Rêves oubliés de Léonor de Récondo

6,5€ // 192 pages
Paru le 29/08/2013
EAN : 9782757834350

Rêves oubliés

Léonor de Récondo

Littérature

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À l’ombre des pins, ils ont oublié le bruit de la guerre et la douleur de l’exil. Dans cette ferme au cœur des Landes, Aïta, Ama et leurs trois enfants ont reconstruit le bonheur. Dans son journal, Ama raconte leur quotidien, l’amour, la nécessité de s’émerveiller des choses simples et de vivre au présent. Même dans la fuite, même dans la peur, une devise : être ensemble, c’est tout ce qui compte.


Née en 1976, Léonor de Récondo est violoniste et écrivain. Elle se produit avec de nombreuses formations et enregistre des CD et DVD. Elle est l’auteur de La Grâce du cyprèsblanc et de Pietra viva.


« Rêves oubliés déborde d’un amour pudique et de cette paix qui surgit quand on accepte de ne plus nager à contre-courant. »

ELLE

Tous les titres du même auteur
 

Commentaires

5 mai 2014
Vanille LN (membre Jury)

Été 1936. Le Pays basque tombe aux mains des franquistes. La famille d'Aïta, d'Ama et de leurs trois fils jusqu'alors heureuse et sereine, se retrouve plongée, brutalement, dans la tourmente de la guerre. Parce que les frères d'Ama sont des activistes républicains, toute la famille est menacée d'arrestation. "Pourquoi les idées sont-elles si dangereuses ?" Prévenus du danger, ils ont le temps de fuir Irún, de passer la frontière et de s'installer provisoirement chez une amie, Mademoiselle Eglantine, à Hendaye, où Aïta les rejoint. Assez rapidement, il faut se rendre à l'évidence, le provisoire se mue en définitif, le dictateur a pris le pouvoir, il faut "organiser une nouvelle vie ici". S'habituer - et c'est parfois bien difficile - à un nouveau pays, un nouveau métier, une nouvelle langue. "C'est aussi ça, l'exil. Ne pas savoir dire, ne pas être là où nous devrions. Et, à chaque instant, avaler cette honte indigeste qui nous brûle le ventre." Les enfants s'adaptent un peu plus facilement, les enfants sont faits pour jouer, même si la gravité et l'inquiétude les gagnent aussi, parfois. Aïta recommence à modeler l'argile ; il fait un bol, très simple, très sobre qui n'est "pas un bol pour boire mais un récipient à rêves, où ce ne sont pas les lèvres qui se posent mais les yeux qui se perdent"... Ils semblent tellement loin, leurs rêves, tellement inaccessibles désormais.

1939 : Barcelone vient de tomber, la guerre est finie en Espagne. "Nous sommes ici depuis de si nombreux mois et je réalise seulement au soir de cette triste journée que nous avons vécu uniquement dans l'espoir du retour. Ce rêve a lentement embrumé nos esprits, et maintenant la réalité nous frappe de plein fouet, fermant brutalement les frontières. Tant que le dictateur sera au pouvoir, nous ne pourrons pas revenir, nous le savons. Je ressens une blessure vive, une blessure de chair indescriptible, l'amour d'une terre, de ses odeurs, de ses rires, de sa langue que je perds irrémédiablement. J'y laisse mon insouciance, une légèreté de l'âme qui depuis trois ans s'est plombée de silences et de faux espoirs." écrit Ama dans l'un de ses carnets."J'abandonne une partie de moi-même là-bas, au pays des orangers, j'y laisse mes rêves et je prie pour que nous restions unis, en vie. Toujours libres."

Devinant "que la situation générale de l'Europe se transforme, qu'elle ressemble de plus en plus à un monstre endormi", Aïta décide de se faire embaucher à l'usine, pour protéger sa femme et ses enfants. Mais en avril, les oncles sont arrêtés. Puis ce sont les cousins, quelques semaines plus tard. En septembre, la guerre entre la France et l'Allemagne est déclarée. Il faut à nouveau partir, quitter Hendaye pour une ferme dans les Landes, "faire le deuil de ce monde d'avant", une fois encore. Tenter de s'adapter, de s'intégrer, d'organiser une nouvelle vie, malgré les difficultés et la guerre, les soldats allemands et le danger qui rôdent. "La guerre, c'est cela : la haine, les cris, l'incompréhension, la peur, la mort. [...] La guerre, c'est aussi cela : l'imaginaire d'un enfant qui passe de la lumière à l'ombre" car il devient de plus en plus difficile de préserver les trois garçons.

