Scipion de Pablo Casacuberta

7,3€ // 336 pages
Paru le 04/02/2016
EAN : 9782757857984

Scipion

Pablo Casacuberta

Littérature

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Aníbal n’a jamais été à la hauteur des attentes de son père, illustre historien. Chassé de l’université, il a sombré dans l’alcoolisme. Deux ans après sa mort, il reçoit sa part du testament : trois boîtes à l’étrange contenu. Ce père qu’il n’a fait que décevoir lui jouerait-il des tours depuis sa tombe ? Indigné et un brin maniaque, Aníbal part en guerre pour récupérer l’héritage familial…


Né en 1969 en Uruguay, Pablo Casacuberta est peintre, photographe, cinéaste et romancier. Il est l’auteur de cinq romans devenus célèbres dans toute l’Amérique latine.



« Racontée avec un humour à l’anglo-saxonne, cette quête fait du roman de Pablo Casacuberta un pur régal, de bout en bout. »

Télérama


Traduit de l’espagnol (Uruguay) par François Gaudry

 

Commentaires

13 juin 2016
Eva

C’est dans le cadre du Prix du Meilleur Romans des Lecteurs Points que j’ai eu l’occasion de lire…mon premier roman uruguayen ! Il n’en faut pas plus pour me réjouir, même si j’ai trouvé ce livre aussi plaisant que bancal…


L’idée de départ est intéressante : deux ans après la mort de son père qui était un historien reconnu, spécialiste de l’Antiquité, Anibal Brener apprend qu’il va finalement hériter de trois boîtes : celles-ci contiennent, entre autres, les journaux intimes du père et son testament, qui donne à Anibal la maison familiale et des droits d’auteur de son père. Cela représente une somme considérable pour l’homme de 37 ans qui a du mal à donner du sens à sa vie, que ce soit sur le plan amoureux, professionnel ou financier, et qui s’est toujours senti écrasé par l’ombre paternelle, Mais cet héritage est conditionné au fait qu’il publie un ouvrage d’histoire contemporaine de plus de cinq cents pages dans une maison d’édition prestigieuse… Heureusement, l’avocat en charge du testament a la solution : Anibal va écrire un livre sur le grand-père de l’épouse de l’homme de loi, un célèbre philanthrope.


J’ai trouvé que le livre mettait longtemps à décoller – une grosse centaine de pages avant que je me sente vraiment entrée dans le roman, j’ai en effet trouvé que tout l’épisode se passant dan la maison familiale et dans le cabinet d’avocat patinait un peu. Pourtant le personnage d’Anibal est attachant, et « Scipion » pose des questions intéressantes sur les relations père-fils, sur l’hérédité, sur les difficultés à trouver sa voie lorsque l’on a un père qui est une sommité dans son domaine. Anibal ne manque pas d’humour et d’auto-dérision, et il y a un ton décalé, un côté absurde très anglais dans ce roman pourtant sud-américain. Puisqu’il a accepté la proposition de l’avocat, Anibal est invité dans la maison de celui-ci afin de prendre connaissance des archives du grand-père philanthrope : bien sûr, rien ne va se passer comme prévu, et Anibal va se retrouver confronté à toute une galerie de personnages décalés et à des péripéties en série. Anibal est le genre de « beautiful loser » qui se retrouve gros-jean comme devant quand il pense être plus malin que les autres et maîtriser la situation – comme lorsqu’il oriente sa petite amie vers un sujet de dissertation improbable quand elle postule pour une bourse d’études – mais qui paradoxalement, lorsqu’il est confronté à l’adversité, peut réussir à enfin trouver sa voie. Lui qui pensait que le testament de son père était encore un moyen de le mépriser et de le rabaisser, va vivre une série d’aventures qui va lui permettre de faire la paix avec lui-même, mais aussi avec son père, et l’aider à se réapproprier son histoire et sa vie.


Mais j’ai encore connu une baisse de régime lors du séjour dans la maison de l’avocat, et surtout avec l’épisode de l’inondation, que j’ai trouvé beaucoup trop long, quasiment interminable…J’ai failli reposer « Scipion » mais heureusement que j’ai persévéré car toute la dernière partie est à la fois belle et passionnante, et rattrape aisément les moments d’ennuis qui l’ont précédée. Il me reste de ce livre une impression globalement positive tant pour l’idée générale et le personnage principal que pour la fin du roman, qui m’a beaucoup plu, mais aussi le sentiment d’un livre inégal, alternant passages à vide et très beaux moments.

