement pour l’écriture. Elle dirige également une revue littéraire avec son mari, la Ontario Review. D’autres grands écrivains américains enseignent à Princeton les secrets de leur génie, parmi lesquels Toni Morrison et Jeffrey Eugenides.
* Cultivant le mystère, elle multiplie les identités.
Joyce Carol Oates a utilisé plusieurs pseudonymes, parmi lesquels Rosamond Smith, ou Lauren Kelly. Les critiques l’ont démasquée mais elle aurait bien aimé que son identité reste plus longtemps secrète… Elle a choisi d’écrire sous nom d’emprunt pour pouvoir tout recommencer sans être précédée de réputation a priori. Comme Romain Gary et d’autres auteurs stimulés par une autre identité, Joyce Carol Oates s’est souvent prêtée au jeu d’écrire dans l’anonymat. Le premier Rosamond Smith a été publié par l'éditeur new-yorkais Simon and Schuster, sans qu’il sache qui était le véritable auteur de ce texte… Elle voudrait maintenant écrire sous un pseudonyme masculin pour essayer d’écrire comme un homme.
* Femme et/ou féministe ?
Sans être militante, Joyce Carol Oates est un écrivain féministe, cultivant une vision progressiste, et démocratique de la société. Il est logique qu'à travail égal la rémunération soit égale entre les hommes et les femmes tout comme il est logique que les femmes aient le droit d'étudier…
* Quand elle dit manuscrit, c’est manuscrit !
Elle fait partie de l’ancienne école qui ne connaît pas le traitement de texte. Pas d’écran mais du papier et un stylo. Fascinant, surtout quand on sait qu’elle écrit près de deux romans par an, dont certains comptent jusqu’à mille pages (comme Blonde).
* Aucune récompense littéraire ne lui échappe.
Elle a en effet reçu 11 récompenses, dont le National Book Award pour Eux, et le Prix Femina étranger pour Les Chutes. Elle est citée sur la liste du prix Nobel depuis plusieurs années, tant et si bien qu’à l’instar de Borges et d’Aragon, tout le monde est persuadé qu’elle a déjà été couronnée par la Svenska Adademia… ce qui ne saurait tarder !