Les Réputations de Juan Gabriel Vásquez

6,5€ // 192 pages
Paru le 24/09/2015
EAN : 9782757855003

Les Réputations

Juan Gabriel Vásquez

Littérature

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Célèbre caricaturiste politique colombien, pouvant renverser un député ou abroger une loi, avec pour seules armes du papier et de l’encre de Chine, Javier Mallarino est une légende vivante. Quand une interview le ramène vingt-huit ans en arrière, à une soirée marquée par la mort suspecte d’un député, Javier est conduit à faire son examen de conscience et à reconsidérer sa place dans la société.



Juan Gabriel Vásquez est né à Bogotá en 1973. Ses romans Histoire secrète du Costaguana et Le bruit des choses qui tombent sont également disponibles en Points.



« Un très beau roman sur le pouvoir des médias et ses conséquences imprévisibles. »

Télérama



Traduit de l'espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon


Tous les titres du même auteur
 

Commentaires

15 juin 2016
Isabelle Parmentier

Javier Mallarino est depuis 40 ans le caricaturiste politique du plus important quotidien en Colombie.
Autorité morale pour certains, ennemi public pour d’autres, il s’apprête à recevoir un hommage officiel pour l’ensemble de sa carrière. Il n’est pas dupe de cette reconnaissance politique, mais il l’accepte.
Au fil du temps en effet, Mallarino s’est peu à peu complu dans ce pouvoir qu’il a sur les autres, sur ceux qu’il humilie par ses dessins. Et même s’il sait au fond de lui ne pas mériter ce pouvoir, une part de lui jubile et s’en nourrit.
Tout cela a un prix, bien sûr. Agressivité à son égard, amis qui lui tournent le dos, menaces… Comme le dit son rédacteur en chef : « dans ce pays, on ne devient quelqu’un que lorsque quelqu’un d’autre cherche à te faire du mal ». Magdalena, la femme de Mallarino, ne l’a pas supporté, et s’est éloignée , elle aussi.
Et puis arrive cette confrontation inattendue avec un événement de son passé…
Juan Gabriel Vasquez, dans tous ses romans, implique ses personnages dans l’histoire contemporaine de son pays, la Colombie, en sonde les plaies, en dénonce les dysfonctionnements.
Dans un style simple, fluide, il amène ici le lecteur à s’interroger avec lui sur le pouvoir de la presse et des médias en général. Où commence l’abus de pouvoir ? La page de journal est-elle la preuve de la réalité d’un fait ?
Une question universelle et d’autant plus cruciale aujourd’hui qu’Internet permet à tout un chacun de s’improviser journaliste ou juge sans pour autant mesurer la responsabilité qui en découle.

12 mai 2016
Eva

Cela m'a fait un choc de lire la première phrase du roman : "Face au parc Santander, Mallarino se faisait cirer les chaussures en attendant d’aller à la cérémonie qui aurait lieu en son honneur, quand il eut tout à coup la certitude d’avoir vu un caricaturiste mort".


Javier Mallarino est un célèbre caricaturiste colombien, qui n'a jamais fait de concessions sur ses dessins, malgré le danger potentiel. Là encore, une phrase, que prononce sa femme Magdalena, m'a fait frémir : "Dans ce pays, on tue des gens pour moins que ça, lui disait-elle lorsqu’un de ses dessins étrillait un militaire ou un narcotrafiquant." Alors qu'il vient d'avoir droit à la consécration en grandes pompes de ses quarante ans de carrière, il est abordé par une jeune femme, Samanta, qui lui rappelle un événement qui s'est déroulé il y a 28 ans, et à la suite duquel Javier Mallarino avait fait une caricature aux conséquences tragiques. Mais était-il bien sûr de ses informations?


Ici il n'est pas question de caricaturistes qui se font tuer, mais de caricatures qui tuent. D'ailleurs la caricature évoquée dans le roman aurait pu être un article de presse, voire même un film, un livre ou une chanson car Mallarino, en tant que caricaturiste dans un journal est un mix d'artiste et journaliste, et il s'agit plutôt du pouvoir qu'ont les hommes des médias et les artistes de faire ou défaire des réputations, et de la nécessité de vérifier les informations utilisées, avant de les dévoiler au grand jour.

"Les réputations" retracent la carrière de Mallarino, sa vie familiale, et posent bien le personnage, reconnu dans son métier , fier de son indépendance, lui qui claqua la porte de l'un des plus grands journaux parce qu'un de ses dessins avait été en partie censuré, jusqu'au jour où le fait de revoir Samanta fait voler en éclat toutes ses certitudes.

