Lucie ou la Vocation  de Maëlle  Guillaud

6,6€ // 216 pages
Paru le 14/09/2017
EAN : 9782757866061

Lucie ou la Vocation

Maëlle Guillaud

Littérature

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À vingt ans, Lucie est avide de passion. Elle tombe amoureuse pour la première fois. En dépit des pleurs de sa famille, des reproches de sa meilleure amie, Lucie choisit de se consacrer entièrement à son Seigneur. Entre les quatre murs du couvent, elle résiste à toutes les brimades, guidée par sa foi. Seule la découverte d’un secret la fait chanceler : et si la pureté n’était pas là où elle le pensait ?

Née en 1974, Maëlle Guillaud est éditrice. Lucie ou la vocation est son premier roman.

« Un roman d’une incroyable tension, presque un suspense psychologique, une âpre bataille interne entre la liberté et l’obéissance. »

Le Figaro littéraire

 

Commentaires

22 mars 2018
Camille ROY

[Lu en tant que jury du meilleur roman 2018]

J'ai lu ce roman en étant malade, ce qui explique peut-être le temps que j'ai dû prendre pour le lire malgré le fait qu'il soit relativement court.

La première des choses qui m'a intéressé dans ce roman, c'est évidemment son sujet. Une jeune femme moderne, ayant fait des études, décide volontairement de se tourner vers une vie de religieuse. Comme sa meilleure amie, Juliette, j'étais à des années lumières de comprendre ce qui pouvait la motiver. Et franchement, si le film Sister Act n'avait pas réussi à me convaincre, je doutais qu'un roman y arrive...

D'autant plus quand on découvre la vie de cette congrégation violente. Aucun élément ne donne envie ou ne vient expliquer cette subite crise de foie (sans mauvais jeu de mot). J'ai regretté de ne pas voir quoique ce soit de positif dans cet univers quasi-carcéral.

Pour le coup, j'ai encore moins pigé pourquoi Lucie s'accrochait envers et contre tout à cette vie qui ne lui apportait que malheur et désillusions. Hormis, un sacré penchant pour le masochisme...

J'aurais aimé plus de nuances dans le récit de cette vie monastique afin de vraiment m'interroger sur ce choix qui de prime abord me "choque". Ici, rien n'est fait pour faire évoluer mon opinion de la vocation religieuse et c'est pourtant ce que j'attendais un peu de ce roman...

Autre aspect ambivalent de ce roman : Lucie ! Je suis désolée de vous dire que ce personnage est très antipathique. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, elle m'a plutôt convaincue qu'une religieuse s'occupait surtout d'elle et de SA foie et assez peu des autres... Seuls ses ressentis semblent compter dans sa démarche. Son aveuglement a été souvent horripilant pendant ma lecture mais pourtant j'ai trouvé intéressante l'évolution de cette jeune femme. Le monde dans lequel elle évolue, qui aurait dû l'ouvrir à un monde de paix et d'amour, la pervertie totalement. Ironique, non ?

En ce qui concerne l'écriture de l'auteure, elle est fluide et permet de s'immerger directement dans l'histoire de ses personnages. Les chapitres très courts pourront quelque fois vous frustrer, mais ils apportent un rythme salutaire dans ce quotidien si morne.

Et malgré ce qu'on pourrait penser, Maëlle Guillaud parvient même à instaurer un petit côté suspense qui amène un intérêt supplémentaire à cette intrigue. La tension monte progressivement et on s'interroge sur l’événement qui fera ouvrir les yeux à Lucie.

28 février 2018
Dominique Sudre

Lucie aime et Lucie aime sans retour, sans compter, sans peur de se tromper… mais Lucie aime celui pour lequel il faut donner sa vie sans compter, sans retour, et qui sait peut-être sans peur de se tromper… Contre l’avis de tous, alors qu’elle est une brillante étudiante en Khâgnes, Lucie découvre sa vocation, son amour inconditionnel pour ce Dieu à qui elle décide de dédier sa vie. Au grand désespoir de sa mère dont elle est la fille unique et qui rêvait déjà de petits enfants à dorloter, au grand désespoir aussi de Juliette, son amie de toujours, sa presque sœur, qu’elle abandonne sans regrets en rentrant dans les ordres.