« Scipion » de Pablo Casacuberta est donc un curieux roman, que j’ai failli abandonner plusieurs fois mais qui, malgré son côté bancal, possède un charme certain. C’était le premier roman de Casacuberta que je lisais, et j’aimerais bien en lire un autre, en espérant qu’il m’intéresse de façon plus constante.

19 avril 2016
vanina le gall

Deuxième découverte avec "Scipion" de Pablo Casacuberta.

Voilà un roman surprenant. Jubilatoire. J'ai beaucoup aimé l'histoire presque tragique d'Anibal Brener. Spécialiste de l'Antiquité, comme son père, "le professeur", il végète. Boit. Vit dans une pension minable avec un vieux grabataire. La mort de son père, il l'a appris par la télévision. Fils indigne ? Plutôt pas à la hauteur. Pas simple quand vous portez le nom d'un illustre général carthaginois...

Deux ans après la mort de son père ( celui qui a fait fuir sa femme, la mère d'Anibal et de Berta, qui a également fui la maison et le pays pour s'installer en Belgique), Anibal peut enfin pénétrer dans la maison familiale. Et se faire remettre trois boites pour tout héritage.

Dans l'une d'elles, un livre et à la page 492 un codicille qui conditionne son accession à l'héritage. Son père ne lui épargne rien, même de l'au-delà. Parce qu'il se doit d'aller au bout et de comprendre, Anibal va se battre. Et se rapprocher de ce père vaniteux et despotique au terme d'une aventure pas banale, entre Manzini un avocat peu scrupuleux et, Selma, une ancienne fiancée calculatrice.

"Scipion" est le premier roman traduit en français de Pablo Casacuberta auteur de cinq romans, venu du Paraguay.

Extrait

Page 272 : "Même maintenant, en voyant l'eau s'approprier les boîtes, je devais accepter que ma négligence n'ait rien à voir avec ses fameuses conditions. Cette fois, je devais simplement m'occuper d'un pauvre tas de papiers et je n'avais même pas été capable d'accomplir une mission aussi élémentaire. C'était comme si un démon intérieur s'était chargé d'empêcher une victoire possible dans tout ce qui relevait, fût-ce indirectement, du monde de mon père. Si j'obtenais un poste dans son département, je me consacrais à écrire des articles qui allaient à coup sûr l'irriter ; si je devais assister à une réunion de professeurs, je me débrouillais pour arriver en retard, avec la flasque d'alcool faisant une bosse dans la poche intérieure de ma veste et une haleine de barrique de chêne qui aurait soûlé un marin ; si ma petite amie essayait de l'impressionner par une étude, je m'arrangeais pour la propulser avec une catapulte argumentaire à dix mille kilomètres de distance. Il fallait reconnaitre que, pour ce qui était de me déshonorer, j'avais été son collaborateur le plis assidu."

31 mars 2016
Gérard MALIVERNEY

Magnifique roman qui raconte l’histoire d’Anibal fils d’un historien avec lequel il entretenait depuis son enfance une relation conflictuelle.
Son père dominateur, qu’il n’a pas vu pendant des années, étant décédé, il va retourner dans la maison familiale pour récupérer trois boites qui lui ont été léguées.
A l’ouverture de ces boites, il va être embarqué dans des aventures et des rencontres surprenantes.
Mais au fur et à mesure de l’avancée du récit, le héros va grandir, son père va lui apparaitre plus proche et il va découvrir ses sentiments et sa ressemblance avec lui.
C’est là qu’il va entamer sa renaissance.
Ce texte émaillé de références à l’histoire antique, plein d’humour et de tendresse, nous parle à la fois de l’héritage matériel et psychologique du héros.
C’est une belle lecture avec une fin totalement rocambolesque mais brillamment réussie et émouvante.

25 mars 2016
Pirodon Elvira

c'est un livre qui nous plonge dans nos propres recherches d'identité. Des phrases longues, peu de discussions, nous voyageons entre le présent et le passé, facilement, sans perdre le fil, tout cela donne une beau rythme à ce livre. Les analyses de personnages sont parfois cruelles, heureusement qu'il y a l'humour. J'ai beaucoup aimé ce livre, malgré certaines longueurs mais qui j'imagine, tiennent en haleine. Un très beau voyage....

25 mars 2016
Richard S.

