Six degrés de liberté de Nicolas Dickner

7,5€ // 312 pages
Paru le 11/01/2018
EAN : 9782757870693

Six degrés de liberté

Nicolas Dickner

Littérature

Partagez :

Entre une mère dépressive, un père qui veut retourner en 1978 et un meilleur ami agoraphobe, Lisa s’ennuie. Elle rêve d’aventures et de liberté. Grâce à son don pour le bricolage et les talents de pirate informatique de son meilleur ami, elle monte un projet fou pour quitter Montréal sans laisser de traces… Ou presque, puisque Jay, une policière en liberté conditionnelle, se lance à sa poursuite…

Nicolas Dickner est né au Québec en 1972 et vit aujourd’hui à Montréal. Il signe avec Six degrés de liberté son troisième roman. Ses livres sont traduits dans une dizaine de langues.

« Une belle méditation sur les moyens qui s’offrent à chacun pour conquérir un degré de liberté supplémentaire. »

Le Monde des Livres

Prix littéraire du Gouverneur général

 

Commentaires

9 avril 2018
Hélène

Lisa, est une jeune fille de 15 ans qui s'ennuie passablement dans sa banlieue et aide son père à vider des maisons, espérant peut-être trouver un trésor. Un jour, dans l'une de ces maisons, Lisa découvre une chambre secrète dans laquelle quelqu'un semble avoir vécu, à l'abri du monde. Cette idée s'inscrit en elle et s'épanouit petit à petit... Son meilleur ami se nomme Eric, agoraphobe il ne sort guère de sa chambre, mais ses inventions scientifiques et ses talents en informatique occupent largement ses journées.

Dans une autre ville, Jay policière en liberté conditionnelle s'intéresse tout à coup à un container fantôme nommé "Papa Zoulou".

Les destins de ces personnages vont se croiser au seuil de la liberté...

Ce que j'ai moins aimé :

- Ce roman est poussif, long à se mettre en place.

- La quatrième de couverture en dit trop, si bien que l'évènement mentionné est attendu tout au long de la lecture, mais il n'intervient que très tardivement...

Bilan : une déception !

12 mars 2018
Elisabeth

Je suis désolée... Désolée d'être passée à côté. Que son histoire ne m'ait pas emportée. Que les personnages ne m'aient pas touchée. Je suis vraiment passée à côté... mais je suis persuadée que de nombreux lecteurs sauront l'apprécier. Rien n'est à remettre en cause, ni le fond, ni la forme, ni le style, ni l'écriture. Il s'agit juste d'une simple histoire de goût, qui ne fut pas le mien...

11 mars 2018
Hélène TREGARO (jurée du prix)

Avec "Six degrés de liberté", Nicolas DICKNER signe un roman plutôt original. Je reconnais que l'écriture est agréable et le travail de documentation bien réel.

Mais il y a pour moi un problème de dosage : la technique est trop développée, au détriment de la psychologie des personnages. Le lecteur se trouve obligé de deviner ce qu'il se passe dans leur tête. Leur quête de liberté est pour moi traitée de manière trop superficielle.

L'action est trop longue à se mettre en place et au final, l'auteur semble se perdre dans le message qu'il veut faire passer. C'est dommage.

5 mars 2018
Florence B.

Que ce soit à l’école ou lorsqu’elle aide son père à vider des maisons qu’il achète pour les rénover et les revendre, Lisa s’ennuie. D’autant que le week-end, quand elle se rend chez sa mère dépressive, celle-ci n’a qu’une idée en tête, l’emmener chez Ikea pour sa sacro-sainte promenade hebdomadaire dans le temple de la consommation. Alors, lorsque son seul ami, Eric, un jeune hacker surdoué et agoraphobe quitte le Québec pour suivre sa famille au Danemark, c’est est trop pour Lisa qui n’a plus qu’une idée en tête, partir le rejoindre sans laisser de traces. Un défi que les deux jeunes vont relever en utilisant leurs capacités : l’un est un as de l’informatique, l’autre du bricolage et de la « débrouille ».