Mais "être ensemble, c'est tout ce qui compte." Cette phrase parcourt le récit et devient la devise de la famille, leur raison de vivre, parce que les liens familiaux sont tout ce qui leur reste de leur vie passée, parce que rester unis leur donne la force de tenir, leur permet d'offrir la vie la plus décente possible à leurs enfants. Des enfants qui ressentent les inquiétudes des adultes et qui vivent cet exil chacun à leur manière, selon leur âge, selon leur caractère, comme une opportunité, une liberté ou une contrainte. Ils se lancent, bien obligés, dans cette nouvelle aventure de vie, apprennent une nouvelle langue, découvrent une nouvelle région.

Mais ce récit familial dévoile aussi une histoire d'amour, entre Aïta et Ama, un amour indéfectible, absolu, tendre, inébranlable qui les unit et permet à la famille de tenir, de survivre. "Aïta aime Ama de la même manière, sans l'ombre d'un raisonnement. Il l'aime, c'est tout. Il ne s'est pas demandé pourquoi ils avaient fui. Il a à peine ressenti l'injustice d'avoir tout laissé. Il aime cette femme de tout son corps, de toute sa pensée. Sa vie est là, près d'elle."

1941 : Ama cesse d'écrire dans son carnet. "Je ne veux plus de trace, plus rien de tangible. Que s'efface cette mémoire d'encre. [...] J'ai compris, j'accepte maintenant que nos jours soient incertains. J'accepte aussi ce qu'ils recèlent d'inavouable et d'effrayant. Combien de temps serons-nous encore ensemble, vivants, aimants ? J'enferme ce point d'interrogation, je le placarde d'encre. Je laisse le silence de sa réponse s'exiler dans mon cœur et lentement irriguer mes veines."

Entre le récit à distance et les extraits du carnet d'Ama, dans lequel elle livre ses pensées et ses sentiments les plus intimes, les plus secrets, Léonor de Récondo nous emporte avec cette famille sur les routes de l'exil, nous fait vivre au milieu d'eux, sans aucun pathos, malgré la fragilité de leur existence, la menace diffuse, permanente, oppressante qui pèse. Pas de plainte, pas de révolte, pas de larmes de la part de ces personnages pleins de dignité, de courage, d'un fatalisme qui n'est pas de la lâcheté mais bien au contraire une acceptation nécessaire, pour tenir, pour avancer, pour vivre. "L'exil leur impose aussi d'accepter les choix des autres sans condition, leur amour étant le seul bien qu'il leur reste." Quand on a tout perdu reste l'essentiel : "l'amour et la confiance qui nous lient les uns aux autres".

Avec cette écriture à la fois poétique, musicale et forte dont elle a le secret, son style pudique, sensible, nuancé et délicat, Léonor de Récondo se réapproprie l'histoire de sa famille - son père a fui l'Espagne en 1936 - et nous invite à les rencontrer, à les suivre, à trembler, à vibrer, à rire, à pleurer avec eux. À espérer encore et encore. Et à se redire ces mots, toujours : "être ensemble, c'est tout ce qui compte."

6 avril 2014
Brigitte MAILLOCHON

Un petit livre choc. Une magnifique histoire d'amour percutée par l'absurde.
Une histoire qui se lit en une fois, comme la vie de cette famille déracinée mais unie par l'amour indéfectible qui les lie et leur donne cette force incroyable pour affronter et survivre à l'incompréhensible cruauté humaine.
Malgré le contexte historique atroce, si la guerre est omniprésente dans et entre les lignes, il y a un silence incroyable dans ce roman.
Anna écrit, elle ne pense pas quand le monde se tait, elle a fait le deuil de ses rêves, de sa vie passée, de celle qu'elle aurait du avoir.
L' écriture est belle, simple, calme, sensible, intime. Et ce roman me poursuit...