Le narrateur du roman, Anibal est le fils d’un historien célèbre, appelé « le Professeur ». La figure de ce père est écrasante. Admiré, voir adulé par tout le monde, le narrateur semble lui avoir souffert de la figure de ce père érudit mais méprisant envers son fils qui a fini par sombrer dans l’alcoolisme. Aujourd’hui jeune adulte en proie à l’errance et à l’indigence, il apprend qu’il est le seul héritier des biens immenses de son père, à la condition qu’il écrive une étude… S’en suit une série rocambolesque de rencontres et de frasques étonnantes !
Le roman est original et plutôt agréable même si on a parfois du mal à suivre l’auteur dans certaines situations étonnantes.
Un roman sympathique qui nous laisse quand même davantage étonné que comblé !

23 mars 2016
Vincent PINATEL

Comment survivre dans l'ombre d'un père à l'aura trop écrasante?
Pablo Casacuberta tente de répondre à cette question à travers son anti-héros, Aníbal Brener. Fâché avec son père historien émérite (qu'il considère être un imposteur) depuis de nombreuses années et ayant le sentiment de n'avoir jamais été aimé par lui, il apprend des années après sa mort que celui-ci lui a laissé un héritage.
Il se compose de 3 boîtes. A travers elles, il se rendra finalement compte de ce que pensait réellement son père de lui. Cette première moitié de roman est réellement brillante. le personnage d'Aníbal, dépressif et cynique, est magnifiquement dépeint avec beaucoup de style. Pablo Casacuberta arrive à bien décrire le caractère et les changements psychologiques de son héros au fil de l'ouverture des boîtes.
Il apprendra ensuite par le notaire qu'un héritage plus important l'attend s'il accepte les conditions dictées par son père dans le testament.
A partir de là, j'ai trouvé que le roman partait dans tous les sens jusqu'à un épisode rocambolesque (dont métaphoriquement j'ai compris le sens), bien trop gros pour paraître crédible. Heureusement la fin du roman, très réussie bien que trop courte, apporte une belle touche finale concernant le destin d'Aníbal.
En bref, j'ai bien aimé ce roman qui mérite vraiment d'être lu pour sa sublime première partie

17 mars 2016
Beatrice

un style relevé avec des touches d'humour, des personnages quelque peu déjantés, des situations improbables font de ce roman un moment de lecture intéressante.
Un père omniprésent même (ou surtout) après sa mort et l'héritage qu'il laisse à son fils sont le point de départ pour une analyse en profondeur des liens entre ces deux personnages.

3 mars 2016
Fabienne Defosse-Verrier

Casacuberta est peintre, photographe, cinéaste et romancier. Auteur de cinq romans, il est célèbre dans toute l’Amérique latine. J'avoue que je ne le connaissais pas, mais après avoir lu Scipion, je comprends son succès. Pablo Casacuberta a une vraie qualité littéraire classique et il n'hésite pas à ponctuer son roman de multiples références classiques. Il oscille entre la tragédie et le comique, le tout parsemé d'un humour à l'anglo-saxonne.

Scipion c'est l'histoire d'Aníbal, pas du Hannibal de la bataille de Zama, d'Aníbal Brener, le fils du célèbre professeur Brener, illustre historien, grand spécialiste de l'Antiquité. Bien qu'il n’ait jamais été à la hauteur des attentes de son père, Aníbal a pourtant suivi ses traces en enseignant lui-même l’histoire. Un brin paranoïaque, il a été chassé de l’université, a sombré dans l’alcoolisme et la femme qu'il aimait est partie. A presque quarante ans, Aníbal vit dans une chambre en colocation avec un vieillard. Aníbal n'a de cesse de se morfondre sur son sort. Bref, un raté. Il faut dire qu'avec le prénom chargé de sens que son célèbre père lui a donné, cela n'a rien de surprenant. Pourtant, lorsqu'il reçoit deux ans après le décès de son père sa part du testament : trois boîtes à l’étrange contenu, une édition résumée de l'Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, l'œuvre célèbre de l'historien britannique du XVIIIe siècle Edward Gibbon, et, entre les pages de l'ouvrage, les confidences de son père, Aníbal décide de se battre. Pour récupérer son héritage, il doit publier dans une maison d'édition reconnue, un essai historique d'au moins 500 pages, traitant d'un sujet contemporain. S'enchaînent alors des situations pittoresques, des rencontres improbables, ponctuées de réflexions quant à la filiation, l'admiration, l'influence, le rejet. Aníbal est très narcissique, son sport favori : l'introspection. Une sorte de génie autiste que l'eau va réveiller et révéler.
Au final, Scipion est un roman qui mérite d'être lu, bien que la lecture des 150 premières pages soit poussive, les plaintes et gémissements en tout genre de nature à plomber l'ambiance. Une fois ce cap passé et que l'on parvient à lâcher prise, le style de Pablo Casacuberta se révèle pleinement pour le plus grand plaisir du lecteur.