Pendant ce temps, Jay, policière en liberté conditionnelle -on ne sait pas ce dont elle s’est rendue coupable-, lassée de son travail d’analyste de données aux fraudes économiques, se lance sur les traces d’un conteneur fantôme sur lequel ses collègues enquêtent : « Papa Zoulou », c’est le nom dudit conteneur (!), a disparu après que les bases de données ont été mystérieusement manipulées…

On comprend vite que Lisa et Eric ont quelque chose à voir avec ce conteneur, même si la narration entrecroisée évoque deux périodes qui ne se déroulent pas en même temps au début du roman. L’idée intéressante et originale de Nicolas Dickner nous fait découvrir un monde dont on a du mal à se représenter l’importance : celui du trafic maritime des conteneurs, né de la mondialisation. Avec en arrière-plan, une réflexion sur les excès de notre époque et les privations de liberté qu’ils induisent.

Pour autant, je n’ai pas adhéré totalement au traitement de l’intrigue. Beaucoup de détails techniques m’ont ennuyée, trop de descriptions également, ainsi dès les premières pages lorsque Lisa aide son père à nettoyer la maison qu’il va rénover. Le roman est très documenté, trop sans doute à mon goût, dans un domaine qui m’intéresse très peu. Les temps utilisés m’ont également gênée : au début tout particulièrement, l’auteur passe du présent au passé simple ou à l’imparfait d’une manière déroutante, ce qui a rendu ma lecture moins fluide. Il en va de même pour les nombreux acronymes qui obligent à se référer à une liste en fin de volume. La seconde partie en revanche entre dans le vif du sujet et m’a davantage emportée, mais nous en étions déjà à plus de la moitié du roman.

25 février 2018
Christine Gazo

Se passionner pour les pérégrinations d'un container à travers les mers et océans du globe, seule la littérature permet ce genre d'incongruité ! J'ai découvert ce roman dans le cadre du Prix du meilleur Roman 2018 et il m'a embarquée dans des eaux inconnues !
Je me suis d'emblée attachée aux deux personnages principaux, deux personnages féminins. Elles ont des profils bien différents, mais se ressemblent par leur recherche de liberté, leur créativité et leur pugnacité !
La première, adolescente à la vie trop étriquée, se retrouve bien seule quand son meilleur ami (agoraphobe et crack en informatique) déménage sur un autre continent.
La seconde purge une peine hors les murs de la prison, en travaillant incognito pour la Gendarmerie Royale du Canada. Elle y fait de la triangulation.
Ce terme, comme de nombreux autres, n'évoque pas grand chose pour moi. Le roman est ainsi émaillé de propos informatiques, commerciaux, légaux, mondialistes...qui m'ont échappés, mais ne m'ont pas empêchée de suivre avec intérêt les aventures et choix des protagonistes, et le "voyage" de Papa Zoulou, ce container dont la trace disparaît.
L'ensemble finit sur une note positive, ce qui n'était pas pour me déplaire !

18 février 2018
Virginie D. Vertigo

Un container ZPIU 127 002 7 dit « Papa Zoulou ». Un couple d’amis geek et aspirant à la liberté. Une jeune femme chargée des fraudes à la Gendarmerie Royale du Canada. Ce sont avec ces éléments que Nicolas Dickner nous plonge dans une enquête folle et bien menée où l’on prend conscience des possibilités mais aussi des limites de notre quotidien mondialisé et informatisé à outrance.
Bien construit, bien documenté, ce roman avait tout pour me plaire. Et pourtant, malgré ses qualités indéniables, je n’ai pas été transportée (avec ou sans container). J’ai fini par me lasser de ce jeu du chat et de la souris version geek. C’est dommage. Peut-être que l’approche faite par l’auteur de ces belles thématiques ne me touche pas.

