La Singulière tristesse du gâteau au citron de Aimee Bender

7,3€ // 336 pages
Paru le 06/02/2014
EAN : 9782757838624

La Singulière tristesse du gâteau au citron

Aimee Bender

Littérature

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Le jour de ses 9 ans, Rose mord avec délice dans son gâteau d’anniversaire. S’ensuit une incroyable révélation : elle ressent précisément le mal-être éprouvé par sa mère en le préparant. Car, dans sa famille, chacun dispose d’un pouvoir unique, qu’il doit taire ; pour ces super-héros du quotidien, ce don est un fardeau. Comment supporter le monde quand la moindre bouchée provoque un séisme intérieur ?


Née en 1969, Aimee Bender est une nouvelliste et romancière américaine. Elle vit à Los Angeles, où elle est professeur de « creative writing ». Elle est également l’auteur de L’Ombre de moi-même, disponible en Points.



« Cette fable sur le passage à l'âge adulte distille un arôme délicieux et très personnel, mélange subtil de comédie dépressive, de chronique du quotidien, d'onirisme tout droit sorti d'un comic. »

L’Express


« Discrètement fantastique, une fable qui a su capturer les démons de l’enfance. »

Les Inrockuptibles


Traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline Leroy

Tous les titres du même auteur
 

Commentaires

22 juillet 2014
Emmanuelle

Je viens de terminer ce roman en format de poche et j'ai moyennement apprécié...L'idée est bonne mais bon cela donne 3/5
http://avisdelecture.com/la-singuliere-tristesse-du-gateau-au-citron-daimee-bender/

10 juin 2014
Boussais

Une agréable surprise, décontenancée au départ, dans l'attente de savoir si l'auteur allait réussir à me tenir jusqu'au bout et finalement c'est réussi. Joli jeu de point de vue et vision sans phare d'une certaine Amérique.

10 juin 2014
Stéphanie Camous

Roman fantastique, à travers la dégustation de plats cuisinés, l'héroine est capable d'identifié la provenance des ingrédients mais aussi et surtout la manière dont ils ont été cuisiné et les états d'âme de la personne qui les a préparés. Comment alors arriver à vivre en permanence avec les sentiments des autres ? Malheureusement la fin m'a déçu.Je la trouve vraiment trop complexe. Dommage.

4 juin 2014
Dominique Alix (membre du jury)

C'est fou ce qu'on peut faire dire à un gâteau au citron ! Néanmoins, je préfère le discours de la madeleine...
Non non, qu'on se rassure, je ne vais pas me mettre à faire des comparaisons hasardeuses. C'est juste un constat sur la nature complexe de notre rapport à la nourriture et ses récurrences dans la littérature.
J'ai eu du mal à décrire la façon dont j'ai perçu ce livre. Une impression bizarre de me faire avoir. J'ai apprécié le tableau de famille. Il y a une petite musique habitée qui résonne lorsque la narratrice parle de ses parents et de son entourage. C'est tendre et attachant. Mais ce registre m'aurait suffi. Cela ne me dérange pas de lire un roman qui joue sur l'irruption du surnaturel, à condition qu'il y ait une cohérence ou que cette dimension enrichisse le propos de l'auteur. Ici, j'avoue que les dons des personnages n'ont pas satisfait mon imaginaire. S'il faut filer la métaphore, tout cela me semble aussi peu engageant que le steak d'un hamburger produit dans une usine de mille vaches aux confins de l'Utah, même si la vache a des brûlures d'estomacs et le boucher un chagrin d'amour, ou inversement. L'épisode du restaurant français m'a plutôt agacée. Un stéréotype malvenu et grossier. D'accord, il doit y avoir un soupçon de chauvinisme là-dedans mais si l'on s'attaque au champ culinaire et gustatif, il faut le faire avec humilité, subtilité, avec un art consommé, capable de créer un univers de sensations magiques pour le coup. Et si j'allais relire le « Mangez-moi » de Mme Desarthe ? La douce exhalaison de la tarte aux poires et au poivre...