Belle lecture !

2 mars 2016
Anja

Aníbal Brener, historien érudit mais raté, a toujours vécu dans l'ombre méprisante de son père, historien à succès. Et le décès de ce dernier ne va pas arranger les affaires de son fils, car si l'on pourrait penser qu'il est plus facile de faire le deuil d'un parent quand on l'a toujours haï ce serait faire erreur... Aníbal se trouve en proie a des souvenirs et des émotions contradictoires et dérangeants, et le défunt ne lui facilite pas la tâche du deuil puisqu'alors qu'il a légué à sa soeur une véritable fortune, il ne laisse à son fils, en tout et pour tout que trois boites, remplies de souvenirs, à Aníbal de faire le tri... Trois boites, oui, mais aussi, dans l'une d'elle un livre, dans lequel se cache une lettre, et des instructions... Finalement Aníbal pourrait peut-être toucher un gros héritage et sortir de sa misère, mais il lui faudrait pour cela obéir aux dernières volontés de son père, et ce ne sont pas les moindres... En sera-t'il capable et où donc pourrait bien le mener ce chemin, c'est ce qu'il nous reste à découvrir...

Très beau roman dont chaque page a la surprenante qualité d'être à la fois hilarante et désespérément triste, Scipion est un vrai régal littéraire! Et pour cause, l'histoire est celle d'un paranoïaque dépressif dont l'intelligence et l'humanité sont à la hauteur des désespoirs, et qui va se retrouver bien malgré lui dans une série de situations abracadabrantes à mille lieues de ce qu'il est, quoi que...

Pablo Casacuberta, l'auteur phénoménal de ce petit chef d'oeuvre, nous mène avec un humour corrosif mais d'une grande tendresse à travers les dédales de l'aventure de son personnages, et au passage il nous invite aussi à nombre de réflexions d'une grande richesse sur des thème tels que la véracité des souvenirs, la difficulté de la rivalité filiale, l'amour dans le deuil... Je garde ainsi de ma lecture le souvenir agréable d'une intrigue riche, drôle et douce, mais surtout celui, délectable d'avoir été invitée à penser et d'en être sortie enrichie!

A découvrir!

28 février 2016
Johanna Lilas

Anibal a toujours été dénigré par son père, un grand universitaire spécialiste de l'Antiquité, très populaire et considéré comme un illustre homme. A sa mort, Anibal reçoit pour tout héritage trois boites, sa sœur a semble t-il été plus privilégiée que lui, c'est encore un coup dur. Néanmoins, le contenu de ces trois boites bouleverse sa vie et surtout l'image qu'il se faisait de son père et de lui-même. Les différents objets légués par son père dont une partie de son journal intime lui permettent de mieux comprendre son attitude.

Anibal est un personnage intéressant car il a un esprit torturé. En effet, il se pose beaucoup de questions sur sa raison d'être et sur sa raison de vivre. Il a quelque chose de très humain, on s'identifie facilement à lui.

L'héritage de son père l'amène à rencontrer des gens peu scrupuleux et manipulateurs mais c'est sans compter sur les personnes bienveillantes qui veillent sur lui. Anibal est confronté à de nombreuses péripéties dont une spectaculaire inondation. Le thème central du livre ce sont les relations entre père et fils, ce sujet parlera à de nombreux lecteurs.

J'ai apprécié le style incisif donné au récit et surtout l'humour de l'auteur. L'histoire est bien racontée même si la fin est un peu expédiée.

23 février 2016
Laura D.