15 février 2018
Julie Massal

Un roman étonnant et prenant, qui décrit en demi teinte les versants obscurs de ce que l'on appelle la "mondialisation", par le biais de l'insolite itinéraire d'un conteneur réfrigéré se déplaçant mystérieusement de port en port. Ce conteneur est donc l'objet fétiche, symbole d'un monde complexe dans lequel deux adolescents, Lisa et Eric, tentent de trouver leur place. Chacun à sa façon, ils trouvent une manière inattendue de laisser leur trace en ce bas-monde.
La trame narrative est bien construite, s'articulant alternativement autour de ces deux personnages qu'on découvre peu à peu à travers leurs univers familiaux et leurs inventions inattendues, et autour de Jay, une enquêtrice au passé pour le moins étrange, tenue de finir sa période de probation, qui m'a souvent rappelé un personnage de BD, Yoko Tsuno.
Les destins disparates de ces personnages nous emmènent par dela les frontières, au dela d'une petite ville canadienne de la banlieue de Montréal.
L'auteur canadien a bel et bien voyagé et l'on sent dans ce portrait parfois grinçant de notre supposée modernité et de la société de consommation, bien des élans et des rêves enfouis : Lisa en est d'ailleurs la parfaite illustration, et c'est le personnage à mon sens le plus intrigant, le plus difficile à appréhender. Ce qui est sans doute volontaire, puisque l'auteur, N. Dickner, décrit un monde à maints égards, lui aussi, insaisissable.
J'ai apprécié aussi dans ce roman les personnages féminins (Lisa, Jay) loin des normes souvent stéréotypées de la femme du monde actuel. Et j'ai apprécié des clins d'œil à certains univers du polar et de romans d'espionnage. Sans s'inscrire dans un style spécifique trop marqué, le roman mêle un peu tous ces univers, tout en créant une atmosphère dans laquelle je me suis glissée avec plaisir, n'ayant presque pas envie de terminer le livre pour faire durer le plaisir...

10 février 2018
Lilylit

J’ai très vite été embarquée dans l’histoire, et je me suis attachée aux différents personnages. Pourtant ce n’était pas gagné avec cette architecture particulière qui alterne deux histoires, chapitre après chapitre, sans que l’on sache si et comment elles se croiseront. D’une part, j’ai bien aimé suivre la jeune Lisa, une ado futée, proche de son père avec lequel elle retape des maisons en ruine et découvre tout un tas d’outils et de techniques de bricolage. J’ai apprécié aussi l’amitié de Lisa et Éric qui prouvent que deux personnes aux caractères très différents peuvent construire une amitié durable et sincère. Et leurs inventions, telles que le ballon stratosphérique, sont vraiment géniales et amusantes ! J’ai aussi apprécié de découvrir peu à peu le parcours de la mystérieuse Jay, cette femme d’âge moyen coincée dans une vie et un job qu’elle n’a pas choisi.

Le style est vraiment facile à suivre même lorsque les sujets abordés sont tristes (le déclin du père de Lisa et la fragilité psychologique de sa mère), ou complexes (les travaux de développeur d’Éric). Le suspens va crescendo jusqu’à ne plus pouvoir lâcher le livre durant le dernier tiers. À plusieurs reprises, je me suis surprise à vouloir absolument savoir le fin mot de l’histoire. Alors que, sur le papier, suivre le trajet d’un conteneur réfrigéré n’est pas la trame narrative la plus palpitante, même lorsque la grosse boîte porte un nom exotique (Papa Zoulou).

Il y a quelque chose de rafraîchissant et dépaysant dans ce livre sur les mille et une façons de prendre les rênes de sa vie même lorsque les voies semblent sans issue. Je pense que ce côté plaisant et décalé vient aussi pour ma part du fait que je connaissais très mal la littérature canadienne.