Car Lucie va rentrer dans les ordres, et pas n’importe où puisqu’elle choisi une congrégation de sœurs qui font vœu de silence et s’enferment au couvent. Amour absolu et incompréhensible pour la plupart de ceux qui l’entourent, mais avouons-le aussi pour la plupart d’entre nous lecteurs qui nous pensons libres et éclairés. Pour moi en tout cas, qui n’imagine pas qu’une telle vie puisse être rêvée par des jeunes filles d’aujourd’hui. Voilà donc un livre étonnant qui nous plonge dans une communauté et un univers que j’ai ressenti comme quasiment carcéral, avec ses tentions, ses rancœurs, ses jalousies, entre femmes qui ont fait vœu de pauvreté, abstinence et … obéissance. Jeux de pouvoir au sein de ce couvent, entre la mère supérieure et toutes celles qui espèrent un jour accéder au titre, dominer les autres. Car l’univers d’un couvent est conforme à la société, avec ses tensions et ses jalousies, son amour absolu pour un Dieu omniprésent et pourtant absent, avec ses doutes quant à la justesse du chemin choisi. Et au dehors, mais si proche, les doutes d’une adolescente qui pressent sa vocation puis l’assurance d’une presque adulte qui affirme sa vocation, l’amitié plus forte que tout, l’amour inconditionnel d’une mère, de celles ou ceux qui ne comprennent pas mais qui doivent accepter pour ne pas perdre….

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire la comparaison avec ceux qui s’embarquent pour faire le Jihad… sûrs de leur choix, terrible et incompréhensible pour leurs proches, ou ceux qui se convertissent quand ils pensent qu’ils ont trouvé la lumière, la voie. Ah, l’absolu pouvoir d’une religion et de ses extrêmes. L’incompréhension face à celui qui s’engage sans possibilité de retour. Voilà un livre assez dérangeant. Je pensais ne pas aimer, et en fait je me suis laissée happer par Lucie, sa foi qui l’emporte là où tant auraient abandonné, sur des chemins difficiles et si compliqués, si tendus, loin finalement de son idéal religieux d’amour absolu et joyeux, mais dans un univers dont on ne ressort pas si facilement.

Cette vie ou une autre, laquelle vaut le coup d’être vécue ? Et si elle avait raison ? Lesquels sont dans le vrai finalement, ceux qui doutent ou Lucie qui va au bout de son amour ? Je n’ai toujours pas de réponse. Même si « Lucie ou la vocation » est réellement un livre qui interroge le lecteur, j’avoue que je l’aurai bien parfois secouée un peu pour qu’elle réagisse !

25 février 2018
Christine Gazo

La vocation de Lucie est questionnante. Tout quitter (ses études, sa famille, ses amitiés, ce qui fait la vie et sa saveur) pour entrer au couvent. Qui plus est dans un ordre strict, où le silence est un engagement de plus...
Ce roman, découvert dans le cadre du Prix du Meilleur roman 2018, est prenant, rapidement oppressant, entêtant, déroutant... Car si la recherche d'absolu de Lucie, et son amour infini pour Dieu peuvent s'entendre, l'atmosphère du couvent qui est décrite et les humiliations subies sont tout simplement intolérables ! Aveuglement, confiance sans faille, impossibilité de renoncer ...?
Les chapîtres concernant Lucie et sa vie de religieuse sont entrecoupés d'autres dans lesquels s'exprime sa meilleure amie, son bouleversement, ses questionnements...Ils accentuent la sensation de malaise, accompagnent nos émotions...
Jusqu'à la fin, qui m'a cueillie...!

18 février 2018
Hélène TREGARO (jurée du prix)

"Lucie ou la vocation" c'est l'histoire d'une jeune étudiante en quête du sens de sa vie. Elle pense le trouver en s'engageant dans une congrégation. Mais elle n'est pas du tout préparée aux épreuves qui l'attendent. Terreur, humiliations et maltraitance sont le quotidien de cet étrange couvent isolé du monde et dans lequel la victime devient bourreau.

Ce qui m'a plu dans ce roman : la tension et le suspense qui y règnent dans le genre thriller.