C'est un roman dont la fin m'a légèrement déçue, mais c'est une belle lecture, qui pose des questions importantes sur le rôle et le devoir des journalistes et sur la réputation des personnages publiques.

19 avril 2016
vanina le gall

Autre univers avec "Les réputations", un roman qui nous conduit plus au sud, en Colombie.

A Bogota, nous suivons, avec gourmandise, la vie et la plongée dans le passé d'un célèbre caricaturiste politique, adulé ou détesté.

Javier Mallarino a, des décennies durant, fait la pluie et le beau temps avec ses crayons et son papier. D'un trait à l'encre de Chine, il fait et défait les réputations. Qu'en est-il de la sienne ? Est-il déjà allé trop loin, jusqu'à provoquer la mort d'un homme ? Alors qu'il est convié à une cérémonie d'hommage, tout son passé refait surface car une jeune femme, ancienne camarade de sa fille devenue adulte est là, dans la salle. Elle se souvient. Elle veut comprendre, poussant Mallarino à une introspection sur son métier à laquelle il ne s'attendait pas.

Un très beau roman, sorti à la rentrée littéraire de septembre 2014, sur le pouvoir des médias.

Extrait

Page 126 :"Ce qui dérangeait le plus les victimes de ses caricatures, Mallarino l'avait constaté avec le temps, n'était pas de voir leurs défauts étalés, mais que les autres les découvrent : comme un secret qui sort au grand jour, comme si leurs os étaient un secret bien gardé brusquement révélé par Mallarino. Adolfo Cuellar ressentait-il cela ? Sa femme le regardait, les journalistes le regardaient, Mallarino le ragardait des millions de gens dans tout le pays le regardaient... Il était devenu visible, trop visible ; Mallarino s'imagina sur les hauteurs, la ville s'étendant à ses pieds, et songea à la satisfaction que devaient ressentir les humbles, les hommes et les femmes trop petits, trop insignifiants pour être remarqués par lui et ses semblables."

28 mars 2016
Maureen

Un caricaturiste qui continue à travailler malgré les risques. L'amour pour son ex femme et une merveilleuse façon de l'exprimer. Et un jour, le devoir de rétablir la vérité et de se poser des questions qu'on aurait souhaité éviter.
J'ai adoré ce roman (trop court), les détails sont parsemés tout au long de l'histoire et c'est au lecteur de recoller les morceaux. Ce que j'ai préféré c'est la retenue. On apprend tout au fur et à mesure. On imagine très bien le caricaturiste, un peu sauvage, peu sociable et peu habitué à parler de lui, nous livrer ses secrets les plus sombres avec difficulté au début puis avec plus en plus de facilité.
Une narration extrêmement bien menée et des personnages authentiques. Un roman comme je les aime, qui nous transporte ailleurs et nous fait réfléchir.

24 février 2016
Richard S.

Un court roman plutôt dépaysant. Le personnage central est un caricaturiste de presse que tout le monde connaît et apprécie en Colombie. Quand une jeune journaliste vient l’interviewer, c’est une histoire vieille de vingt-huit ans qui resurgit…
Un style un peu lent mais un roman agréable qui se lit très vite… Une jolie découverte.

17 février 2016
Rémi

Belle écriture, bonne ambiance, réelle intrigue, les ingrédients d'un excellent moment de lecture en somme ! De là à en faire un grand livre... Je ne pense pas que je serai en mesure de me souvenir de cet ouvrage dans quelques années, et il s'en est peut-être fallu de peu... dommage.

14 février 2016
Mathieu BOUSQUET

Un livre sur le pouvoir et les conséquences de la caricature : impossible, dans un premier temps, de ne pas penser à Charlie Hebdo. On est pourtant bien loin des questions d'islamisme et de laïcité dans ce roman sud-américain.

Le titre n'aurait pas pu être mieux choisi. C'est bien des réputations que l'on traite ici : comment elles naissent, sont entretenues ou écornées puis meurent. Au delà du thème de la place des médias, ce roman est pour moi un grand livre sur les regrets face au temps qui passe notamment au travers des relations qu'entretient le héros Javier Mallarino avec sa femme et sa fille.

C'est pour moi un des meilleurs romans que j'ai lu depuis longtemps.

8 février 2016
Caroline Mutelet

L’auteur nous plonge au cœur de la société colombienne, à Bogota. Javier Mallarino est caricaturiste dans un quotidien réputé. Chaque jour, il croque les hommes politiques, les acteurs et autres célébrités afin de dénoncer ou mettre en lumière un problème de société. Malgré les lettres de menace déjà reçues, Mallarino est un homme qui n’a pas peur et qui va jusqu’au bout de son art. La caricature est un don qu’il met au service de la société. Ainsi, l’homme se sent utile.