7 février 2018
Betty Gomez

Six degrés de liberté de Nicolas Dickner est une variation moderne, dans un univers à la Kaurismäki, d’Hans et Gretel, le conte des Frères Grimm. Une fillette aux allures de Fifi Brindacier et un garçon surdoué en informatique, tel le Jimbo Farrar de la Nuit des Enfants Rois, grandissent dans deux maisons voisines d’un village oublié du Canada, entre la rue de l’Allégresse et la rue Bonheur, c’est tout dire... Six degrés de liberté, c’est aussi un humour et une écriture à la Pennac, des inventaires à la Prévert.
Lisa, gamine énergique et curieuse, déblaie le grenier de la vieille propriété achetée par son fantasque et agent immobilier de père, répare le moteur de l’inamovible voiture du vieux voisin, monte le énième meuble de sa compulsive acheteuse IKEA de mère, puis va retrouver son double inversé, Eric, gamin agoraphobe et petit génie en informatique qui vit enfermé dans sa chambre en compagnie de perruches en liberté. Quand Lisa arrive, Erik l’invite sur son lit… pour un voyage informatique. Car si l’angoisse tient Eric prisonnier dans sa chambre, aucun verrou informatique ne résiste au jeune hacker. Lisa, qui a soif de liberté pour deux, allume un feu d’artifice, dessine, coud, fabrique de toutes pièces une montgolfière dotée d’appareils photographiques et de capteurs électroniques, pour sortir son ami de sa chambre. Deux enfants, deux rêveurs, que la vie et les adultes vont séparer par des milliers de kilomètres. Lisa restera à Montréal pour s’occuper de son père malade, héritera à sa mort de ses outils de menuisier dont elle aura appris à se servir. Erik partira vivre au Danemark dans un loft luxueux dont il ne sortira pas davantage que de son ancienne chambre, se fera un nom dans le milieu informatique, deviendra très riche, et continuera à discuter tous les jours, via skype, avec Lisa, contrainte de travailler dans une quincaillerie.
C’est l’histoire de deux gamins solitaires et rêveurs, qui devenus adultes n’ont pas oublié que les choses sérieuses, l’argent, le pouvoir, ne sont qu’enfantillages. Alors quand Lisa propose à Eric de jouer, de se jouer des grands, des codes, des frontières, l’affaire est entendue. Les deux amis vont allier tout leur savoir et savoir-faire pour construire une cabane secrète à l’abri de laquelle Lisa partira faire le tour du monde. Mais dans les contes modernes, ce n’est plus à dos de cygnes blancs que l’on voyage mais dans le ventre d’un conteneur, aménagé en cabine de luxe et doté d’un système de navigation semi-automatique ultra- sophistiqué.
Dans un monde où l’on dresse des barbelés pour arrêter les migrants, où l’on pollue les mers pour consommer des colifichets, où règne le dictat de la rentabilité, deux grands enfants jouent librement. La gendarmerie du Canada, la CIA, et toutes les grandes oreilles sont à l’affût et tentent de capturer Papa Zoulou, l’énigmatique conteneur blanc certainement chargé de marchandises de contrebande : drogue, alcool, ou déchets toxiques. Seule une crack en informatique, Jay, personnage libre bien qu’assignée à résidence pour raisons politiques, va réussir, au terme d’une enquête menée clandestinement, à percer le secret de Lisa et Erik, à comprendre ces utopistes… et à les aider…
C’est dans un autre parallélépipède rectangle que Dickner nous invite à voyager. Le nez dans son livre dont les pages forment les murs d’une autre cabane, retirés du monde, l’on va rire et sourire, craindre et aimer, et recommencer avec Erik, Lise, Jay et… Nicolas, le geste poétique, celui de l’enfance, qui fait advenir un nouveau monde, le seul qui soit réel…