Ce qui m'a intéressé : les mécanismes psychologiques déployés par Lucie pour tenter de se protéger. La pratique religieuse ici poussée à l'extrême devient sectaire. En entrant dans la congrégation, chaque religieuse perd sa liberté dans toutes ses formes. Dieu le Père est invoqué dans toutes les décisions prises pour la collectivité. Il est l'alibi utilisé pour étouffer toute remise en question ou désobéissance.

Le gros bémol se trouve pour moi dans le traitement un peu trop superficiel de la personnalité et de l'histoire des principaux personnages.

7 février 2018
Betty Gomez

Lucie ou la vocation, premier roman de Maëlle Guillaud, commence comme un documentaire sur le Carmel, cette prison volontaire où s’enferment des jeunes femmes, et se transforme rapidement en polar tendance thriller. Au départ, trois jeunes filles : Lucie et Mathilde, camarades de khâgne et Juliette, l’amie d’enfance de Lucie. Des deux premières, nous lirons le récit à la troisième personne, entremêlé avec celui de Juliette à la première personne et en italiques. Le procédé est classique mais efficace. On se surprend d’ailleurs à tourner les pages avec impatience. Comme l’indiquent le titre et la photo de couverture, Lucie ou la vocation est l’histoire d’une vocation religieuse, avec ses souffrances, humiliations, désappointements, doutes, acceptation…
Mais l’écriture est plate (pas au sens qu’Annie Ernaux donne à la sienne, distancée et percutante), ce qui rend le récit insipide et ces nourritures célestes peu nourrissantes…

7 février 2018
Florence B.

Lucie est en khâgne dans un prestigieux lycée parisien mais la compétition impitoyable qui règne dans cette classe préparatoire ne convient pas à la jeune fille qui ne supporte plus la pression. Celle qui se prépare à une brillante carrière se trouve emplie de doutes. Depuis quelques temps, elle se rend dans la cour d’un couvent en compagnie de Mathilde, une amie catholique pratiquante. L’amour et la sérénité qu’elle y ressent la conduisent à rencontrer la mère supérieure et très rapidement, à entrer en noviciat : pourquoi ne pas vivre sa foi, devenir l’épouse de Dieu, lui sacrifier sa vie ?

C’est une congrégation prestigieuse, contemplative, mais aussi très dure, que Lucie a choisie : il lui faudra un jour faire vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Dès les premiers jours, Lucie est confrontée à la difficulté d’obéir et se retrouve à nouveau en proie au doute, un sentiment qui ne la quittera plus.

Outre le point de vue de Lucie la narratrice, ce court roman nous offre celui de sa meilleure amie Juliette, qui a bien du mal à comprendre le choix de Lucie. Juliette brûle d’envie d’aider Lucie à sortir de ce qu’elle considère comme une prison, un enfermement qui ne peut être que l’œuvre d’une secte. Elle se met à haïr ce dieu qui lui a volé sa meilleure amie. Fidèle, elle continue à écrire et à rendre visite à Lucie, et essaie de comprendre, encore et toujours.

A l’intérieur du couvent, les choses ne se passent pas comme Lucie l’avait imaginé. Les pires défauts humains règnent : hypocrisie, jalousies, mensonges, cruauté, manipulation. Le prieuré n’est finalement que le reflet de la société. L’arrivée de Mathilde ne soulagera pas Lucie, bien au contraire. Il n’y a qu’un père jésuite, ancien ami du père de Lucie, qui parviendra à lui apporter quelque réconfort.

Le sujet est original et intéressant, mais le traitement parfois un peu abrupt et rapide : on se demande comment une jeune fille moderne en arrive à prendre la décision d’entrer dans les ordres aussi rapidement. On comprend vite que Lucie est éprise d’absolu, mais on regrette que son cheminement ne soit pas plus détaillé. Il en va de même à la fin, lorsqu’elle prend sa décision finale.