2 juin 2014
Delphine Lahary (membre du jury)

Quand Rose goûte le gâteau au citron préparé par sa mère pour ses 9 ans, c’est un grand bouleversement : elle ressent les émotions et les sentiments de sa maman. Ce pouvoir ne la quittera pas, celui de ressentir à travers les plats, l’état d’esprit de celui qui l’a préparé. Mais ce sixième sens l’empêche de vivre pleinement et sereinement. Nous voyons grandir l’attachante Rose, ainsi que son frère, Joe, lui aussi détenteur d’un pouvoir étrange,(celui de se fondre avec/dans les objets) et Georges, l’ami de Joe et confident de Rose. C’est un très beau roman, plein de poésie, qui évoque l’apprentissage, la fin de l’enfance et la dureté de la vie. Dans la famille de Rose, tous ont quelque chose à cacher, ce sont les non-dits qui minent les relations. Cela a été dit mais à juste titre, on se croirait dans ces films de Wes Anderson, empreints de poésie et de nostalgie par rapport au monde de l’enfance. Le goût après avoir fini la dernière page est cependant doux amer : singulière tristesse, malgré la note d’espoir concernant le personnage de Rose.
Un bon moment de lecture !

27 mai 2014
Marie d'Eshougues (membre du jury)

On a le goût de la tristesse des personnages en lisant ce livre. Sans tomber dans le mysticisme, Aimee Bender traite avec simplicité une histoire qui est loin d'être simple. Elle nous raconte la vie d'êtres exceptionnellement normaux sans donner toutes les explications. Mais est-ce vraiment nécessaire?

24 mai 2014
Julie Marcil

Ne vous attendez pas à un récit de genre fantastique. Il s’agit plutôt d’une métaphore (plus près du réalisme magique de Marquez) sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte (du moins, c’est ainsi que je l’interprète) où chacun réagit selon sa personnalité, voit le monde avec un regard neuf (et moins émerveillé!) et doit s’adapter à cette nouvelle vision. Si Rose possède une acuité et une empathie surnaturelle qu’elle trouve lourdes à porter, son frérot Joseph, lui, a la faculté de se fondre dans les objets autour de lui afin de disparaître aux yeux de tous. Rafraîchissant, à la fois touchant et plein d’humour.

http://www.juliemarcil.com/trois-lectures-gateau-au-citron/

22 mai 2014
Carla Lavaste

Indéniablement, ce roman sort de l’ordinaire. La prémisse de l’histoire nous emmène tout de suite dans le surnaturel, un territoire généralement plus communément exploré par les auteurs sud-américains adeptes du réalisme magique que par ceux du nord du continent. Malgré tout, ce récit souffre de deux maux qui l’empêchent d’être pleinement satisfaisant. D’une part, on reste un peu sur sa faim (si je puis dire), en ce qui concerne les conséquences de la terrible faculté dont jouit bien malgré elle la narratrice. On ne comprend jamais vraiment bien ce qui semble ronger sa mère ni pourquoi Rose, l’héroïne, refuse de se préparer elle-même à manger, comme si elle avait peur de se découvrir elle-même. D’autre part, le don encore plus invraisemblable que possède son frère, plutôt que de renforcer l’histoire, vient l’affaiblir. Trop c’est trop et c’est comme si l’auteur n’avait pas su choisir entre deux histoires possibles, ne parvenant au final à en aboutir aucune. La tentative reste malgré tout intéressante et le livre vaut la peine d’être lu, ne serait-ce que pour son originalité.

20 mai 2014
Jeanine Marthouret ( membre du jury )

Le jour de son anniversaire Rose mord avec délice dans son gâteau au citron, comme le lecteur dans le roman dont il retire la même sensation...de frustration. A la lecture des pemières pages, il lui semblait entrer dans un petit chef - d'oeuvre qui, malheureusement, s'essouffle trop rapidement par manque d'intrigue. Consciente de ce vide, l'auteure accélère le rythme et nous parvenons à la fin du déroulé de l'histoire avec un goût amer de brouillon à reprendre. Quel dommage! Le thème du passage de l'enfance à l'âge adulte, à travers les affres et émois de l'adolescence, était traité de façon originale, à travers les émotions et pensées d'une petite fille de 9 ans que le style de l'auteure, tout en délicatesse et sensibilité, nous faisait totalement partager. Le thème des correspondances entre aliments et état d'esprit de ceux qui les ont élaborés était particulièrement original en donnant à cette enfant des superpouvoirs. Surdotée en intelligence et sensibilité, Rose peine d'autant plus à tisser des liens au sein de sa famille et de la société dans laquelle elle grandit.Ce sont là autant de thèmes qui nourrissent notre réflexion.
Ce roman riche d'ingrédients originaux est à recommander.