4 avril 2014
Marion (Jury)

Il y a un certain souffle dans l'écriture de Leonor Recondo mais la narration manque de chair et de profondeur à mon goût.

2 avril 2014
Françoise Maurel ( membre du jury)

Bien sûr que ce livre de Léonor De Recondo est généreux, et doux, et intéressant. Bien sûr que ces « rêves oubliés » permettent au lecteur de se souvenir de ces horreurs commises par les franquistes lors de la dernière guerre en Espagne et que ce roman est donc un utile témoignage historique. Mais tout cela n’arrive cependant pas à faire un bon roman …
L’écriture de cet ouvrage est correcte mais sans aucune originalité ni prise de risque. Le couple de parents est si totalement idéalisé ( amour, amour et amour toujours) qu’il en devient irréel . Les enfants , eux, sont mieux dépeints , avec leurs angoisses, leurs questionnements, leurs colères .
C’est donc une jolie histoire que ces « rêves oubliés » , oui , mais cela ne suffit pas pour passionner . Son auteur , Leonor de Recondo , est violoniste : elle sait bien que tous les musiciens n’écrivent pas des symphonies …

21 mars 2014
stéphanie Camous

Une famille espagnole contrainte à l'exil. Une nouvelle vie en France avoir sans cesse l'espoir de retour. Puis la résignation, la guerre, l'espoir perdu. Une histoire familiale très touchante.Une lecture agréable mais le récit me semble trop court et ne permet que d'effleurer tous les thèmes qui sont abordés. C'est ce manque de profondeur qui ne m'a peut être pas permis d'avoir de l'empathie pour les personnages contrairement au début de l'histoire où je stressais et espérais la fuite de l'Espagne. L'histoire des oncles, l'amour de l'oncle, les enfants et l'école, les guerres, l'écriture du journal, tout mériterait d'être développé, comme la fin, épilogue trop rapide.

20 mars 2014
Manon Lisait (membre du jury)

1936, une famille basque républicaine est déchirée et déracinée. Elle se cache dans le sud de la France à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, et tente de réinventer sa vie. Ama, la mère de famille, se lance timidement dans l’écriture pour ne pas oublier. Son mari, Aïta, fait tout pour les rendre heureux elle et leurs trois enfants. Accompagnés de cousins, de frères, de grands-parents, puis ensuite de nombreux rebelles républicains, ils reconstruisent leur vie loin du luxe auquel ils sont habitués.
Rêves oubliés est un tout petit roman qui se lit très vite, un mini carnet de vie sans sentimentalisme et sans superflu, mais il pèche certainement beaucoup de sa simplicité. On croirait presque entrer dans l’album de famille de parfaits inconnus, aux moments les plus désagréables pour eux. Il n’est pas aisé de décrire la douleur, et l’auteur fait montre de beaucoup de pudeur et de respect, mais il nous manque justement ce petit plus qui va créer un réel lien avec le lecteur.
Ce carnet à plusieurs voix a plusieurs dimensions, plusieurs sensibilités, et s'enrichit au fur et à mesure que les personnages évoluent et grandissent. Il ne lui manque pas grand-chose pour être réellement attachant.

3 mars 2014
Juliette Boussais-Massuyeau

La grande histoire permet d'aborder une histoire d'amour, un quotidien, celui d'une famille d'expatriés espagnols qui au coeur des Landes vont essayer de se reconstruire loin du bruit de la guerre. On suit cette reconstruction à travers les mots d'Ama principalement. Ama qui raconte son époux Aïta et ses trois fils sans oublier les oncles et parents. Il ne s'agit toutefois pas d'une fresque familial mais bien d'un roman intimiste où le quotidien s'affiche avec une certaine poésie tant toute sa dureté et brutalité.

27 février 2014
Sarah Guighui

Un roman court et sensible sur le déchirement de l'exil et la difficile reconstruction d'un chez soi. L'écriture de Léonor de Recondo, tout en finesse et nuance nous dresse le portrait touchant de cette famille basque espagnole obligée de tout quitter pour survivre. Un beau roman.

