Le Roman du mariage de Jeffrey Eugenides

8,3€ // 576 pages
Paru le 06/03/2014
EAN : 9782757841259

Le Roman du mariage

Jeffrey Eugenides

Littérature

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Une fille et deux garçons. Sur le campus de Brown comme ailleurs, il y en a un de trop. Madeleine aime le brillant Leonard et rêve déjà de leur futur radieux d’intellectuels talentueux. Mais Leonard est fragile, imprévisible, Madeleine est constamment sur le qui-vive. Avec Mitchell, le prétendant idéal, la vie serait simple ; pourtant Madeleine est réticente. Faut-il se marier par amour ?


Né aux États-Unis en 1960, Jeffrey Eugenides rencontre le succès en 1993 avec son premier roman, Virgin Suicides, adapté au cinéma par Sofia Coppola. Son deuxième roman, Middlesex, a obtenu le prix Pulitzer.




« Après Virgin Suicides et Middlesex, l’auteur américain revient enfin avec un grand roman, portrait d’une époque et d’un amour. Addictif… »

Elle



Traduit de l’anglais (États-Unis) par Olivier Deparis


Tous les titres du même auteur
 

Commentaires

10 juin 2014
Boussais

Difficile d'entre dans un roman de manière objective lorsque l'auteur ne nous a jamais déçue... Il renouvelle avec ce roman la performance de me tenir en haleine sans jamais me lasser, inscrivant les personnages dans mes souvenirs, leur donnant une crédibilité, teintant comme il se faut son roman d'une atmosphère. Un trio amoureux qui nous entraîne dans son sillon, une réussite vraiment toutefois ce n'est pas mon coup de coeur.

4 juin 2014
Dominique Alix (membre du jury)

La belle Américaine
L'histoire de la vie qui commence pour de jeunes Américains beaux, intelligents, talentueux, promis à un bel avenir. Bien sûr, on l'a deviné, l'idée, c'est que tout ne se passe pas comme sur une belle route toute droite, sans heurts et sans écarts, d'un diplôme universitaire obtenu brillamment à une carrière prestigieuse et épanouissante. Le roman initiatique est semé d'embûches sur lesquelles les héros s'appuient pour devenir des adultes.
Mais moi, c'est là que je coince. Les interrogations spirituelles de Mitchell, assorties de références indigestes à des écrits théologiens (théologiques?) et d'un voyage initiatique sans surprise vers l'ouest ne m'ont pas vraiment enthousiasmée. Pas plus que les thèmes littéraires de prédilection de Madeleine. Ses listes d'auteurs français, assénées dans un jargon incompréhensible et décontexualisésont aussi convenues que Les Montmartre et Pigalle «explorés» par le grand Aventurier Mitchell lors de son étape à Paris. J'ai compris que la carte Amex était au routard américain ce que l'Opinel est au routard français ...
En revanche, j'ai un petit faible pour Léonard que j'ai trouvé plus humain, plus drôle, plus tangible dans sa souffrance de maniaco-dépressif.
Certes, il y a de l'humour et des situations cocasses. J'ai lu le livre rapidement, facilement. Jeffrey Eugenides déroule les narrations de façon experte mais je ne me suis pas sentie concernée, ni curieuse, ni en empathie. C'est un peu sage, un peu superficiel, paré d'un vernis intellectuel agaçant, insuffisant pour asseoir la crédibilité des personnages et du propos.

2 juin 2014
Manon Lisait (membre du Jury)

Dès la première page j’ai su que ce roman serait parfait. Les premiers mots, les premières références, le prénom de l’héroïne, le lieu, tout me parlait et me soufflait de venir m’engouffrer dans ces pages et que le voyage serait inoubliable. Le Roman du Mariage, de Jeffrey Eugenides, est grandiose: mûri, complexe, fin, drôle, savoureux et bourré de références classiques choisies avec énormément de goût.