15 mai 2014
Corinne Mathieu

La singulière tristesse du gâteau au citron a singulièrement contaminé ce roman que je n'ai pas pu achever. Pourtant, les premières bouchées étaient délicieuses !
Malgré ses qualités indéniables (un thème surprenant, une atmosphère particulière, intimiste, enveloppante et parfois à la lisière du fantastique), j'ai ressenti à sa lecture les mêmes sentiments que Rose face à ce gâteau confectionné par sa maman : un certain vide, de l'ennui, de la lassitude, de l'agacement (les dialogues sans ponctuation et sans logique) et une folle envie d'aller goûter autre chose.

1 mai 2014
Marion (Jury)

Ce roman m'a beaucoup surprise. L'utilisation du fantastique est fine et sert parfaitement le propos du roman. J'aime beaucoup la métaphore du super-pouvoir qui est à la fois une force et une faille, un don qui isole et qui rapproche. Ce roman dit beaucoup sur la famille, l'hérédité et la difficulté d'être soi. Le dénouement amer m'a conquise et pourtant je n'aime pas les fins trop ouvertes habituellement ...A lire sans attendre !

27 avril 2014
Manon Lisait (membre du Jury)

J'ai failli garder ce roman pour la fin, démotivée par le titre à la Pancol, et je l'ai finalement dévoré en une journée. La singulière tristesse du gâteau au citron, de Aimee Bender, est un étonnant petit univers, une famille toute simple et comme les autres dans une banlieue résidentielle de Los Angeles, qui se révèle rapidement assez inhabituelle.

On entre doucement dans leur quotidien, partageant les relations entre une mère et sa fille, et ce moment intime de la confection d'un gâteau. Un père discret, une mère un peu fantasque et bohème, un fils surdoué et solitaire, une fille sensible, sociable et tendre, tout cela est très ordinaire. Mais au moment où Rose croque dans sa part de gâteau tout juste sorti du four, tout est bouleversé : la petite fille découvre qu'elle est capable de goûter les émotions de la personne qui a cuisiné juste en mangeant leur plat.

Elle découvre brutalement le monde des adultes, la solitude, la tristesse, la frustration, la rancoeur et le manque. Elle analyse rapidement ce pouvoir grâce à l'aide de George, le meilleur ami de son frère, et son quotidien devient très difficile. Les années passent au fil des trios McDo, puisque seule la nourriture industrielle passe. Elle découvre aussi les talents de son frère et de son père, tous deux un peu sorciers à leur manière aussi.

L'intrigue est finalement très simple, avec un soupçon de fantastique qui nous dit que peut-être, il faut tout simplement savoir regarder plus loin que le bout de notre nez. Que à notre manière, on a tous un don à explorer et que tout ce qu'il faut changer, c'est notre façon de voir les choses.

Si ce petit volume a un succès fou chez nos voisins américains, c'est certainement grâce à sa simplicité et à sa grande tendresse. L'auteur se lance dans le fantastique mais l'ancre dans le quotidien d'une famille comme les nôtres, bouillonnante d'amour et surmontant ses problèmes. On y entre avec plaisir et on y redécouvre les valeurs fondamentales de la vie.

22 avril 2014
Chantal Guérinot

Ce livre relate l'enfance de Rose et de sa découverte progressive du monde des adultes à travers son don qui est que lorsqu'elle goûte un plat, elle est traversée par les émotions, les sentiments des personnes qui ont contribué à l'élaboration de ce plat.
On assiste à la construction de cette enfant face à la présence étrange d'un frère, d'une mère qui se cherche et d'un père vivant avec la présence rassurante des chiffres.
C'est un roman de l'apprentissage de la vie avec la découverte en grandissant du monde, de la réalité, de la nature réelle de ses parents, des choix à faire pour trouver sa voie, son chemin.
Rose a su surmonter sa singularité et en faire une force. C'est un roman extrêmement positif sur la nature humaine et de sa richesse. J'aime les romans positifs.