12 février 2014
Michèle Finance

Un beau texte qui parle de l'exil et de la famille, de la difficulté à vivre en toute sérénité un bonheur simple alors que l'Histoire déroule ses pages funestes. Un style pur et de qualité qui touche et laisse son empreinte.

12 février 2014
Chantal Guérinot

Léonor de Récondo nous livre ici un roman sur l'exil, sa douleur et l'attente du retour au pays qui se prolonge.
Cet exil nous est raconté à travers plusieurs voix : Ama, la mère, Aïta, le père et les enfants Otzan, Iduri et Zantzu.
Chacun à sa façon vit cet exil : Zantzu en allant vers le savoir et en gardant la mémoire et l'esprit en éveil, Iduri par le dessin, Ama par son journal qu'elle écrit chaque nuit dans la cuisine en pensant à sa vie d'avant et de la tristesse qu'elle ressent, Aïta en ayant le souci de faire vivre sa famille au mieux.

Au début du livre, on rentre de plein pied dans l'histoire de cette famille et on situe peu à peu le lieu, le moment de cette histoire.
L'auteur, par son style d'écriture nous montre les divers questionnements, l'attachement ou non au pays d'accueil, l'espoir du retour qui se fige et fige aussi le temps.
L'écriture saisit tous ces instants et questionnements.
C'est un beau roman et une belle écriture à découvrir !

11 février 2014
Carla Lavaste

Dans Rêves oubliés, Léonor de Récondo nous raconte tout à la fois une histoire de déracinement et d’exil et celle de l’amour qui unit Ama et Aïta et ce couple à leurs trois enfants. Si le contexte historique – la guerre civile espagnole puis le début de la Seconde Guerre mondiale– sert de toile de fond et de prétexte à l’histoire de cette famille, rien ou presque cependant ne nous est dit à son propos. Certes, ce n’est pas le sujet du livre mais je suis restée un peu perplexe dès le début puisque l’on nous fait comprendre que la famille, par ailleurs aisée, fuit face aux franquistes alors que par ailleurs Aïta, l’amour d’Ama, est accusé par des hommes (à priori, des Républicains) d’être « un vendu, un directeur, un bourreau d’ouvriers ». L’histoire, essentiellement narrée par Ama, se déroule ensuite en quelque sorte paisiblement, semblable à un fleuve tranquille, avec quelques moments forts, dont un, la rencontre d’Ama avec le soldat allemand dans le champ, totalement improbable. L’écriture est plaisante, toute en douceur, avec de beaux passages mais aussi, malheureusement, quelques accès de mièvrerie (oui, ces deux êtres s’aiment, nous l’avons bien compris). Quant à la fin du roman, elle tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, comme si l’auteur, ne sachant plus comment poursuivre son histoire, ou ayant le sentiment d’avoir tout dit, avait usé d’un artifice un peu facile à mon sens pour clore son histoire. C’est dommage.

9 février 2014
Sandra Gaspardino (membre du jury)

1936, l’Espagne, la Guerre. L’Exil. Une famille unie dressée en rempart contre la guerre.
« Etre ensemble, c’est tout ce qui compte », les personnages sont un et tout à la fois. Ils ont la beauté, la sagesse et la force d’une famille unie.
Ce livre est écrit comme une partition de musique . Léonor de Récondo choisit chacun de ses mots pour qu’il sonne juste. La guerre est là mais l’auteur la tient à distance avec pudeur et dignité comme le fait Ama en écrivant en secret ses peurs et ses rêves oubliés.
Ce livre est pour moi un hommage à tous ceux qui ont résisté, quelle qu’en soit la façon mais toujours avec dignité.

5 février 2014
Sandrine

Je suis assez frustrée par cette lecture, j'aurais tant aimé une histoire plus en profondeur, moins effleuré car elle a un vrai potentiel "saga".
C'est une très belle écriture mais il me manque cette émotion particulière qui me donne envie de tourner la page et de vibrer avec les personnages ...