Lors d’une soirée dans laquelle il reçoit un prix venant couronner sa carrière, une jeune femme, Samanta, lui demande une interview. Mallarino fixe un rdv à la jeune femme dès le lendemain. Chez lui, Samanta lui avoue le véritable motif de sa venue. Elle n’est pas journaliste. Elle veut savoir la vérité. Que lui est-il arrivé un soir, alors qu’elle n’avait que 7 ans, lors d’une soirée chez Mallarino? Le caricaturiste lui raconte ce qu’il s’est passé et les conséquences de cette douloureuse soirée…

En 200 pages, l’auteur parvient à immerger son lecteur au cœur d’une histoire forte et dérangeante. Il y a d’abord le récit de cette fameuse soirée chez Mallarino. Mais qu’ont véritablement vu les gens? Et puis il y a les conséquences d’une caricature de Mallarino sur le député colombien Adolfo Cuellar. Mallarino a-t-il eu raison? Est-il allé trop loin ou a-t-il seulement révélé la vérité?

L’auteur plonge son lecteur au cœur d’une affaire sulfureuse où la force du dessin et de la caricature a toute sa place. A l’heure actuelle où le travail des caricaturistes, sans forcément penser à Charlie Hebdo, est fortement remis en question, Vasquez offre à son lecteur un roman dans lequel le dessin a toute sa place, car finalement c’est lui le véritable protagoniste du roman. Les Réputations c’est en somme l’histoire d’une caricature et de ses conséquences, de son impact. Mallarino est tantôt adulé, tantôt critiqué mais toujours respecté car ses dessins ont plus de force qu’une bombe.

Les Réputations posent aussi la question de la légitimité du caricaturiste. Jusqu’où peut-il aller? A-t-il tous les droits? Y-a-t-il des tabous? Mallarino a conscience de son art comme une arme et l’affaire Cuellar va provoquer chez lui un examen de conscience douloureux.

Avec Les Réputations, Vasquez signe un roman fort et pertinent et met en lumière la force de la caricature qui reste bien réelle.

7 février 2016
Anja

Caricaturiste de renom, Javier Mallarino est reconnu et encenssé pour son talent dans tout le pays, tant par ceux qu'il a défendu que ceux qu'il a rendu ridicules, puisque les uns et les autres admettent qu'il a amené à les faire connaitre : De nos jours, bonne ou mauvaise, il semble que toute presse soit bonne à prendre...
Fier et fort de son succès, notre héros doux-amer porte sur sa vie, sur sa ville et sur son métier, un regard, vif, acéré et teinté de mélancolie; mais à près de soixante dix ans et après avoir signé des dizaines de milliers de caricatures politiques, ce regard va se voir modifié suite à une rencontre imprévue qui le ramène vingt-huit en arrière et le force à réfléchir au poids des médias et à leur légitimité...

Très belle plume, intelligente et tout en finesse, le roman de Juan Gabriel Vasquez se lit avec l'agréable sensation d'être au coeur de quelque chose de profond et de précieux. Certaines réflexions, descriptions et à propos sont sans aucun doute notables et le thème même du roman est crucial, pourtant, si j'ai pris plaisir et intérêt à la lecture de nombreux passages, je dois avouer que je ne me suis pas sentie très à l'aise dans ce récit et que la lecture ne m'en fut pas vraiment plaisante. J'en garde un souvenir plutôt désagréable à vrai dire, même si je ne saurais pas dire exactement à quoi tient cette sensation; peut-être tout simplement au thème si délicat ou à la feinte nonchalance du personnage principal?...
Je n'en recommande pas moins la lecture, ne serait-ce que pour la belle écriture de l'auteur!