Pour autant, ce premier roman est bien écrit, fluide et prenant. Il présente l’intérêt de nous emmener dans une réflexion hors du temps. Un temps qui d’ailleurs, ne se déroule pas comme à l’ordinaire : dans « Lucie ou la vocation », les années passent sans que l’on s’en aperçoive, le temps semble immuable. Et se posent les questions essentielles : exerçons-nous vraiment notre liberté ? Détenons-nous vraiment le pouvoir de choisir notre vie ?

5 février 2018
Solenn (Le Carnet de Lectures de Solenn)

Alors qu’elle suit des études littéraires, Lucie décide de rentrer dans les ordres, à la grande surprise de sa famille et de sa meilleure amie Juliette. Devenue Marie-Lucie, elle va devoir confronter sa foi aux doutes de son entourage mais aussi aux règles particulièrement dures de la communauté religieuse qu’elle a choisi de rejoindre.

Voilà donc le 2ème roman que j’ai lu dans le cadre du Prix du Meilleur Roman des éditions Points. Le style est fluide, les paragraphes courts, alternant le point de vue de Lucie et celui de Juliette, qui voit sa meilleure amie s’éloigner de plus en plus. J’ai d’abord aimé m’immiscer dans cet univers cloitré dont je ne connaissais rien, suivre Lucie dans son cheminement d’un côté et de l’autre partager l’incompréhension, les doutes, la colère de l’entourage, comparables aux étapes d’un deuil. La vocation de Lucie se révèle par petites touches au fur et à mesure du livre : la mort prématurée de son père, le désir d’introduire de l’exceptionnel dans sa vie, la pression des hautes études, son besoin de trouver un refuge, sa rencontre avec Mathilde qui elle aussi a décidé de rentrer dans les ordres.

Malgré sa foi la naïveté de Lucie va être mise à rude épreuve car au sein du prieuré c’est la violence psychologique et physique qui domine, bien plus que l’esprit de sororité. De ce point de vue, et même si ce récit n’a pas vocation à être un documentaire, j’ai trouvé qu’il manquait souvent de crédibilité, que ce soit sur la façon dont les sœurs sont traitées au sein du couvent (humiliées, menacées, droguées, gavées comme des oies…) ou sur le secret censé apporter du sel à l’intrigue, qui arrive un peu tardivement, et que j’ai trouvé superflu et tiré par les cheveux. C’est dommage, c’est un roman intéressant mais qui aurait gagné à un peu plus de finesse dans son propos et dans sa construction.

27 janvier 2018
Dominique Sudre

Lucie aime et Lucie aime sans retour, sans compter, sans peur de se tromper… mais Lucie aime celui pour lequel il faut donner sa vie sans compter, sans retour, et qui sait peut-être sans peur de se tromper… Contre l’avis de tous, alors qu’elle est une brillante étudiante en Khâgnes, Lucie découvre sa vocation, son amour inconditionnel pour ce Dieu à qui elle décide de dédier sa vie. Au grand désespoir de sa mère dont elle est la fille unique et qui rêvait déjà de petits enfants à dorloter, au grand désespoir aussi de Juliette, son amie de toujours, sa presque sœur, qu’elle abandonne sans regrets en rentrant dans les ordres.

Car Lucie va rentrer dans les ordres, et pas n’importe où puisqu’elle choisi une congrégation de sœurs qui font vœu de silence et s’enferment au couvent. Amour absolu et incompréhensible pour la plupart de ceux qui l’entourent, mais avouons-le aussi pour la plupart d’entre nous lecteurs qui nous pensons libres et éclairés. Pour moi en tout cas, qui n’imagine pas qu’une telle vie puisse être rêvée par des jeunes filles d’aujourd’hui. Voilà donc un livre étonnant qui nous plonge dans une communauté et un univers que j’ai ressenti comme quasiment carcéral, avec ses tentions, ses rancœurs, ses jalousies, entre femmes qui ont fait vœu de pauvreté, abstinence et … obéissance. Jeux de pouvoir au sein de ce couvent, entre la mère supérieure et toutes celles qui espèrent un jour accéder au titre, dominer les autres. Car l’univers d’un couvent est conforme à la société, avec ses tensions et ses jalousies, son amour absolu pour un Dieu omniprésent et pourtant absent, avec ses doutes quant à la justesse du chemin choisi. Et au dehors, mais si proche, les doutes d’une adolescente qui pressent sa vocation puis l’assurance d’une presque adulte qui affirme sa vocation, l’amitié plus forte que tout, l’amour inconditionnel d’une mère, de celles ou ceux qui ne comprennent pas mais qui doivent accepter pour ne pas perdre….