3 février 2014
Marie d'Eshougues (membre du jury)

Lui, c'est Aïta. Avec sa femme, Ama, leurs enfants, les grands parents, les oncles, ils doivent quitter leur maison, leur histoire espagnole, pour aller en construire une autre, en France, pendant la guerre. La vie réelle, racontée à la troisième personne, répond à la vie écrite par Ama. Le ton est juste, jamais larmoyant. L'histoire se lit facilement mais j'ai eu du mal à ressentir de l'empathie pour les personnages. J'ai eu l'impression de regarder un documentaire en caméra cachée sans parvenir à comprendre quels étaient les sentiments des protagonistes. Cela reste néanmoins une belle histoire d'amour entre un couple, une famille ordinaire dans une situation extraordinaire.

2 février 2014
Victoria Buffet

Un roman qui se lit d’une bouchée. Je suis tombé sous le charme de ce roman.
Des souvenirs liés à autrefois, à la vie précèdent un exil qui a contraint toute une famille à déménager pour fuir la guerre. C’est l’histoire d’une famille, de la joie d’être ensemble, de l’amour d’un mari pour sa femme et sa famille. Un sujet sensible qui fait allusion aux problèmes entre les hommes au-delà des frontières. Un livre qui recense les illusions et désillusions d’une famille et qui nous interroge sur nos vraies valeurs. Traité avec une sensibilité et une tendresse infinie, ce livre m’a beaucoup touché. Je l’ai conseillé à mes proches et, à présent, à vous aussi.

2 février 2014
Dominique Alix

[membre du jury du prix 2014]
Eté 36, c’est le début de l’exode des Basques Républicains vers la France. Cet exode devient pour la famille de Aïta et Ama un long exil douloureux. Dans ce livre, l’engagement politique est à peine ébauché, en arrière-plan, à travers les activités mystérieuses des oncles. Tout comme l’accueil que l’Etat français réserve à ces familles. Tout est sous-entendu, bien présent et inexplicable pour les enfants, qui vivent ces bouleversements comme s’ils en étaient les responsables.
Chaque membre de la famille a son refuge, son exutoire à trop de souffrance. Pour Aïta, c’est le contact physique avec la terre qui lui fait oublier sa vie d’avant. Ama, sa femme, consigne émotions et silences dans un petit carnet. Les enfants, Otzan et Iduri, prennent leur revanche sur la réalité, l’un en la caricaturant, l’autre en racontant des histoires.
Mais c’est avant tout l’amour qui leur donne la force de réapprendre à vivre. L’amour qui est comme les chandails de la grand mère, tricoté en “mailles chaleureuses et serrées”.
Ce livre est un livre d’images, poétique et métaphorique, une magnifique leçon de vie. Si je pouvais interviewer Leonor de Recondo, je lui demanderais si une part de son histoire familiale ne réside pas dans ce livre, tant elle a su rendre palpable cette histoire d’exil et d’adaptation, de petites joies et de grandes hontes.

1 février 2014
Corinne Mathieu

Discret,fragile, gracile, éminemment poétique, peignant l'essentiel de ce qui donne du prix à la vie, on trouve dans ce récit sur l'exil et la perte, tout ce qui fait la beauté d'un haïku.

1 février 2014
Michèle

Un beau travail d'écriture qui met en lumière une histoire touchante en lui donnant force et émotion sans rien de larmoyant. Les sentiments des personnages sont décrits avec pudeur et finesse. C'est l'exil qui nous interpelle, bien entendu, mais également le sens du partage et le bonheur d'apporter sa petite contribution à la vie en faisant naître un sourire sur le visage d'un enfant.

27 janvier 2014
Sylvie Vander Donckt (membre du jury)

La Bidassoa est un petit fleuve côtier qui marque la frontière entre l’Espagne et la France, s’écoulant dans le pays basque quelque part entre Irun et Hendaye. Quand j’étais petite, dans les années 80, sa traversée du nord vers le sud était synonyme de trois semaines de vacances en Espagne, dans la famille de ma maman. Elle signifiait soleil, insouciance et légèreté.
Rien de commun avec ce qu’ont vécu Ama et sa famille, ou leurs semblables, 50 ans plus tôt.