Nous y découvrons Madeleine, une jeune universitaire en lettres à l’Université de Brown, pas nécessairement la plus intelligente de sa promotion ni la plus assidue, mais une jeune fille vive, sensible, issue d’une famille aisée et particulièrement jolie. Le jour de sa remise de diplômes, se remettant à peine d’une rupture douloureuse, elle rencontre ses parents pour un petit déjeuner avant la cérémonie. Les chapitres reprennent ensuite l’histoire au commencement, relatent comment elle a rencontré son amoureux Leonard, un beau garçon intelligent mais bipolaire et comment Mitchell, son meilleur ami, est tombé amoureux d’elle.

Madeleine suit un séminaire déserté par les étudiants, Sémiotique 221, que l’auteur lui-même expliquera mieux que quiconque :

Selon Saunders, le roman avait connu son apogée avec le roman matrimonial et ne s’était jamais remis de sa disparition. A l’époque où la réussite sociale reposait sur le mariage, et où le mariage reposait sur l’argent, les romanciers tenaient un vrai sujet d’écriture. Les grandes épopées étaient consacrées à la guerre, les romans au mariage. L’égalité des sexes, une bonne chose pour les femmes, s’était révélée désastreuse pour le roman. Et le divorce lui avait donné le coup de grâce (…). Qui utilisait encore le mariage comme ressort narratif ? Personne.

Commence alors un triple défi: pour Jeffrey Eugenides, qui va rendre ses lettres de noblesse au mariage et l’instaurer coûte que coûte dans sa narration, où il finira inéluctablement par avoir un rôle mineur, défi pour Madeleine, qui va finir par faire de ce sujet son mémoire et construire à la fois son identité et sa conception de l’amour autour des concepts de Barthes, largement embrassés par son fiancé Léonard, et défi pour toute une génération perdue de jeunes adultes en construction, elle qui ne sait plus quelles sont ses valeurs à cette époque où tous les choix sont possibles.

Le triangle amoureux est extrêmement intelligent, équilibré et travaillé. Chaque personnage a une personnalité propre, un contexte, une sensibilité différente. Si Madeleine vit l’amour comme le vivait Henry James, avec passion, douleur et aucun recul, Leonard en déconstruit le discours jusqu’à ce qu’il perde tout son sens, et Mitchell en cherche la sublimation dans la théologie et le don de soi. Les trois identités nous permettent de vivre leur histoire sous trois angles différents et de faire nos propres choix face à la question posée à chacun : comment veut-on vivre son expérience de l’amour ? Madeleine, jeune fille aisée, jolie, bourgeoise, veut se considérer comme féministe et moderne mais elle est choquée que sa sœur divorce et choisit de se marier jeune. Sa modernité ? Revendiquer un penchant pour le sexe (ce qui dans les faits est complètement faux, puisqu’elle n’a jamais le courage d’assumer ses pulsions quand elles viennent), choisir un amant bipolaire et issu d’une classe sociale différente de la sienne. Bref, plus Elizabeth Bennet que Simone de Beauvoir. Leonard, lui, refuse de tomber dans les clichés du discours amoureux… Mais rappelons que c’est le beau gosse du campus, celui qui a mis dans son lit toutes les filles de sa promotion. Il refuse même l’amour quand il se présente à lui, mais finit par habiter avec sa fiancée, alourdi de nombreux kilos, ayant abandonné toute vie sociale et tout amour-propre. Mitchell le sage, éconduit de nombreuses fois, ne s’impose jamais et part en croisade pour retrouver le sens véritable de l’amour. Il choisit l’exil et l’abandon de tout, à commencer par ses cheveux, pour finir par ses livres chéris, et se fait éconduire une nouvelle fois, refusant à ce roman pourtant prédestiné, le happy ending qu’il réclamait depuis le début.