4 février 2016
Gérard MALIVERNEY

Une petite pépite que ce roman colombien ! C’est formidablement bien écrit, et le sujet captivant : la caricature de presse et la puissance des médias sur la vie publique et politique. Ce roman d’actualité nous replonge malgré nous dans l’horreur des attentats contre Charlie Hebdo. Il nous invite aussi à regarder d’un œil plus exercé les dessins quotidiens de Plantu par exemple.
La vie du caricaturiste est émaillée de succès et de menaces, comme celle de Javier Mallarino. Il a toujours été persuadé que « les caricatures peuvent forcer la réalité, pas l’inventer. Elles peuvent déformer, jamais mentir. » Pourtant, lui qui voulait « raconter les évènements » à sa manière, fut amené à se remettre en question car le dessin peut être aussi une arme qui peut être fatale.
Ce roman nous pousse à nous interroger sur l’information et la manière dont elle est distillée car le lecteur de presse quotidienne est « un monstre capricieux et inconstant ».Il lui en faut toujours plus pour s’assurer sa fidélité.
Juan Gabriel Marquez ,de son écriture fluide et agréable, nous ramène ,tout au long de son récit, à la question de la reine Blanche à Alice : « c’est une pauvre mémoire que celle qui fonctionne à reculons.» En effet, si on pouvait à l’avance connaître le lendemain qui suit nos actions…

29 janvier 2016
Céline Letartre

Ce court roman (à peine 190 pages) alterne entre passé et présent et offre une réflexion intéressante sur l’ambiguïté entre le rôle de dénonciation des journalistes et leur désir de gloire. Javier Mallarino va devoir reconsidérer son implication dans la vie de certaines personnes par la caricature, et plus largement sa responsabilité en tant qu'homme dans le monde.

J'ai pris plaisir à découvrir ce livre bien écrit et terriblement actuel. La réflexion aurait pu être un peu plus poussée mais reste une jolie découverte !

26 janvier 2016
Vincent PINATEL

"Les réputations" est un roman qui porte bien son nom. Après avoir lu la dernière ligne, je me suis dit que Juan Gabriel Vasquez n'aurait pas pu l'appeler autrement. Effectivement, ça parle de la vie d'un caricaturiste colombien qui publie quotidiennement dans un journal national. Ca fait 40 ans qu'il y travaille, il est célèbre et sait qu'il détient une forme importante de pouvoir au niveau national puisque, d'un coup de crayon, il peut faire ou défaire les réputations des "puissants". Puis un jour, sa vie déraille quand une jeune femme le ramène à un épisode de son passé, le liant au décès d'un député. Au fil du roman, on en apprendra plus sur l'évolution des "réputations" de chacun d'entre eux et de l'impact des médias sur celles-ci, que l'information soit sure ou pas.

Le livre est court et surprenant du début à la fin. le style de Juan Gabriel Vasquez est dense mais très agréable à lire. On se complaît à relire certains passages pour mieux les apprécier ou mieux les comprendre.
Cette histoire est finalement intemporelle et pourrait être transposé depuis la préhistoire jusqu'au web 2.0 dans lequel un simple tweet ou publication peut détruire la réputation voire la vie d'une personne.Un excellent livre, merci aux Editions Points de me l'avoir fait découvrir!

23 janvier 2016
Laura D.

La plume de l'auteur est envoûtante, très belle et poétique. Il mélange habilement passé, présent et futur pour raconter l'histoire de Javier Mallarino, un célèbre caricaturiste politique colombien. Un simple dessin peut changer beaucoup de choses et la réputation de quelqu'un est très fragile. Les médias ont beaucoup de pouvoir et exercent un certain contrôle sur la vie des gens.

21 janvier 2016
Lise

L'actualité récente a alimenté un débat important sur le rôle public du caricaturiste et de la satyre. De quoi peut-on rire et avec qui?
Dans ce roman, ce sont les responsabilités privées qui sont abordées. Dans quelle mesure l'oeuvre satyrique doit-elle se censurer, non pour épargner les susceptibilités mais pour garantir à ses proches une vie sociale décente? Aucun compromis, dirait sans doute Javier Mallarino, le protagoniste des Réputations. Et sans doute n'a-t-il pas tort puisqu'il s'apprête à recevoir un hommage pour l'ensemble de son travail. Mais voilà, Javier est un homme seul. Séparé de sa femme, avec une fille qui ne lui donne pour ainsi dire pas signe de vie, il vit reclus à la montagne et se rendre en ville est pour lui une véritable épopée. A quoi a-t-il renoncé? A quoi a-t-il obligé les autres à renoncer?

Dans un récit subtil, alternant présent et passé, regrets et souvenirs, Juan Gabriel Vasquez amène Javier à s'interroger sur les conséquences de ses choix, à revenir sur le passé, un passé inaltérable avec lequel il faut vivre et faire vivre les autres.

Pas de temps mort, une lecture agréable, un phrasé impeccable.

20 janvier 2016
Johanna Lilas

J'ai apprécié ce roman car l'auteur retranscrit le quotidien des caricaturistes notamment la pression des politiques, les menaces qui pèsent sur la liberté d'expression etc. Ce sujet est donc d'actualité.

