Le 1er mai 2010, l’Argentine a fêté le bicentenaire de la révolution qui destitua le Vice-Roi d’Espagne. Le pays y gagna son indépendance. A l’occasion de cet anniversaire, Points célèbre la littérature de ce grand pays d’Amérique Latine et notamment l’œuvre de l’un de ses éminents représentants: Ernesto Sabato.
Au milieu des années soixante éclate en Europe « le boum latino-américain ». On découvre La Mort d’Artemio Cruz du mexicain Carlos Fuentes (1962), Marelle de l’argentin Julio Cortázar (1963), La Ville et les chiens du péruvien Mario Vargas Llosa (1964), Cent Ans de solitude du colombien Gabriel García Márquez (1967)… Ces romans développent un nouveau style de narration et intègrent le fantastique à la réalité sociale d’Amérique latine. Le nouvel intérêt européen pour la littérature hispano-américaine rend également célèbres des auteurs à l’œuvre plus ancienne : les argentins Jorge Luis Borges et Ernesto Sabato, les mexicains Octavio Paz et Juan Rulfo, le cubain Alejo Carpentier, le paraguayen Augusto Roa Bastos… Consacré par la parution de Tunnel en 1948, Sabato est, pour sa part, déjà bien connu en France. Dans les années 30, il séjourne deux années à Paris, où il fréquente les surréalistes, puis se rapproche de l’existentialisme. C’est d’ailleurs Albert Camus qui le fera traduire en France.
« Nous n’avons pas affaire à des idées, mais à des passions, des envoûtements, des perversions, des initiations, des rituels : au monde d’un poète. C’est à travers ses obsessions les plus personnelles que l’auteur se fraie un chemin vers la totalité argentine, sud-américaine. Et il ne s’arrête pas là, il atteint l’universel. »
(Witold Gombrowicz, extrait de l’introduction de Héros et Tombes)
|
Sabato en 8 dates • 1911 : naissance à Rojas (aux environs de Buenos Aires)
|