Jeffrey Eugenides reprend avec un talent fou ces sujets évidemment aussi intemporels qu’internationaux que sont les rapports amoureux, et les rend avec une modernité d’autant plus saisissante qu’elle se glisse dans un écrin universitaire riche et conservateur, et met en abîme les résultats de ses analyses en les calquant à une génération qui se croit différente, véritables petits sociologues en herbe se baissant pour observer des comportements qui sont exactement similaires aux leurs.

J’ai fait la même chose au même âge, nous raconte Eugenides. Madeleine est une jeune femme contemporaine qui n’a pas envie de se laisser aller à la sentimentalité de l’amour et qui décide de lire Barthes pour déconstruire le sentiment amoureux. Elle lit de la théorie pour s’armer contre l’amour. Et pourtant, rien n’y fait, elle y succombera. Le paradoxe avec ce texte de Barthes, qui est un exercice de déconstruction, c’est qu’il provoque l’effet inverse : les étudiants qui le lisaient autour de moi en fac en sortaient dans une humeur encore plus sentimentale. En tant qu’auteur, je suis face à mon texte comme Madeleine face à l’amour : je voulais écrire une histoire d’amour mais en l’écrivant depuis aujourd’hui, c’est-à-dire de façon expérimentale. Tiraillé entre l’écriture du sentiment et l’avant-garde littéraire.

(citation de l’auteur trouvée dans un excellent article des Inrocks)

Roman d’amour, roman d’initiation, roman de mariage aussi, mais un mariage moderne. Un mariage qui peut échouer, qui a été consommé, qui n’a plus une si grande signification. On n’est pas si loin de Jane Austen, ici aussi les mariages arrivent à la fin de l’intrigue et sont loin d’être l’élément important de la narration comme on peut le voir dans de mauvais livres de littérature pour filles. Mais les jeunes filles ne sont plus les mêmes. Les mariages non plus, loin d’être une fin en soi, ils peuvent être annulés, réinventés, trompés. Le personnage de Mitchell, étonnant avatar de l’auteur qui partage avec lui un nom de famille à consonance grecque, est justement le dernier rempart contre la perte de sens du discours amoureux moderne. Fragmenté et égoïste comme l’a remarqué Barthes, il est finalement à voie unique, et même s’il est le seul à le comprendre réellement, Mitchell se raccroche tout de même à ses sentiments avec force.

Comment un livre qui commence par citer Austen et Wharton peut jouxter à ces sages références des pages scandaleuses évoquant la gueule de bois massive et la robe tachée de Madeleine, comment peut-il coller un passage romantique à un dialogue sur l’éventualité de déféquer chez son copain ? Eugenides propose une alternance étonnante entre des passages écrits dans le style réaliste de Henry ou Austen, des passages incroyablement pragmatiques de la vie de tous les jours, et des passages qui lient un peu les deux réalités comme les deux passages que je cite ci-dessous, créant ainsi sa propre sémiotique du discours amoureux.

En écoutant Leonard, Madeleine se sentait handicapée par son enfance heureuse. Elle ne se demandait jamais pourquoi elle agissait de telle ou telle manière, ou en quoi ses parents avaient influencé sa personnalité. Avoir été privilégiée avait émoussé sa capacité d’observation. Alors qu’à Leonard, aucun détail n’échappait. Comme lorsqu’ils allèrent passer le week-end à Cape Cod (en partie pour visiter le laboratoire de Pilgrim Lake, où Leonard sollicitait un poste d’assistant). Sur la route du retour, dans la voiture, il dit :

- Comment tu fais ? Tu te retiens ?
– Quoi ?
– Tu te retiens. Pendant deux jours. Tu attends d’être rentrée chez toi.

Finissant par comprendre, Madeleine s’exclama :

- Non mais je rêve !
– Jamais, à aucun moment, tu n’as coulé un bronze en ma présence.



Voir Leonard aller mieux était comme lire certains livres difficiles. c’était comme on avançait péniblement dans les derniers romans d’Henry James, ou dans les pages sur la réforme agraire d’Anna Karénine, et que, brusquement, ça redevenait captivant et ça continuait à s’améliorer, jusqu’à ce qu’on soit tellement emballé qu’on en venait presque à être content du passage ennuyeux précédent car il n’avait rendu la suite que plus délectable.