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire la comparaison avec ceux qui s’embarquent pour faire le Jihad… sûrs de leur choix, terrible et incompréhensible pour leurs proches, ou ceux qui se convertissent quand ils pensent qu’ils ont trouvé la lumière, la voie. Ah, l’absolu pouvoir d’une religion et de ses extrêmes. L’incompréhension face à celui qui s’engage sans possibilité de retour. Voilà un livre assez dérangeant. Je pensais ne pas aimer, et en fait je me suis laissée happer par Lucie, sa foi qui l’emporte là où tant auraient abandonné, sur des chemins difficiles et si compliqués, si tendus, loin finalement de son idéal religieux d’amour absolu et joyeux, mais dans un univers dont on ne ressort pas si facilement.

Cette vie ou une autre, laquelle vaut le coup d’être vécue ? Et si elle avait raison ? Lesquels sont dans le vrai finalement, ceux qui doutent ou Lucie qui va au bout de son amour ? Je n’ai toujours pas de réponse. Même si « Lucie ou la vocation » est réellement un livre qui interroge le lecteur, j’avoue que je l’aurai bien parfois secouée un peu pour qu’elle réagisse !

21 janvier 2018
Virginie D. Vertigo

Lucie est une jeune étudiante avec un brillant avenir. Pourtant, un amour très fort s’installe dans son cœur : Dieu. Elle décide de devenir religieuse suscitant l’incompréhension de sa meilleure amie Juliette. Devenue Marie-Lucie, elle fait face à une congrégation d’une grande rigidité où le corps est un objet de honte et où les dents de certaines religieuses rayent le parquet (ou le marbre du bénitier si vous préférez). Juliette, qui lui rend visite tous les mois, tente de la faire changer d’avis.
Maëlle Guillaud décrit fort bien les doutes des deux amies sur la religion. Elle ne fait pas de dénonciation de la foi et de la vocation religieuse mais mets en lumière les dérives quand un système se grippe et aboutit à des congrégations dysfonctionnelles : compétition, corruption, délation… Finalement nous ne sommes pas si éloignés du monde de l’entreprise que Lucie n’a pas voulu emprunté…

21 janvier 2018
Lilylit

Je dois dire que je n’ai pas trouvé les personnages très sympathiques, et en premier lieu Lucie. Celle-ci se plaint beaucoup de ses années de prépa et la description qui est faire de ce milieu m’a parue vraiment exagérée (et je parle en connaissance de cause). Certes, on peut admettre qu’elle ne se sente pas dans son élément mais il paraît beaucoup plus facile de choisir de se réorienter que de tout plaquer pour entrer au couvent ! Je trouve que la découverte de la « vocation » n’est pas bien évidente pour le lecteur et que cet élan ne réussit pas à justifier tout ce que Lucie s’infligera par la suite.

Bien sûr, tout n’est pas rose dans la congrégation, et très vite on pense à La Religieuse de Diderot, qui a clairement dû inspirer l’auteur. On retrouve le mélange de brutalité et de séduction dont font preuve les supérieures pour embobiner les novices, la manipulation et la corruption attendues, bref, tout un tas d’actions et de pensées fort peu chrétiennes. Mais finalement je m’attendais tellement à ces travers, et ils correspondent si bien aux préjugés que l’on peut avoir sur ce milieu depuis l’œuvre de Diderot que j’ai été un peu déçue (sauf par la fin, qui clôt de façon assez courageuse le propos tenu jusque-là).

J’aurais aimé un peu plus de subtilité et de diversité dans les portraits des religieuses. Pourquoi ne s’intéresser qu’à celles qui semblent malhonnêtes et manipulatrices ? Pourquoi ne pas présenter aussi des jeunes femmes qui appliquent vraiment les valeurs qu’elles professent ? Il est assez peu crédible de supposer qu’il n’y en ait aucune, sur tout un couvent !