19 avril 2014
Sandrine Blicq (Membre du jury)

Chronique d’enfance un peu bancale, un peu magique et fort solitaire d’enfants pas comme les autres qui tentent de survivre dans un monde terre à terre avec leur « pouvoir » dérangeant et leur sensibilité. J’ai dévoré et beaucoup aimé ce livre, cette auteure et sa manière douce amère de décrire l’enfance et ses tourments.

17 avril 2014
Sandra Gaspardino (membre du jury)

Ce roman est un délice. Une famille américaine très normale sur le papier mais chacun des membres a quelque chose d’hors norme, un petit supplément qui les rend uniques. Rose a ce don étonnant. Elle ressent les personnes à travers leur cuisine. Rose est ordinaire et extraordinaire. Joseph son frère est énigmatique. Il y a très peu d’action dans ce roman, il ressemble à un déjeuner familial qui s’éternise pour notre plus grand bonheur. Salé, sucré, triste, tendre, amer, nostalgique, secret. Nous écoutons, nous regardons, nous grignotons avec les personnages. Un joli mélange de quotidien et de mystère. Ce roman est doux et acide, un véritable gâteau Citron- Chocolat ! Aimée Bender a ce talent de nous dévoiler une part du mystère à la toute fin du roman. J’en reprendrais bien une autre part moi !

13 avril 2014
Lily Cudazzo, juré.

Ce livre, assez original par son écriture minutieuse, est particulièrement truculent et accrocheur !
Je dois dire que c'est une très belle surprise. On se met dans la peau de cette enfant de 9 ans, sa façon de réfléchir aux choses, de tout remarquer, tout détailler, nous glisse réellement dans la pensée des enfants, avec cette expression délicate et brute à la fois.
Et cette idée subtile du goût des émotions, assez incroyable, nous fait ressentir nos repas de façon plutôt inattendue quand on referme le roman.
Un roman que je recommande chaudement !

13 avril 2014
Agnès RADMACHER

Si vous êtes un dévoreur de livres et si le roman contemporain est un genre que vous avez explorez du Nord au Sud mais surtout, si, trop souvent, à la lecture d’un nouveau volume votre mémoire peut le rattacher à un autre, ou que pire, le sujet vous en rappelle tant d’autres : lisez sans plus attendre "La Singulière tristesse du gâteau au citron" de Aimee BENDER !

C’est original, mais pas seulement,
C’est léger en apparence,
C’est émouvant aussi,
C'est différent mais encore,
C’est improbable mais pas gênant,
C’est déstabilisant en partie,
C’est morbide quelque fois,
Et c’est philosophique tout du long !

La description du support de cet écrit vous la trouverez sur la quatrième de couverture et en tête de cet article. Néanmoins, à mon sens, l’essentiel de ce livre réside dans la manière particulière qu’il effleura, touchera ou bouleversera votre «ça», votre «moi» et votre «sur-moi».
Et alors là, soyez-en sûr, vous en extrairez sa substantifique moelle ...

9 avril 2014
Christiane Capelle (membre du jury)

Le jour de son anniversaire, en mangeant son gâteau préféré préparé par sa mère, Rose, 9ans, se découvre un don: celui de sentir les sentiments de la personne qui a préparé le plat, connue ou inconnue, dès qu'il y a intervention humaine dans la confection. Perturbée par ce fardeau, elle ne mange plus que de la nourriture industrielle neutre.
Autour d'elle une mère qui ne s'épanouit pas dans sa vie, un père réservé qui ne se livre pas et un frère aîné bizarre lui aussi détenteur d'un secret lourd à porter.
Ce roman est une fable à la limite du surnaturel, surnaturel atteint à la fin du livre qui gâche un peu l'ensemble par son invraisemblance.
Avec une écriture fluide, sensible, Aimée Bender crée une atmosphère mélancolique, nous fait partager une relation mère-fille forte,des moments du quotidien ordinaire et de la vie qui passe.