J’ai personnellement adoré ce roman. Madeleine est parfaite. Elle a un filofax, vient d’une région que j’aime, n’achète son thé que chez Fortnum & Mason – et ne prend que de l’Earl Grey – elle va en weekend à Stowe, elle aime Austen, elle aime lire, les vieux livres dans les bed & breakfast, je me suis retrouvée à chacune des 572 pages du livre. Le roman est intelligent et sensible, un de ceux qu’on relira tous les dix ans avec un immense plaisir. Et au final la seule conclusion que l’on peut en tirer, à mes yeux, est que la conception de l’amour et l’expérience de l’amour se nourrissent fortement de nos lectures, et c’est un postulat auquel je ne peux qu’adhérer.

Si je peux me permettre un petit aparté… encore une fois le très mauvais quatrième de couverture dissuaderait presque d’ouvrir l’ouvrage et gâche franchement l’expérience.

31 mai 2014
Sarah Guighui (juré)

Sans jamais sombrer dans le pathos ou l'excès de sentimentalisme, Jeffrey Eugenides nous offre une belle histoire d'amour et d'amitié, profonde et sensible, tout en retenu. Notre trio amoureux insensible aux bouleversements, continue sa course folle, entraîné dans les affres de la passion. Le roman du mariage fut ma première découverte de l'auteur (à qui on doit le fameux Virgin suicides). Il ne sera pas la dernier. Un livre que je recommande chaudement, une belle réflexion sur la maladie, un touchant portrait d'une génération perdue et un puissant hymne à l‘amour et à la vie.

23 mai 2014
jeanine marthouret ( membre du jury )

La lecture de ce roman a été un vrai bonheur qui m'a fait revivre toute la période de mes années d'étudiante en Lettres.
L'auteur sait évoquer avec justesse et sensibilité cette ambiance d'étudiants et leur apprentissage progressif de la vie sous toutes ses formes et des échecs qui mènent à être plus réaliste et à renoncer à certaines illusions amoureuses.
Ces jeunes intellectuels de la seconde moitié du XXème siècle, qui lisent Barthes et Derrida, ressemblent à leur auteur qui, comme Madeleine, a suivi une formation littéraire, un cours de sémiologie et a été confronté au conflit entre professeurs adeptes des nouvelles théories françaises et ceux pour qui le divorce rend désormais impossible toute nouvelle Madame Bovary.
Eugénides, comme Mitchell, est parti à la découverte de l'Inde et de ses croyances, sans se laisser happer.
La vérité des personnages, la subtilité de la construction de ce roman, l'humour qui le sous-tend et la parfaite adéquation des dialogues à l'âge et au psychisme des protagonistes en font une fresque ancrée dans une époque, qui traite magistralement de la complexité voire de l'impossibilité intemporelles des relations amoureuses.
Un roman à recommander vivement

22 mai 2014
Carla Lavaste

Dans ce roman maniant la langue avec virtuosité, Jeffrey Eugenides met en scène une éducation sentimentale triangulaire façon XXème siècle. Les trois personnages du roman, Madeleine, Mitchell et Leonard, sont également importants et attachants et le lecteur se laisse captiver par l’histoire de leurs désillusions et de leur apprentissage douloureux de ce que sont la vie et l’amour. Un roman intelligent et sensible, qui se lit avec grand plaisir.