Par un procédé de flash back, on apprend comment s'est construite la carrière du caricaturiste, quels ont été les impacts sur son ménage, comment ses caricatures ont détruit ou fait des réputations. J'ai apprécié ce choix de construction. Le roman a une dimension psychologique qui m'a plu. Le style et le ton de Juan Gabriel Vasquez est efficace et limpide, c'est un bon roman.

16 janvier 2016
Fabienne Defosse-Verrier

A quoi tiennent les réputations ? Parfois à un simple trait de crayon. Un dessin pour faire trembler les politiciens, faire et défaire des carrières, des vies. Oui, un dessin peut tuer. Malheureusement, nous l'avons découvert avec effroi, il y a un peu plus d'un an...

Imaginez un député raillé, humilié, ridiculisé par un célèbre caricaturiste dont la devise est qu'une caricature est comme « un aiguillon enrobé de miel ». Imaginez que ce caricaturiste ait assisté à une scène impliquant une fillette, qu'il l'ait dessinée et publiée. Cette caricature de trop aura pour conséquence le suicide de ce député. Imaginez que presque vingt-huit ans plus tard, ce célèbre caricaturiste soit amené à douter. Que s'était-il réellement passé ce jour-là ? Et s'il n'était finalement qu'un médiocre colporteur de rumeurs, un franc-tireur de la réputation d'autrui, un bourreau d'encre ?

Avec Les réputations, Juan Gabriel Vásquez nous invite à réfléchir sur le pouvoir des médias et leurs conséquences parfois irréversibles. En 190 pages seulement, l'auteur dissèque le mécanisme de la réputation. Le style est efficace, l'écriture fluide. Un réel exploit !

8 janvier 2016
Cédric Moreau

Il y a de cela encore deux jours à peine, Juan Gabriel Vásquez était un auteur totalement inconnu pour moi. Je n'en avais jamais entendu parler, et je n'aurais très certainement jamais lu *Les réputations* si je n'avais pas été choisi pour faire partie du jury du Prix du meilleur roman des lecteurs de Points – cela aurait été fort dommage car je serais passé à côté d'un excellent roman ! Il faut dire que les auteurs originaires d'Amérique latine – Juan Gabriel Vásquez est colombien – sont peu mis en avant dans notre pays et ne bénéficient pas de la même presse que les auteurs anglo-saxons. C'est, en tout cas, mon ressenti en tant que lecteur essayant de se tenir au faîte de l'actualité littéraire.

Dans *Les réputations*, Juan Gabriel Vásquez narre l'histoire de Javier Mallarino, caricaturiste de son état, qui, suite à l'irruption dans sa vie d'une ancienne camarade de classe de sa fille, va se retrouver plongé dans son passé, à une époque où un député s'est donné la mort dans des circonstances troubles. Quelques temps auparavant, le journal pour lequel il travaille avait publié une de ses caricatures mettant en scène l'élu du peuple en question. Se pourrait-il qu'une causalité unisse ces deux évènements ?

A travers ce roman concis, l'auteur colombien interroge sur le pouvoir des médias et sur le rôle et les responsabilités des différents corps de métier composant cette masse : il est dans le livre question d'un caricaturiste, mais la réflexion peut être étendue aux journalistes, éditorialistes, rédacteurs en chef, etc. Le tout dans un style agréable et fluide, malgré quelques phrases un peu longue ici et là.

Une bien belle découverte et un roman que je recommande chaudement.

16 décembre 2015
Michèle

Mallarino est caricaturiste. Durant 40 ans ses dessins ont fait et défait les vies politiques de Bogota. C’est un personnage exotique attachant, une légende vivante qui va jouer de sa réputation dans une affaire dont il ne tire pas toutes les ficelles. Le pouvoir des médias, le sens de nos engagements, la mémoire qui entretient les haines tenaces … de beaux sujets de littérature, bien orchestrés, dans un roman sud-américain parfaitement bien écrit. Un roman qui se lit avec avidité et incite à découvrir l’œuvre toute entière de Juan Gabriel Vasquez, connu notamment pour « Le bruit des choses qui tombent ». On dirait du Garcia Marquez …

24 novembre 2015
ducreux regis

bonjour,

j'ai bien aimé ce livre. l'histoire du personnage principal Ashley Walsingham m'a rapidement fait penser au personnage du livre de Jeffrey Archer consacré à George Leigh Mallory.

Pas de temps mort. Intrigue bien construite. toutefois, dernier chapitre (avant épilogue) un peu rapide.