Espagne, 1936. Les franquistes arrivent au pouvoir, c’est la guerre civile. Ama, Aïta et leurs trois fils ont quitté leur pays, traversé la frontière pour se réfugier dans un exil qu’ils espèrent temporaire. Ils ont abandonné le confort et la sécurité de leur vie quotidienne pour se retrouver dans le dénuement, obligés de réapprendre la vie dans l’incertitude des lendemains qui ne chanteront sans doute pas. Une seule chose est indestructible dans cet univers devenu chaotique : l’amour que se vouent Ama et Aïta. Un amour profond, pur, intense, pudique, lumineux, qui leur permet de résister à toutes les épreuves.
Le récit est ponctué d’extraits du carnet intime d’Ama, des phrases qu’elle écrit au gré des circonstances. L’une d’elle revient souvent : « être ensemble, c’est tout ce qui compte ». Et dans le « ensemble », il y a les trois enfants, encore plus attachants que leurs parents. On les observe qui tâtonnent, chacun à sa manière, pour s’adapter à leur nouvelle vie, en essayant de dissimuler le traumatisme de l’exil sous des apparences d’insouciance et de légèreté. Et on ne s’inquiète pas trop pour eux, tant on est frappé par leur capacité de résilience, une sorte d’instinct de survie qui les pousse envers et contre tout à grandir en sauvegardant l’essentiel : l’espoir.

Ce roman a la pureté du cristal, la douceur d’une caresse. Tout en retenue, il raconte, dans un contexte terrible, un amour tellement solaire qu’il parvient à atténuer la douleur de la perte des racines et des rêves.
Que dire de plus sinon que tout ceci ne serait rien sans le talent de l’auteur, qui nous fait cadeau d’une écriture aérienne et délicate, touchée par la grâce, qui parle au cœur.

26 janvier 2014
Francoise MOULIN

"Etre ensemble, c'est tout ce qui compte" voilà ce qui importe à Aïta quand il découvre que son épouse Ama et leurs trois fils, les grands-parents ont fui le Pays Basque afin d'échapper aux soldats franquistes. Ils ont trouvé refuge à Hendaye chez Mademoiselle Églantine où Aïta les rejoint. Ils n'y restent que quelques courtes années car l'ombre de Seconde Guerre mondiale plane. Aïta est convaincu qu'il faut laisser encore plus de distance avec l'Espagne et tous partent dans les Landes.

De 1936 à 1949, nous suivons cette famille contrainte à l'exil. Ce dernier est vécu différemment par chacun des membres de la famille que ce soit Aïta, Ama , les grands-parents ou les enfants. La vie aisée est derrière eux, Aïta travaille comme ouvrier dans une usine d'armement. Certains des oncles arrêtés en Espagne sont revenus et continuent la lutte de façon clandestine. A Hendaye, Ama a commencé à coucher des mots dans un carnet. Ce qu'ils vivent, ses ressentis mais aussi ses joies et ses peines. Si le seul revenu pour toute la famille est gagné par son mari, ce sont sur ses épaules que repose le fonctionnement du quotidien. Afficher toujours un sourire surtout devant les enfants et laisser les doutes, la tristesse emmurée prendre forme par écrit.

Le récit alterne les extraits du carnet intime d'Ama et l'histoire de la famille. Les difficultés, l'abandon de la terre d'origine, la souffrance, l'intégration, l'adversité et la guerre mais aussi les joies sont ainsi racontés par touches très sensibles.

L'écriture de Léonor de Récondo est une palette de poésie et de sensibilité et ce roman sur l'exil m'a touchée. Mais la pudeur qui se dégage de ce roman fait barrage à des émotions plus fortes et plus denses. Et paradoxalement, elle laisse place à un sentiment avoisinant une sorte de douceur...
Une jolie découverte malgré ce bémol !

24 janvier 2014
Alexandra - jurée

Cette écriture est pure, délicate, forte pourtant des déchirures de l'Histoire. Léonor de Recondo écrit avec fluidité les à-coups familiaux et intimes des exilés basques espagnols échappant à la dictature de Franco. Tellement proche de nous... mais aux leçons déjà si éloignées de notre présent, où l'histoire se répète à travers le monde. Le grand récit de l'exil c'est le récit tout court de chaqué exilé, et ces Rêves oubliés résonnent comme un songe que l'auteur nous fabrique avec une écriture belle et poétique.