17 mai 2014
Alice MONARD, membre du jury

Ce livre se lit avec plaisir.
C'est l'histoire classique du triangle amoureux : Madeleine, brillante étudiante en littérature, bourgeoise, aime Leonard, moins bien né mais très doué et attirant, souffrant malheureusement depuis des années de troubles maniaco-dépressifs, et Mitchell, étudiant en théolgie gentil et toujours à l'écoute aime Madeleine.
Tout cela se passe dans les années 80 dans une université américaine. Ce qui offre à l'auteur l'occasion d'aborder de façon brillante la littérature, le langage, la théologie, et même les sciences. Ce qui donne des digressions brillantes et intéressantes (peut-être déroutantes mais passionnantes).
Le passage de la vie étudiante à la vie adulte est délicat et chacun cherche sa voie : Mitchell par un voyage en Inde, Madeleine et Leo par une vie de couple difficile face à la maladie.
Le tout est servi par un grand talent de conteur et un style précis, dynamique.
Un bon moment.

16 mai 2014
Chantal Guérinot

J'avoue que d'entrée de jeu, j'ai aimé le début de ce livre avec la description de la bibliothèque de Madeleine. Etant grande lectrice, j'aime les bibliothèques, la mienne mais aussi découvrir celle des autres. Et là, on entre déjà dans l'intimité du personnage en découvrant ses livres. C'est une excellente invitation à poursuivre sa lecture. J'ai beaucoup aimé dans ce livre la relation de Madeleine avec le livre « Fragments d'un discours amoureux ». J'ai aimé toutes les références littéraires et les discussions qu'il y a autour. C'est plutôt un roman de l'amour et non du mariage. C'est toujours compliqué l'amour. Les trois protagonistes de cette histoire sont en construction et se cherchent et aimer à ce moment là vient perturber cette étape qui nous mène à la vie adulte.
Les descriptions de la vie sur un campus américain est intéressante. L'auteur, Jeffrey Eugénides, réussit à bien planter les lieux et nous emmène sans souci à suivre ses personnages. J'ai malgré tout lu une partie en diagonale car c'est parfois long, long... mais cela reste un bon roman.

25 avril 2014
Sylvie Vander Donckt (membre du jury)

Le Roman du mariage, c’est l’histoire d’un classique triangle amoureux, qui commence sur un campus américain et qui se poursuit un temps dans une sorte de période de transition entre la fin des études et l’entrée de plain-pied dans la « vraie vie ».
Années 80, deux hommes, une femme, trois possibilités. Mitchell est amoureux de Madeleine, qui est dingue de Leonard, lequel aime Madeleine. Logiquement, ces deux derniers sont en couple, et Mitchell noie son chagrin en se concentrant sur ses études de théologie et son projet de voyage en Inde.
Mais rien n’est jamais simple. Leonard est très intelligent et très populaire, mais il est maniaco-dépressif depuis des années. Et sa vie de couple s’en ressent, faite de hauts et de bas, comme son moral.
Madeleine, jeune bourgeoise coincée, romantique mais accrochée à ses principes (« je n’épouserai jamais un homme instable »), a compris que la vie n’est pas un roman de Jane Austen et a vu ses certitudes ébranlées, d’abord quand elle a finalement craqué pour Leonard, ensuite quand elle s’est rendue compte que la vie serait peut-être tellement plus simple, sans prises de tête, avec le doux et gentil Mitchell, son confident des moments difficiles. Mais Madeleine se sent investie d’une mission : aider Leo à guérir.
Ravalant sa déception mais gardant l’espoir de conquérir Madeleine, Mitchell part à Calcutta dans les traces de Mère Teresa, en quête d’un idéal spirituel.

Résumé comme ça, ce n’est pas forcément très séduisant. Et pourtant… Difficile de comprendre pourquoi, mais ce roman est captivant. Ce n’est pourtant pas un roman « facile », il fait même parfois dans l’érudition, en tout cas quand on n’est pas familier de Barthes, Deleuze, de la chimie des levures ou des traitements au lithium. Le récit n’est pas chronologique, et les personnages ne sont même pas vraiment attachants, alors c’est sans doute le mélange d’humour, de finesse psychologique, de philosophie, de spiritualité et de culture littéraire qui rend ce roman si intéressant. On pense à Tom Wolfe (en moins hot) pour la description du microcosme universitaire US, et aux Corrections de Jonathan Franzen pour l’analyse fouillée des personnages et de leur quotidien.
Chronique du passage à l’âge adulte, portrait d’une époque et d’une certaine élite intellectuelle américaine, ce roman, plus que du mariage, parle surtout d’amour. Et quand c’est si bien écrit, peu importe que la raison ou les sentiments l’emportent, il ne faut pas s’en priver.