6 février 2018
Sophie Gauthier

A 15 ans, Lisa a des rêves que le manque d'argent l'empêche de réaliser. Coincée dans une petite ville canadienne sur la frontière avec les États-Unis, coincée dans l'obsession immobilière de son père, coincée dans l'instabilité psychologique de sa mère, coincée dans son âge alors que sa maturité la tire vers d'ambitieux projets, Lisa ne trouve sa place qu'auprès d'Eric, informaticien de génie, que son agoraphobie enferme continuellement dans sa chambre. A mesure que les années passent l'ennui se fait toujours plus dévorant. Surtout lorsqu'Eric prend son envol en déménageant vers le Danemark et en devenant millionnaire. Les deux amis élaborent un stratagème magistral pour permettre à Lisa de quitter son pays sans laisser aucune trace. Mais même les plans les plus astucieux recèlent une faille et c'est un infime détail qui met Jay, une policière atypique, sur la piste des comploteurs.
Quel délice, ce roman ! Le schéma narratif s'amuse à brouiller les repères temporels et spatiaux et se place ainsi en reflet du projet de Lisa et Eric. Mais ce n'est pas tout ! Les personnages sont attachants et gardent une part secrète sur laquelle le lecteur peut projeter ses propres images. Le ton oscille sans cesse entre comique et drame, entre précisions techniques et poésie, entre l'intime et le social, et l'intrigue est menée à train d'enfer sur plusieurs années si bien que j'ai tourné les pages jusqu' à la fin sans reprendre mon souffle. Et - cerise sur ce délicieux gâteau - l'histoire entre en résonnance avec le tragique de l'actualité et stimule une réflexion passionnante sur la notion de géographie, sur l'idée de frontières et d'espaces clos, ouverts, infinis, interdits... et sur les différents degrés de liberté qu'ils permettent de conquérir.
"Six degrés de liberté" et au moins autant de strates de lecture qui m'ont fait jubiler !

5 février 2018
Sonia B.

Livre lu dans le cadre du Prix du Meilleur Roman Points 2018.
Je me suis plongée dans ce roman avec beaucoup d'entrain, ma curiosité ayant été aiguisée par le titre et les quelques critiques enjouées lues au préalable. Mon engouement a été de courte durée! Je n'ai malheureusement pas adhéré à l'histoire que j'ai trouvé trop décousue et les personnages pas très attachants. Le langage informatique assez technique a aussi eu raison de mon intérêt pour ce livre. Peut-être en attendais-je autre chose ce qui explique ma déception!

3 février 2018
Amélie N.

Ce livre s'ouvre sur les personnalités singulières d'Éric et Lisa. Leur lien indéfectible, leur imagination, leurs projets hors du commun. J'ai eu d'emblée envie de les suivre, de les prendre en affection et les chapitres concernant Jay me semblaient plus froids et moins addictifs. J'ai préféré la considérer comme énigmatique en espérant que son histoire allait me surprendre ou m'émouvoir. Pourtant, trop rapidement, la balance s'est équilibrée...dans le sens inverse. Le déménagement d'Éric a, pour moi, été un révélateur de mon sentiment global sur cette lecture. Une distance est bel et bien présente entre les personnages et le lecteurs. On n'accède pas (ou peu) à l'intimité de leur pensées, de leurs sentiments, de leurs failles d'être humains, bref on les suit mais on ne les "vit" pas. Or pour moi c'est bel et bien là que réside la vraie force de la littérature. Malgré l'intelligence des thématiques abordées, j'aurais aimé ressentir davantage le contraste entre les personnes réelles, vivantes et leur enveloppe, les données traçables. Je reste donc sur ma faim, avec l'amère sensation d'avoir assisté de loin à l'histoire de personnes que j'aurais voulu mieux connaître, comme si, en somme, lire toutes ces pages, certes très bien écrites, certes pertinentes ne m'avaient menée, moi aussi, qu'à suivre le parcours d'un container bien aménagé dans lequel subsisterait des traces d'un ADN inconnu.