17 janvier 2018
Laurence

Pour planter juste le décor, je vous fais un bref résumé.
La jeune Lucie, étudiante brillante a Kagne, plante tout du jour au lendemain pour entrer dans les ordres, laissant sa mère et son amie Juliette dans le désarroi et l’incompréhension la plus totale.

J’ai eu beaucoup de mal avec le huis clos du couvent de ce roman. Contrairement à son amie Juliette, personnage athée du roman, Je n’ai pas eu de mal à comprendre le choix de Lucie. Non, je peux admettre que certains fassent ce choix et je le respecte.
Ce qui m’a fortement dérangé c’est que je m’attendait à rencontrer des sœurs pleines de bon sentiments , d’amour, et de charité chrétienne... oui je suis un peu naïve, je sais.
Au lieu de ça j’ai eu l’impression que cette pauvre Lucie entrait en prison , avec des matones viles et perverses. Elles lui infligent les pires sévices dans le silence le plus total.
Je ne sais pas trop ce que l’auteur a voulu démontrer, ni nous faire ressentir...
J’ai eu l’impression que tout au long du livre c’est un combat permanent entre croyants et non croyants, mais aussi pour la pauvre Lucie, qui malgré tout ce qu’elle endure garde la foi.
Ce livre m’a vraiment laissé une sensation étrange, une impression malsaine.
🖤🖤🖤

13 janvier 2018
Sophie Gauthier

De quoi se nourrit la foi ? Quelle est la nature de ce que l'on nomme la "vocation" ? Pour Lucie, héroïne du premier roman de Maëlle Guillaud, cela semble simple pourtant : l'intensité de la foi, le désir de se vouer intégralement à Dieu, sans transiger avec les exigences sociales et familiales. Fragilisée par une difficile année de khâgne, Lucie trouve réconfort et certitude dans sa foi vibrante. A 19 ans elle découvre que sa destinée ne peut s'accomplir que dans l'union exclusive avec le Christ. Dans la congrégation parisienne où elle entre, le cheminement vers les voeux perpétuels est jalonné d'humiliations, de déceptions et de luttes. Devenue Soeur Marie-Lucie, elle découvre dans cet univers reclus aux règles nébuleuses, un système souterrain de pouvoirs, d'ambitions et de mesquineries, propre à briser toute personnalité considérée comme rebelle. Contrainte de gommer son identité, Lucie s'aperçoit que la foi est insuffisante à répondre aux doutes qui émergent. le soutien même sans compréhension de sa mère et de sa meilleure amie constitue à la fois un appui et un obstacle. Ce qu'elle considérait comme une vocation pure et dénuée de tout orgueil devient, comme dans le siècle, un moyen d'être préférée.

Je n'ai pas été vraiment passionnée par "Lucie ou la vocation". J'y ai trouvé, certes, matière à réfléchir sur le choix du renoncement au monde. Mais le trait m'a semblé parfois outré pour décrire la vie de cette congrégation où les religieuses se révèlent toutes odieuses. C'est le chagrin de la mère de Lucie qui m'a le plus touchée. Pour le reste, j'ai eu l'impression que le roman hésitait finalement entre l'aspect purement romanesque (les malversations de la mère supérieure) et une réflexion aboutie sur cette idée d'appel de la foi qui trouve son apogée dans le renoncement au monde. Une impression mitigée, donc !

12 janvier 2018
Béa Pome

Ce roman m'a semblé tellement mièvre -récit et style- que pour me consoler je suis allée relire quelques belles pages de Georges Bernanos.

11 janvier 2018
Claudia charrier

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce roman, car le sujet est peu banal ! Vocation, Dieu, couvent, sœurs…un thème surprenant. J’espérais surtout ne pas m’ennuyer, et je peux vous confirmer que dès les premières pages, je suis très vite embarquée par cette histoire, qui m’emmène au sein d’un prieuré.

Une jeune fille Lucie souhaite devenir religieuse, au grand étonnement de sa famille et de sa meilleure amie. Elle va devoir se battre pour qu’on respecte son choix, incompréhensible pour son entourage. Elle va devoir aussi lutter contre les doutes, la dureté de la vie au couvent et des sœurs, de la solitude, et même des humiliations.