21 avril 2014
bachelot françoise

très beau livre,plein d'émotions
un livre que l'on vit pleinement

19 avril 2014
Christine Kerjosse (jury)

Une femme et deux hommes au cœur du roman que la couverture illustre parfaitement.
Ce trio amoureux est dépeint avec beaucoup de réalisme et de subtilité.
Fresque sociale des années 80 débutant à l'université, là où nos trois héros se rencontrent et débutent leur vie amoureuse.

Madeleine jeune femme issue d'un milieu aisé, tombe sous le charme de Léonard. Mitchell lui tombe amoureux de Madeleine dès qu'il l'aperçoit. Et Léonard ? Pour lui, tout est compliqué : après une enfance malheureuse, il devient dépressif pendant ses études. Malgré son état, il remarque Madeleine et cherche à la conquérir. Tout est bien qui finit bien semble-t-il, mais non finalement, tout se complexifie avec la maladie de Léonard. La suite, je vous laisse la découvrir.

Ce texte est bien écrit et rempli de références littéraires, avec un bémol : l'ensemble du texte est déstructuré, les digressions nombreuses et retours dans le passé sont gênants dans la lecture.
Face à ce livre, je suis donc partagée : au départ, j'ai été emballée par l'histoire et le style de l'écriture puis je me suis ennuyée au cours de la deuxième partie et je me suis même forcée à le terminer.
Des personnages pas assez attachants, des longueurs et la construction du récit qui est déroutante. Un roman qui s'essouffle au bout de 200 pages.
Globalement une déception, surtout face aux critiques dithyrambiques de la presse, je m'attendais a découvrir un chef d'oeuvre.

17 avril 2014
Sandrine (Membre du jury)

Après un coup de cœur inconditionnel pour Middlesex du même auteur, j’espérais beaucoup de ce nouvel opus. Trop sans doute, mais malgré mon enthousiasme légèrement refroidi je reste sous le charme du talent d’Eugenides. Ces trois histoires qui s’entremêlent ne sont jamais « facile », tout en subtilité il nous raconte tout simplement la vie.). Lire ces personnages attachants - bien qu’assez agaçants dans leurs égoïsmes personnels – les voir admettre ces petites déceptions de la vie, devenir amers puis accepter, devenir plus sereins et évoluer et se rendre compte que sous sa plume si humaine la maladie, l’amour, le désir, les angoisses terribles sont tendrement abordées. L’auteur aime ses personnages malgré leurs défauts, du coup la lectrice que je suis aime ce roman de la même façon.

16 avril 2014
Christiane Capelle (membre du jury)

Au départ, une fille, deux garçons, une histoire banale mais prometteuse de trio amoureux.
Dommage que cette histoire soit complètement diluée dans des considérations que j'ai trouvées totalement inintéressantes dans ce contexte.
Dans la première partie on est plongé dans la vie d'une université américaine: sororité, fraternité, cours de littérature, coucheries, sous une avalanche de références. Quand on a lu une de ces histoires dans ce milieu universitaire, on les a toutes lues.
Dans la 2ème partie, c'est une longue réflexion sur la religion, démonstration théologiques, engagement humanitaire qui n'apportent rien à l'histoire.
Enfin dans la 3ème partie, c'est le médical qui tient toute la place.
Tout au long de ces pages je me suis ennuyée, j'ai failli renoncer plusieurs fois. C'est dommage car l'histoire d'amour en elle-même est originale, intéressante par la psychologie des personnages,la façon de raconter les événements et la fin qui démontre que ce n'est pas un roman à l'eau de roses.