9 avril 2014
Sylvie Vander Donckt (membre du jury)

Avec ce titre et la couverture, je craignais le pire, genre objet commercial qui aurait surfé sur la vague gastronomique popularisée par la téléréalité, avec en prime un titre et des couleurs flashy qui font penser à l’œuvre de Katherine Pancol.
Heureusement, on n’en est pas là, même si, malheureusement, on n’atteint pas pour autant le chef-d’œuvre non plus. Ni fast-food ni cuisine étoilée…
Revenons à nos oignons : Rose, gentille fillette de 9 ans, mord un beau jour dans un beau gâteau préparé par sa maman. Cette première bouchée, qui aurait dû être un plaisir minuscule, est le début d’un enfer culinaire pour Rose : désormais, à chaque aliment ou plat qu’elle goûte, elle ressent à travers ses papilles l’état d’esprit de la personne qui l’a préparé. Le moindre bonbon peut prendre un goût de plâtre ou de cendre. Pour survivre et surtout éviter de trop souffrir en absorbant la tristesse du monde, la petite en vient à se cantonner aux plats préparés, aux saveurs chimiques, aux aliments industriels, pour lesquels l’Homme n’a guère mis la main à la pâte.
Pour ajouter à son malheur, Rose est incomprise des adultes, qui n’y voient qu’un caprice de petite fille. Seul George, le copain de son frère, l’écoute et tente de l’aider. Mais en dehors de lui, Rose grandit solitaire, livrée à elle-même entre une mère mal dans sa peau, un père absorbé par son travail et un grand frère au comportement mystérieux.
C’est cette traversée du désert, de l’enfance à l’âge adulte, que nous conte l’auteur, dans cette fable plus amère que douce, où chaque personnage, en plus de se débattre avec lui-même, se sent coincé dans cette cellule familiale trop étroite.
Il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire, on s’y ennuie un peu, puis ça se précipite dans le dernier tiers, tout en restant un peu bâclé ou inachevé. Le style est agréable et fluide mais, me semble-t-il, pas toujours en phase avec l’âge de Rose, la narratrice.
Cette chronique de la vie d’une famille américaine somme toute banale et finalement attachante, est teintée d’une sorte de réalisme magique version déprime. Le roman, qui se referme malgré tout sur une petite pincée d’espoir, est à l’image du gâteau : triste et singulier…

5 avril 2014
Nathalie (membre du jury et blogueuse)

Etre ému par un roman, ça arrive. Choqué, ravi, déçu, transcendé aussi. Mais en lisant La singulière tristesse du gâteau au citron, on se rend brutalement compte qu'être surpris, vraiment surpris, par un roman, ce n'est pas si courant que ça. On aurait peut-être un peu tendance à rechercher toujours un peu les mêmes ingrédients dans les textes (et tenir un blog permet d'en prendre pleinement conscience). Les dosages changent, les décors aussi, mais les épices demeurent toujours un peu les mêmes... A moins qu'on nous "impose" des lectures, comme ce fut le cas pour moi en quelque sorte avec ce roman sélectionné dans le prix des lecteurs des éditions Points, et qu'on nous dirige ainsi vers des parfums différents.

Les ingrédients classiques étaient là : une vie de famille à Los Angeles, avec père, mère, garçon et fille. Une mère un peu triste, un père un peu distant, un grand frère un peu différent, et une jeune fille narratrice, Rose, qui s'accommode de tout ça. Mais un jour, en croquant à pleines dents dans le gâteau au citron avec nappage chocolat que lui a préparé sa mère, toutes les données vont se décaler, permuter, changer de sens. Rose ressent, en mangeant ce gâteau, l'état d'esprit qu'avait sa mère au moment de le concocter. Bien pratique, me direz-vous, mais on n'entre pas sans risque dans le coeur des autres.

La singulière tristesse du gâteau au citron est une fable savamment orchestrée. Les touches discrètes et successives d'informations étranges font adhérer le lecteur, en douceur, à une idée un peu folle. Fantastique.

2 avril 2014
Christine Kerjosse

Un livre original sur la famille, l'enfance et plus particulièrement la relation mère fille.
Touchant, voici une fable originale qui enchante.
Doux comme un gâteau au citron, une belle chronique sur le destin d'une fillette qui possède un don très particulier : ressentir les émotions des personnes au travers de la nourriture qu'ils ont élaboré. Une providence ou une malédiction ?
Un peu les deux finalement, la fillette est perturbée et l'empathie la gagne. Surtout vis à vis de sa mère, comment l'aider quand celle-ci est abattue ?
Dans cette famille, le frère vivant dans un monde intérieur lié à son intelligence hors norme, seul le père est normal. Mais attention, il faut se méfier de l'eau qui dort !