Scipion, général romain, a vaincu Hannibal en 202 avant J.-C. N'est-il pas étrange de titrer ce roman Scipion alors que le héros est un dénommé Aníbal ? Aníbal Bruner est un historien, tel son illustre père. Mais au contraire de ce dernier, il n'est ni reconnu ni apprécié. Il vit dans la misère et a sombré dans l'alcoolisme. Après avoir appris le décès de son père - par les médias -, il hérite de ce dernier seulement trois boîtes. Celles-ci lui permettront-elles de mieux le comprendre ? Aníbal passe la majorité du roman à s'apitoyer sur lui-même. S'il est dans cet état, c'est seulement la faute de son père. Le roman explore une relation père-fils tendue à travers les yeux du plus jeune. Les états d'âme d'Aníbal sont bien trop présents. A peine lui parle-t-on qu'il digresse et part dans ses propres pensées. Aníbal est un peu trop imbu de lui-même même s'il finit pas atteindre un certain équilibre émotionnel et existentiel. Scipion est un roman intéressant mais dont le protagoniste laisse plutôt indifférent.

17 février 2016
Céline Letartre

Anibal est un adulte complexé, alcoolique et négligé, qui n'a jamais réussi à égaler son père, historien universitaire de renom. Il apprend que ce dernier lui a finalement laissé un héritage, mais que certaines conditions doivent d'abord être remplies... Anibal est un grand adolescent, qui n'a pas réussi à régler les conflits avec son père décédé. Ses réflexions sont cyniques et tombent souvent à pic, mais sa tendance à l'apitoiement a fini par m'agacer. Le roman est toutefois agréable et amusant.

17 février 2016
Florence C.

> Il y a une chose qui agace prodigieusement au début du roman, c’est la personnalité du narrateur. On a envie de le gifler tellement il geint et cherche à se faire plaindre. On comprend bien que sa vie fait du sur-place, on ne voudrait pas partager son sort et on veut bien compatir : son père a l’air d’avoir été odieux avec lui, jusqu’à ce prénom cruel qu’il lui a donné. Cependant, sa posture de victime finit par conduire à l’effet inverse.
On note aussi, dès le départ, l’aspect très travaillé du texte.

> Dès qu’Aníbal commence à lire un des carnets de son père, le personnage prend une ampleur insoupçonnée et change radicalement de ton : les jérémiades cessent et Aníbal fait la part des choses dans les responsabilités. Il a beau se retrouver empêtré dans un piège, il agit et se prend en main même si les résultats ne sont pas nécessairement à la hauteur de ses objectifs. A partir de là, l’histoire devient prenante et l’esprit tragi-comique participe au plaisir de lecture.

> C’est un récit intéressant sur les liens père / fils, sur ce que l’on devient adulte à cause de notre éducation, de notre réaction à cette dernière et de pas mal de malentendus. C’est aussi une réflexion sur le « comment vivre », comment être soi et non pas uniquement une réaction à un autre. Enfin, il s’agit pour Aníbal de se frotter à la réalité au lieu de se réfugier dans une mythologie personnelle.
L’évolution du narrateur est bien menée et prenante, même si quelques petits développements supplémentaires auraient été les bienvenus.

En dépit d’un début poussif et d’une fin qui aurait mérité d’être plus ouverte, Scipion est un roman qui mérite vraiment que l’on se penche dessus.

15 février 2016
Lise

Scipion est un joli roman sur la relation père-fils, sur les non-dits au sein de la famille et sur leurs conséquences. Baptisé Anibal par un père historien célèbre qui lui a dispensé peu d'affection et beaucoup de critiques, le narrateur est un raté... Alcoolique, apathique, convaincu de sa médiocrité, il a même manqué de se rendre à l'enterrement de ce père qui ne l'estimait pas; or, celui-ci lui a accordé un bien étrange legs, soumis à condition. Beaucoup d'humour dans ce roman qui réhabilite d'une drôle de manière la figure du père d'Anibal. Le texte est fluide et les ressorts comiques évoquent parfois ceux des films de Woody Allen. J'ai de loin préféré la première partie du texte, le roman se soldant par une apothéose un peu absurde qui m'a semblé en décalage, ou qui relève d'un ton et d'un humour différents, par rapport aux premiers élans plus intimistes du début du récit.

6 février 2016
Fraboulet Jacqueline

Hérétiques de Léonardo Padura. J'ai aimé cette belle écriture documentée,érudite, les thèmes abordés, Cuba que j'ai un peu connue et aimée en y ressentant la joie de vivre, la musique, la tristesse,la peinture, les religions, les problèmes des ados et adultes.Mais vu par un homme quand même s'il va nous rétorquer qu'il évoque beaucoup de femmes. Un roman que je recommande chaudement.

6 février 2016
Caroline Mutelet

Je continue mon exploration des titres sélectionnés en vue du prix du meilleur roman Points 2016. Avec l’arrivée d’une nouvelle fournée de livres, j’ai pu piocher allègrement et mon dévolu s’est porté sur Scipion de Pablo Casacuberta, un auteur uruguayen.