13 avril 2014
Corinne Mathieu

"Qui utilisait encore le mariage comme ressort narratif ? Personne" affirme le professeur Saunders dans son cours déserté et ringardisé portant sur "le roman du mariage : oeuvres choisies d'Austen, d'Eliot et de James".
Personne ? Si. Il y a Jeffrey Eugenides qui envoie valser le nouveau roman et ses théories fumeuses pour nous proposer un grand roman classique, psychologique, réaliste et élégant. Rendant hommage aux grands romanciers du XIXème siècle, l'auteur de Virgin Suicides nous embarque dans une Education Sentimentale du XXème siècle où les personnages doivent se libérer de nouveaux carcans pour affirmer la liberté de leurs choix.
Alors, ringard le roman matrimonial ? Il n'a jamais été autant d'actualité !

4 avril 2014
Marion (Jury)

Un petit bijou d'humour et de finesse ! J'ai beaucoup aimé cette éducation sentimentale douce et grave !

18 mars 2014
Michèle Finance (membre du jury)

C’est un roman d’initiation à l’amour, les personnages y apprennent à déchiffrer le monde entre la fin des études et l'entrée dans l'âge adulte. Leur grille de lecture étant les livres qu’ils ont lus et les auteurs qu’ils ont aimés ou détestés. Mais, il y a les romans et il y a la vie ! On se pose alors cette question évidente : comment les romans agissent-t-ils sur nos vies ? Jeffrey Eugenides dresse le portrait de ses trois personnages et leurs intimes obsessions, explorant toutes les nuances des sentiments et des émotions. Le roman démarre avec lenteur mais l’humour bien présent incite à faire preuve d’une certaine patience et tant mieux. Le roman prend fin quand les trois personnages sont entrés dans l'âge adulte, déniaisés, peut-être éloignés désormais de leurs rêves sentimentaux, de leur idée de l’amour, de certaines images romanesques trompeuses. Le roman du mariage est une comédie dramatique, un triangle amoureux finalement assez classique et le portrait d’une génération. Triste amer et peut-être sans surprise, mais tellement vrai.

17 mars 2014
moulin

Etats-Unis début des années 80 université de Brown. Madeleine étudiante en littérature, sage et presque effacée tombe amoureuse de Leonard qui participe à l'un des cours qu'elle suit. Lui est dans une voie scientifique en biologie. Madeleine admiratrice de Jane Austen participe à des cours où les étudiants se gargarisent de Barthes (ou boivent littéralement les paroles du professeur) et confrontent points de vue. Et il y a Mitchell attiré par la théologie. Un trop gentil garçon à qui Madeleine a laissé croire des sentiments.
Trois personnages différents qui à l'université découvrent l'indépendance, l'amour, le sexe et les déceptions avec une responsabilité sur les épaules : quid de leur avenir ?
Si Madeleine tergiverse sur la poursuite de ses études, Mitchell part en Inde et en Europe voyager durant une année avec un ami et Madeleine s'installe avec Leonard. Mais Leonard est malade, maniaco-dépressif et le jeune couple ne connaît pas un bonheur parfait. Loin de là. Dévouée à son mari, Madeleine repousse à plus tard sa poursuite professionnelle. Malgré son admission dans un laboratoire réputé de recherches, Leonard a changé : conséquences du traitement au lithium. Et pendant ce temps en Inde Mitchell n'oublie pas Madeleine.

Ce livre débute avec un certain humour et un style entraînant, truffé de références littéraires et décrivant les personnalités de nos trois personnages et leurs origines. A mesure des pages et de la maladie de Leonard, la légèreté est oubliée. Chacun d'entre eux est face à des choix lourds de conséquences pour le futur.
Roman sur la passage à l'âge adulte et des responsabilités, la psychologie est creusée et Jeffrey Eugenides cerne parfaitement une époque. Seul petit bémol : j'ai trouvé que la fin était trop vite amenée... Il n'en demeure pas moins que ce ce livre possède tous les ingrédients que j'aime !

 

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