Après quelques longueurs au début du récit, j'ai été emballée par ce texte sensible, tendre et loufoque. Une écriture fluide concourt au plaisir global.
Lancez-vous aussi et découvrez ce beau roman.

1 avril 2014
Alice MONARD (membre du jury)

Un livre sensible et savoureux très original. La petite Rose est en effet une "médium de la nourriture" : elle sent les émotions des personnes qui ont cuisiné un plat. Cela commence avec le gâteau d'anniversaire que lui fait sa mère, une femme plutôt déprimée qui cherche un but à sa vie et trouvera son bonheur dans la menuiserie et avec Larry, qui dirige l'atelier de menuiserie, qu'elle verra pendant des années en cachette de son mari. Il y a le père, avocat très occupé qui a du mal à montrer son amour, le frère qui est très intelligent mais souffre d'un mal inconnu.
C'est donc une chronique familiale, avec ses hauts, ses bas, ses maux, ses non dits. Un tableau souvent gustatif des petits moments de la vie. C'est également un livre sur la différence, l'amour, le temps qui passe et le mal que l'on a parfois à grandir.
Si le don de Rose est très intéressant et donne du rythme au livre, le personnage de son frère est plus "tiré par les cheveux" et la fin du roman (en dehors du très réussi bistrot lyonnais) se traîne un peu et la fin nous laisse sur notre faim.

30 mars 2014
Victoria Buffet (membre du jury)

Un don particulier pour une petite fille de neuf ans; celui de distinguer les émotions des marmitons au travers ses dégustations. Ce don fantasque se révèle être difficile pour une petite fille confrontée à l’incompréhension de ses proches et à la singularité de ce don. Au fil de cette fable, on découvrira les relations entre Rose et ses parents, Rose et son frère, un être tout aussi étonnant. Aussi, nous est conté une histoire d’attachement, d’amour, de dons imaginaires à la fois intrigants et effrayants. Tout en étant agréable et concis, l’auteur nous amène ailleurs, entre interrogations réelles et imaginaires. Un livre à la fois étrange, sensible, retenu et mélancolique.

17 mars 2014
moulin

Le jour de ses neuf ans, Rose goûte au gateau spécialement cuisiné par sa mère. Sous le citron et le sucre, elle ressent le sentiments de sa mère. Un vide, une tristesse. Pourtant, sa mère semble heureuse. A partir de ce jour, Rose ne peut plus manger un plat sans éprouver les émotions de celui qui l'a cuisiné. Et dans quel état d'esprit était la personne : heureuse, préoccupée, énervée ou inquiète. Elle qui croyait sa mère contente de son existence et de sa famille va douter. Comment vivre avec un tel don? Comment dissimuler à sa mère ce qu'elle a deviné à son sujet ?

A mi-chemin entre la fable et la réalité, ce livre est une très belle découverte ! A l'école, Rose se tourne vers la nourriture industrielle pensant échapper aux émotions mais elle reconnaît d'où les ingrédients proviennent. Chez elle, elle s'efforce ne le laisser rien transparaître en avalant difficilement chaque bouffée préparée par sa mère. Rose grandit et son palais s'affine. Son frère aîné et unique, un petit génie, voit lui aussi sa vie bouleversée par un autre don. Dans ce roman d'apprentissage, Rose comprend que les fondations de sa famille ne sont pas aussi solides qu'elle en ont l'air et qu'elle doit s'accommoder de son pouvoir.

S'il y une belle sensibilité dans ce roman, il n'est pas pas aussi léger que l'on pourrait le penser. Aimée Bender nous démontre avec poésie et tendresse que l'on peut grandir en étant différent. Trouver sa place et se servir de qui était un handicap comme un atout.
Un roman d'une beauté singulière qui m' a touchée et fait vibrer ! Un livre qui n'est pas sans rappeler Chocolat amer de Laura Esquivel.

 

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