« Les Européens provoque chez le lecteur un envoûtement léger, presque anodin : c’est une excellente porte d’entrée, claire et discrète, dans l’œuvre de James. »
Patrick Besson est écrivain et journaliste. Il est l’auteur de nombreux romans, notamment Dara (Grand Prix du roman de l’Académie française 1985), Les Braban (prix Renaudot 1995), Saint-Sépulcre ! et Belle-sœur. A la rentrée, Mais le fleuve tuera l’homme blanc et Lettre à un ami perdu paraîtront chez Points. Patrick Besson présente pour Le Cercle un grand classique d’Henry James : Les Européens.
« Les Européens est un roman de jeunesse. James a trente-cinq ans mais il ne s’est pas mis tout de suite à la fiction. Il commence par la critique littéraire et le reportage littéraire aussi. Ce disciple de Flaubert, avec qui il a dîné car il dînait avec tout le beau monde un peu partout en Europe, a d’abord entrepris d’observer. Il y a toujours un voyeur dans ses romans : l’auteur. Suivi du lecteur. Caché dans un coin clair et aéré du texte, car il aime ses aises et prend soin de ceux de ses personnages, James se permet des remarques anodines, des notations feutrées, comme un majordome servant depuis longtemps dans l’hôtel particulier de la littérature. Son ton est constamment ironique. Peut-être ce qui a empêché ses livres de marcher aussi bien à leur époque que ceux de la vulgaire et finaude Edith Wharton. Le lecteur complexé de James pense que l’auteur se moque de lui alors que son lecteur moqueur rigole. Tous les personnages sont risibles mais aucun n’est ridicule, sans doute parce qu’ils sont merveilleusement bien élevés. James les aime sans amour : c’est un sentiment qu’il a inventé. Il a pour eux une attention tiède de chirurgien à cœur ouvert. Il nous les montre avec une absence d’ostentation qui est la marque des meilleurs artistes, dans la lumière plate de leur égoïsme, de leur lâcheté, de leur fourberie. »
Patrick Besson, extrait de la Préface des Européens, paru dans la collection « Signatures ».
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Né à New-York en 1843 et mort à Londres en 1916, Henry James est considéré comme l’un des plus grands romanciers de la fin du XIXème siècle. Son analyse de la psychologie humaine a fait de lui le maître de nombreux écrivains, dont Edith Wharton. Auteur d’une œuvre considérable, on lui doit, entre autres, Daisy Miller, Les Papiers de Jeffrey Aspern et Portrait de femme, adapté au cinéma par Jane Campion.
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