L’écrivain et journaliste portugais José Saramago, prix Nobel de littérature 1998, est mort à 87 ans le vendredi 18 juin à son domicile de Lanzarote, aux Canaries.
Né en 1922, à Azinhaga, dans une famille modeste, José Saramago se voit forcé d’interrompre ses études à l’adolescence et suit une formation de serrurier. Passionné de littérature et de langue française, il écrit son premier roman, Terre du péché, en 1947, puis Les poèmes possibles en 1966. Après un passage dans l’administration publique, il travaille dans diverses maisons d’édition, puis devient journaliste. Rédacteur en chef adjoint de Diario de Noticias, il est licencié en 1975 après la défaite des communistes, moment qui lui permettra de se tourner défininitivement vers sa première passion : l’écriture.
C’est durant cette période qu’il s’impose progressivement dans le monde des lettres portugaises avec une œuvre foisonnante, dont Le Dieu manchot en 1982, premier roman traduit en France et prix Pen club au Portugal, L’Année de la mort et Le Radeau de pierre. Écrivain engagé, communiste et athée, José Saramago développe un style original, composé de phrases-fleuve rythmées par un usage singulier de la ponctuation et une admirable richesse sonore. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, dont des pièces de théâtre et des romans polyphoniques qui revisitent l’histoire portugaise avec une ironie toute voltairienne, il accède à la reconnaissance de ses pairs avec le prix Camoes 1995, le prix littéraire le plus prestigieux de son pays. En 1998, il est le premier écrivain lusophone récompensé par le prix Nobel de littérature.
Il s’exile à Lanzarote en 1993, après le scandale provoqué par son livre L’Évangile selon Jésus-Christ. Son dernier roman, Caim (Caïn) est paru l’an dernier au Portugal. Points publie le 26 août 2010 une de ses comédies humaines éblouissantes, Le Voyage de l’éléphant, un roman historique fabuleux et réjouissant paru au Seuil en 2009.
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