Un roman captivant ! Car l’auteure arrive à nous laisser dans un suspense tout le long du récit ! C’est là qu’on peut voir tout le talent de l’auteure, car nous sommes happés par l’histoire, et suivons pas à pas, le parcours chaotique de cette jeune novice.
Lucie va-t-elle tenir ? Va-t-elle aller jusqu’au bout de sa démarche ? A-t-elle raison ou pas ? Même le lecteur est partagé par ce choix.
Car dans ce monastère, tout n’est pas « rose » ou très claire parfois…allant jusqu’aux humiliations, aux punitions et de stratagèmes pour faire plier ces nouvelles recrues.

J’aime beaucoup les chapitres où d’autres personnes parlent de Lucie, comme sa meilleure amie. Cela dynamise le récit, et donne plus de sentiments, d’émotion et d’intrigue à l’histoire.

Très belle surprise littéraire que je vous invite de lire. Un très bon moment de lecture !

Premier roman de Maelle Guillaud.

8 janvier 2018
Adèle R

Lucie ou la vocation, de Maëlle Guillaud, raconte l’évolution d’une jeune fille qui choisit de prendre le voile. Autant dire que j’étais dubitative en prenant le livre entre mes mains, car le thème ne me passionne pas beaucoup.
J’ai été très agréablement surprise par la lecture du roman, qui évoque à deux voix l’histoire de Lucie, son amour pour Dieu, ses désillusions, le point de vue de sa meilleure amie et de sa famille, qui sont dans l’incompréhension.
J’ai été vite prise par les intrigues qui règnent au sein du prieuré. Deux thèmes s’opposent assez vite, la foi de Lucie contre le système interne au prieuré, loin d’être de toute pureté.
Lucie ou la vocation est une belle découverte qui se lit très facilement.

6 janvier 2018
Missbook

Lucie ou la vocation...
Le simple titre est évocateur et annonciateur.
Maëlle Guillaud s'est lancée, pour un premier roman, dans un sujet plutôt risqué et dont on parle peu.
Simple pudeur ou tabou, elle a au moins le mérite d'en parler, que cela plaise ou non, quitte à bousculer certaines institutions.
L'originalité de ce roman est dans sa lecture en double voix. En effet, on a d'une part Lucie qui évoque son cheminement depuis qu'elle a reçu "l'appel" ; et d'autre part, le témoignage de Juliette, sa meilleure amie, qui assiste impuissante à cet abandon.
"J'ai beau répéter que je respecte son choix, que j'ai appris grâce à elle que le bonheur pouvait se trouver ailleurs que dans le couple, la maternité, la carrière, je n'en crois pas un mot. Je n'ai d'estime ni pour son choix ni pour sa religion. Dieu me l'a prise, je le hais."
Lucie va donc faire le choix de vouer à Dieu un amour exclusif, ce que son entourage va avoir du mal à accepter.
"Ma Lucie, qui t'éloignes de moi, tu vis un commencement. Tout ce que tu as vécu avant ce moment précis n'a plus aucune importance à tes yeux. Je chavire. Ce sanctuaire est un tombeau."
Ce qui me paraît intéressant ici, c'est la manière - très objective - de constater à la fois le bonheur pur et intense de Lucie et l'incompréhension totale de ses proches.
Ce qui a été délicat pour l'auteure, je pense, c'est de mettre à jour - même si on reste dans une approche de type romanesque - la réalité de fonctionnement de certaines institutions religieuses, notamment dans ce que les voeux de pauvreté et d'obéissance impliquent.
On assiste également à des scènes d'humiliation qui mettent en lumière le fait que ces congrégations, qui vivent en reclus de la société, n'en sont pas pour autant dégagées de tout acte humain de malveillance.
"La congrégation est une pieuvre dont les tentacules sont féroces."
Ce roman bouscule, dérange même, mais n'est-ce pas en cela qu'il est pertinent ?

20 décembre 2017
Amélie N.