18 janvier 2014
Victoria Buffet

Un roman qui se lit d’une bouchée. Je suis tombée sous le charme de ce roman.
Des souvenirs liés à autrefois, à la vie précèdent un exil qui a contraint toute une famille à déménager pour fuir la guerre. C’est l’histoire d’une famille, de la joie d’être ensemble, de l’amour d’un mari pour sa femme et sa famille. Un sujet sensible qui fait allusion aux problèmes entre les hommes au-delà des frontières. Un livre qui recense les illusions et désillusions d’une famille et qui nous interroge sur nos vraies valeurs. Traitée avec une sensibilité et une tendresse infinie, cette histoire m’a beaucoup touchée. Je l’ai conseillée à mes proches et, à présent, à vous aussi.

17 janvier 2014
Alice MONARD, jurée

C'est l'histoire de l'exil : Aïta, Ama et leurs trois enfants fuient l'Espagne de Franco et sont hébergés à Hendaye par une directrice d'école. Vivre en terre étrangère n'est pas facile, Ama s'accroche à sa plume, note les instants posés les uns à côté des autres dans son petit carnet. La vie s'organise, les enfants apprennent le français, Aïta fait de la poterie à la cave, créant des bols à rêves, des coupes à nostalgie. Puis on leur propose une ferme et un terrain, Aïta s'investit totalement dans son travail de la terre. La vie est dure mais les moments précieux l'illuminent : un repas qu'on partage, un tango, un enfant somnanbule qui va entourer de ses bras l'arbre à la chouette. C'est un livre très fort sur le déracinement, l'exil, la guerre, la vie malgré tout. C'est aussi la force d'être ensemble, les joies du partage : "être ensemble, c'est tout ce qui compte". Un petit livre qui nous met le coeur au chaud.

14 janvier 2014
Delphine Lahary

En 1936, Aïta rejoint sa femme Ama, et ses enfants à Irun ; l’Espagne est en pleine guerre civile. C’est ensuite à Hendaye qu’il faut fuir les franquistes, s’exiler, les frères d’Ama menant des activités clandestines. L’important pour Aïta est de rester tous ensemble. Puis c’est 1939, la France est elle aussi en guerre… Aïta trouve du travail dans une usine d’armement mais dépérit. Quand son patron lui propose d’être métayer dans les Landes, de travailler la terre, il accepte, et part avec toute sa famille. Les oncles aussi, retenus un temps dans un camp de prisonniers, les rejoignent. Les chapitres font alterner la voix du narrateur et la voix d’Ama qui tient son journal intime et qui raconte leur quotidien, les moments de joie, d’autres plus douloureux. C’est la voix de la nostalgie, qui exprime les angoisses, les incertitudes quant à l’avenir : faut-il s’ancrer enfin ou se dire que le retour est possible ? Le style est très sobre, épuré, tout en retenue ; les personnages sont touchants, leurs sentiments sont évoqués avec beaucoup de pudeur. J’ai beaucoup aimé !

14 janvier 2014
Julie Marcil

L'auteure Léonor de Récondo raconte ces rêves oubliés par petites touches. On s'immisce dans la vie de cette famille comme un oiseau qui espionne à la fenêtre et, de temps en temps, se penche par-dessus l'épaule de la courageuse héroïne pour voler des bribes de son journal intime.

Les grands et petits drames se vivent de la même façon, ancrés dans un présent sans fioritures, et dont on goûte chaque instant parce qu'on ne sait pas de quoi le futur sera fait. Et parce que si le passé laisse des traces, on ne peut s'accorder le luxe de s'y complaire.
http://www.juliemarcil.com/reves-oublies-de-leonor-de-recondo/

13 janvier 2014
RADMACHER

"Rêves oubliés" est un très joli roman où la mélancolie teinte chaque page.
Léonor de Récondo, ne raconte pas une histoire mais peint différents tableaux qui décrivent la difficultés de l'exil : la fuite, l'installation dans un nouveau pays, la douloureuse prise de repaires dans un environnement qui ne sera jamais tout à fait leur et l'acceptation d'un impossible retour.
Les images suggérées, hantent longtemps le lecteur car l'apparente douceur avec laquelle sont évoquées toutes les scènes sont imprégnées d'une violence larvée indélébile.