La 4ème de couverture m’a vraiment donné envie de lire ce court roman: un universitaire névrosé et alcoolique, reçoit sa part d’héritage. Mais la pomme est pourrie. Pour accéder aux royalties et à la maison promise, son défunt père, dans un ultime pied-de-nez, impose au narrateur des conditions très contraignantes. Tout, sur le papier, avait de quoi me plaire. Au final, je suis assez déçue et très mitigée.

En réalité, je me suis ennuyée avec ce roman. Pourtant tous les ingrédients sont réunis. Annibal, le narrateur, est le fils d’un historien très renommé et reconnu, décédé deux ans plus tôt. A force d’être rejeté et de se comparer à ce père impitoyable, Annibal est devenu un raté. Il dort dans une pension crasseuse et vivote en tapant les thèses des étudiants. L’auteur dresse le portrait d’un homme écrasé par le poids du père. Annibal n’a jamais su dépasser cette rivalité qui l’a poussé à l’alcoolisme et au mépris de sa personne. A travers cette quête de l’héritage et la résolution des conditions imposées, une fois de plus, par le père de manière post-mortem, le narrateur va à la rencontre de cette image personnelle tant haïe et il va tenter de se réconcilier avec son passé afin d’avancer. Le thème du roman est cependant intéressant et est traité de manière pertinente et Annibal pose un regard lucide sur sa condition.

Si je me suis ennuyée, c’est à cause du style de l’auteur auquel je n’ai pas bien accroché. Annibal a la fâcheuse tendance de faire des phrases à rallonge qui m’ont tout simplement perdue. En effet, on suit les réflexions et les digressions de cet homme plein de ressentiment vis-à-vis de la figure du père. J’avoue que certaines phrases m’ont laissée perplexe tant elles partaient dans des considérations étranges et éloignées du propos de départ.

En outre, Annibal est un personnage de « plaignant ». Il geint, il chouine, il pleure sur son sort mais ne fait rien pour s’en sortir. Il a un côté Mister Bean qui m’a fait sourire quelques fois c’est vrai mais la répétition des gags, souvent exagérés, m’a rapidement agacée. Annibal, c’est le genre de type qui rentre dans une pièce et qui fracasse le vase en cristal de mémé d’une valeur inestimable puis qui se prend les pieds dans le tapis pour finir par s’électrocuter à moitié avec la seule lampe défectueuse de la salle. C’est peut-être drôle au départ mais on sature vite. Annibal m’a plutôt irritée avec son air de chien battu perpétuel qui s’imagine déjà faire sa vie avec une femme parce qu’elle lui a tenu la main cinq minutes pendant qu’il était évanoui.

D’autre part, je n’arrive pas toujours à savoir si son père était une sommité dans son domaine ou un imposteur. En effet, Annibal semble tellement mépriser ce père tout-puissant qu’il parvient à instiller chez le lecteur l’idée qu’il n’est qu’un bouffon, un salaud cachant son jeu. Il y a un tel écart entre les personnages qui admirent le père du narrateur et ce fils plein de rancœur que j’en suis perdue. De plus, j’aurais pensé qu’il y aurait davantage de références à l’Histoire. Annibal porte un nom mythique et le titre du roman m’a quelque peu titillée. Je ne vois toujours pas le rapport. Y-a-t-il un parallèle à faire avec l’histoire d’Hannibal? Pourquoi le roman porte-t-il ce titre? Mystère ou bien folie de la lectrice que je suis?

Je suis tout de même allée au bout du livre et là, Ô miracle, j’ai apprécié et même trouvé émouvante la fin du roman. Il faut quand même avoir lu 2/3 de plaintes en tous genres avant cela pour accéder au saint Graal. Cette fin m’a touchée, émue car notre Annibal tombe le masque de Pierrot triste et déprimé. Il finit enfin par se bouger les fesses et par avancer. Les dernières pages sont tout simplement magnifiques, à la fois pleine de tristesse et d’espoir.

Scipion est un roman qui me laisse bien mitigée. Je n’ai pas adhéré à la plume de l’auteur ni à son personnage trop apathique pour moi. Cependant tout n’est pas à jeter. Dans un dernier sursaut, l’auteur parvient à réveiller son lecteur dans une sorte de grâce émouvante. Une lecture en demie-teinte pour moi!

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