2 février 2018
Missbook

Deux femmes. Deux vies. Deux destins incertains. Et pourtant un point commun, et non des moindres : un conteneur.
L'histoire prend sa source au Québeq, dont l'auteur Nicolas Dickner est originaire.
Lisa est une jeune femme avide de liberté et d'aventures avec un grand A. Mais la vie semble en avoir décidé autrement. Tiraillée entre des parents divorcés et névrosés, et un meilleur ami agoraphobe.
"Certaines personnes ont des plans de vol. Lisa doit se contenter de cercles vicieux."
Jay, la quarantaine, est une policière en liberté conditionnelle, suite à une condamnation.
"Elle se demande parfois si son emploi n'est pas une manière sophistiquée de la convaincre qu'elle ne vaut pas mieux. Nouvelle saveur de la réhabilitation : l'amoindrissement."
Le compte à rebours qui la rapproche chaque jour un peu plus de sa liberté est enclenché.
Afin de combler l'ennui qui lui pèse alors qu'elle s'envase dans les bureaux de la GRC, elle va se lancer corps et âme dans une enquête incroyable : retrouver la trace d'un conteneur disparu.
Mais en quoi ce conteneur va être le point de rencontre du destin de ces deux femmes ?
"Chaque fois que tu me parles des conteneurs... j'ai l'impression que tu décris une grande réalisation de l'espèce humaine. Comme les routes de l'Empire romain, mais en plus gros. Un peu comme si notre civilisation avait créé un continent artificiel mais invisible, caché dans les murs."
Malgré un démarrage un peu lent, on se retrouve embarqué dans ces vies parallèles, chacune motivée par un pressent désir de liberté. Entre thriller et science-fiction - voire dystopie - on explore à travers l'univers du transport maritime, la complexité des nouveaux outils technologiques.
Nicolas Dickner ponctue son roman de passages franchement hilarants, notamment celui sur les magasins IKEA.
C'est donc un roman pittoresque, qui frôle la science-fiction - quoique - profondément contemporain et qui questionne sur les notions de liberté et d'identité.

2 février 2018
Marion

J'attendais beaucoup de cette histoire (quelle belle idée que celle de liberté!) mais, même en m'accrochant tant que possible aux personnages et à leurs vies, j'ai eu du mal à comprendre où tout cela menait. Je ne trouvais pas vraiment de logique et l'auteur n'approfondit pas suffisamment le caractère des personnages et leur point de vue à mon goût. J'aime bien apprendre à connaître ceux et celles qui vivent l'histoire mais ici, je n'arrivais qu'à en cerner les contours, pas toujours l'essence. Je crois que j'étais plus curieuse que ce que l'auteur espérait. Mais après réflexion, je crois que tout cela -- l'absence de logique et le flou des personnages -- rend leur aventure encore plus intriguant parce qu'il n'a connu aucune barrière. Ça ne vous dit pas vraiment s'il faut lire ce livre ou non, mais ça vous laisse le choix, et c'est votre plus grande liberté !

31 janvier 2018
Mumu dans le Bocage

C'est un récit qui ne correspond à rien de ce que l'on peut connaître quoique..... des hackers, geeks, une enquêtrice au passé trouble, une adolescente bricoleuse et douée en informatique qui tente de trouver sa place entre un père qui restaure des maisons avant de les vendre, une mère qui passe ses dimanches chez Ikea, son meilleur ami Eric, agoraphobe, génie informatique, programmateur et hacker, tout cela on l'a plus ou moins déjà lu mais pas de cette façon, même si par moment j'avais l'impression de retrouver des traces de Millénium.....

Le récit alterne les chapitres entre Lisa, 15 ans, qui passe son temps entre des parents divorcés qui ne se préoccupent pas vraiment d'elle et c'est même plutôt elle qui s'occupe ou aide ses parents, et Jay, enquêtrice dans l'Enclave, Service de la GRC (Gendarmerie Royale du Canada) spécialisé dans les enquêtes sur des fraudes et qui va s'intéresser à la disparition d'un conteneur..... Pas commun me direz-vous ! Non pas commun et ce roman n'est pas commun du tout et il est en plus pas facile de le synthétiser et même de tout comprendre alors en faire une critique....

Les narrations des deux personnages principaux se déroulent à deux rythmes différents : celui de Lisa sur plusieurs mois tandis que celui de Jay sur quelques jours mais cela ne gênent pas la lecture et sont nécessaires pour le bon déroulé et la bonne compréhension de l'intrigue. Le passé de Jay n'est pas très explicite même si on se doute qu'elle est sous le coup d'une interdiction de circuler suite à des malversations.