11 janvier 2014
Christiane Capelle

Beau roman nostalgique sur l'exil forcé.Une famille espagnole basque fuit la dictature et se réfugie non loin de la frontière avec l'espoir d'un retour proche.
Il faut vivre avec la peur, la nostalgie de la terre natale si proche mais inaccessible, avec le souvenir d'odeurs, de paysages, de qualité de vie bien meilleure, de moments de bonheur perdus. Il faut accepter de changer de vie. Petit à petit, à travers les anecdotes du quotidien et les sentiments qu'Ama confie à son journal, il y a acceptation. Accepter de vivre une autre vie, de s'attacher aux choses avec ce sentiment toujours présent de perte irrémédiable.
Grâce à l'amour des uns envers les autres, ce ciment familial, ce non-renoncement à une vie meilleure, même si les rêves sont oubliés le bonheur est recpnstruit car pour cette famille unie "être ensemble c'est tout ce qui compte".

9 janvier 2014
Christine Kerjosse

Un coup de cœur ce roman.
J'ai découvert cet auteur avec "Pietra Viva" et je suis tombée sous le charme.
Les ingrédients de ce roman : une histoire touchante, une écriture fluide, des personnages attachants et contexte historique méconnu.
Un bijou a découvrir !

7 janvier 2014
Nathalie

Premier roman de la sélection et déjà un très bon moment...
Voici le billet que j'ai publié sur mon blog Fais-moi les poches ! (http://fais-moilespoches.hautetfort.com/)
Emprunter le pont sur la Bidassoa entre Irun et Hendaye, l'Espagne et la France, n'a pas toujours été une simple promenade. Ama, dans ce roman, a traversé ce pont en retenant son souffle, fuyant avec sa famille l'Espagne qui continuait inexorablement sa marche vers la dictature, chassant par la terreur les mauvais sujets. Il a fallu avoir l'air de juste partir pique-niquer. Pas de bagage. Quelques colliers dissimulés sous un col montant en gage de livret d'épargne. Et la peur au ventre. Aïta, le patriarche, est resté en Espagne. Il lui faudra à son tour détourner l'attention en achetant son billet de train vers la liberté et rejoindre les siens.

Et une fois la frontière passée, s'installer dans l'exil, quelque part dans une ferme landaise. Accepter d'apercevoir au loin sa terre, sans pouvoir y retourner. Accepter la fatalité d'un déclassement social, quand un des enfants ne peut fréquenter l'école faute de bicyclette pour s'y rendre, quand les mains blanches d'Ama se couvrent de gerçures sous l'effet des tâches ménagères, quand Aïta devient métayer après avoir été chef d'entreprise en Espagne. Vivre avec la peur, la nostalgie, le sentiment d'injustice.

Leonor de Récondo fait alterner avec équilibre les passages narratifs et le cahier écrit par Ama. On s'aperçoit ainsi petit à petit que les choses peuvent se vivre et se taire, se muer en invisibilité. Car l'intime a peu droit de cité quand toute une famille doit parer au plus urgent. Les douleurs d'une femme ne peuvent s'exprimer, surtout quand elle a la responsabilité immense de fédérer toute une famille.

Léonor de Recondo réalise une fresque touchante, historique et intime, où l'exil joue finalement le rôle principal.

27 décembre 2013
marthouret

"Rêves oubliés" est un très beau roman sur les thèmes de l'amour,de la générosité et de l'exil, dans l'harmonie de la poésie des choses simples, en symbiose avec la nature. L'écriture ferme et poétique de Léonor de Recondo orchestre cette symphonie où la profondeur des émotions et sentiments tout en retenue est suggérée par celle des correspondances en images. Un vrai bijou.

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