C'est un reflet de notre Société et de ses travers : tous repérés, tous pistés, nos névroses dans un monde hyper connecté et comment redonner un sens à nos vies dans un système qui a le pouvoir soi-disant d'hyper sécurisé le monde..... mais les deux amis vont montrer les limites du système et même éloignés l'un de l'autre (l'une au Canada, l'autre au Danemark)  ils feront voyager Papa Zoulou, un conteneur autour de la terre et je vous laisse découvrir les "détails" de ce conteneur.....

Les reproches que je ferai seront d'ordre rédactionnels : en effet les termes informatiques, GPS etc les nombreux acronymes  qui obligent à régulièrement se plonger dans l'annexe en fin de livre, les phrases en anglais (tout le monde ne maîtrise pas l'anglais et des traductions en bas de page auraient facilité la compréhension), compliquent la lecture  qui, déjà par elle-même n'est pas simple et un peu déroutante, mais retire un peu du rythme. C'est une écriture assez directe, efficace comme peut l'être un programme informatique.

Je me suis intéressée à la mise en place du projet, ce qu'il était mais sans plus. On n’a pas toutes les clés, les tenants, les aboutissants et il n'y a pas cette petite musique intérieure que j'attends quand je lis un livre, quel que soit le sujet, qui me pousse à tourner les pages par plaisir, curiosité ou intérêt.

C'est un roman générationnel, je pense, pour une tranche de population jeune, qui maîtrise l'informatique, internet et ses implications dans nos vies de tous les jours mais j'ai malgré tout pris du plaisir à le lire, même si la fin m'a déçue et je m'attendais à quelque chose de plus "flamboyant".....

22 janvier 2018
Séverine RANC

Lecture dans le cadre du Prix du meilleur roman Points 2018.

Un livre inclassable et assez déstabilisant.
J’ai terminé ma lecture il y a quelques jours et même avec un peu de recul, je suis bien incapable de vous dire si nous sommes face à un roman pour ado, un policier, un roman engagé, un conte moderne. Sans doute un peu de tout ça à la fois.
Sur fond de piratage informatique, de consommation de masse, de géographie planétaire, de transport maritime moderne, de logistique internationale, Nicolas Dickner a inventé une intrigue originale, une enquête singulière sur la disparition mystérieuse d'un conteneur.
Très objectivement ce texte est excessivement malin, très bien écrit, non dénué d’humour et il faut reconnaitre le talent de l’auteur pour sortir le lecteur de sa zone de confort mais malheureusement je n’y ai pas pris de plaisir.
Perdue entre la chronologie des évènements et le vocabulaire informatique, j’ai dû m’accrocher pour suivre ce qui a vraiment rendu la lecture laborieuse.
Par contre, c’est indéniablement un potentiel scénario de film !

21 janvier 2018
Adèle R

Six degrés de liberté relate, en trois parties de longueurs inégales, comment Lisa est amenée à s'embarquer dans un projet un peu fou, secondée par son meilleur ami développeur, agoraphobe et expatrié au Danemark. Jay, petit génie de la triangulation en conditionnelle à la GRC, se passionne pour le mystère d'un container qui n'a de cesse de disparaître et réapparaître. De façon surprenante, les deux histoires sont liées.
Le récit m'a carrément passionnée, malgré une narration assez froide. Les personnages, leurs interrogations, les déboires qu'ils rencontrent sont cruellement réalistes, et ainsi beaucoup de questions sont laissées en suspens. J'étais loin de m'attendre à un récit de ce type.

 

À la une sur le cercle Points

Prix du Meilleur Roman

Sélection 2018

Sélection du Prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points

Donnez votre avis!


Vous avez des avis, remarques, ou des envies pour améliorer notre nouveau site Lecerclepoints.com ?

 

Contactez-nous