Il est très délicat pour moi de critiquer ce livre particulièrement parce qu'il trouve ses racines dans le vécu de l'autrice et de son amie et que, je dois l'avouer, je ne serais pas allée vers cette lecture de moi-même. Que dire alors à part que l'acte de lecture est une rencontre et que nous ne nous sommes pas trouvées.
Tout d'abord au niveau du style tout simplement. Les chapitres courts ne m'ont pas gênée au contraire, ils me donnaient la sensation d'aérer un peu ma lecture surtout lorsque certains étaient (un peu trop) saturés de prières (nécessaires pour rendre compte de l'ambiance mais bon...on est quand même soulagés d'en sortir). J'ai eu plus de mal avec ces phrases sans verbes qui hachurent la lecture avec beaucoup moins de douceur qu'une virgule. Certaines alternances sans distinction entre la 3ème personne et la 1ère personne dans un même paragraphe se rapportant au même personnage ne m'ont pas paru des plus fluides non plus. Cependant, l'ensemble est concis, le vocabulaire accessible, et malgré ces quelques critiques je ne peux pas dire qu'il soit difficile à lire bien au contraire.
Autre rendez-vous manqué pour ma part, j'ai eu du mal à m'identifier aux personnages, à comprendre certaines réactions. Peut-être est-ce parce que j'en suis trop éloignée ou peut-être que leur cheminement intérieur n'est pas amené d'une manière qui trouve un écho en moi. Toujours est-il que si je peux comprendre les raisons qui poussent Lucie à ce choix de vie je les trouve à peine ébauchées, la décision est rapide, ...trop pour moi.Peut-être que le roman aurait gagné à débuter un peu plus tôt dans la chronologie (par la rencontre de Lucie et Mathilde par exemple?). On connait finalement peu le lien qui les unit, on en perçoit des bribes mais je ne l'ai pas "ressenti".
La réaction de Juliette m'est aussi assez incompréhensible, pourtant elle devrait être le personnage auquel je m'identifie le plus a priori. Je ne comprends pas comment, en tant qu'amie, on peut juger en amont une décision et tenter de la comprendre ensuite... J'ai essayé de me mettre à sa place, de me demander comment je réagirai et j'ai l'impression que la démarche logique est plutôt de faire l'inverse (essayer de comprendre d'abord et avoir un avis potentiellement tranché ensuite). Elle souhaite la "sortir de là" bien avant de savoir si elle s'y sent bien ou non et commence à admettre l'idée qu'elle peut s'y sentir bien quand, au contraire, les événements devraient la mener à se poser des questions sur ce qui s'y passe. Encore une fois, si le récit avait commencé plus tôt peut-être aurais-je mieux compris cette réaction mais en l'absence de discussion approfondie entre les deux protagonistes avant le choix de Lucie, c'est compliqué.
Pour finir, je ne peux qu'exprimer du regret, parce que oui ce livre avait du potentiel, il y a un remarquable parallèle entre la vie que veut fuir Lucie et celle vers laquelle elle s'enferme. On remarque que si le cadre change, la vie de soumission et de pression constante qu'elle ressent en prépa se retrouve dans le prieuré. Or dans un cas elle le fuit, dans un autre elle s'interdit d'en questionner les fondements. Elle abhorrait cette frénésie de la compétition qui règne dans cette course aux grandes écoles tout en s'enorgueillissant du terme "élite de la nation" et on la retrouve presque aussitôt avec cette idée fixe de vouloir être "plus importante" que ses soeurs, gravir des échelons, avoir des avantages, avoir une place spéciale. Peut-être que ce point aurait été à approfondir également dans son rapport à l'obéissance au lieu de ne l'expliquer que par son rapport à Dieu et à sa foi.

Quant à la fin, son choix s'explique de tellement de façons, si riche en terme de réflexion psychologiques et sociologiques, et se retrouve pourtant si vite expédié. Quel dommage!
J'avoue aussi avoir été heurtée par ce passage "J'ai été juste. J'ai été loyale. Ces qualités feraient-elles de moi une bonne mère supérieure?". Quelle complaisance envers elle-même! Pense-t-elle vraiment avoir été exemplaire et surtout est-on, nous lecteur, censé penser qu'elle l'est? Les seuls regrets présent en Lucie semblent être ceux liés à son choix de vie, je m'attendais à beaucoup plus d'introspection sur le bien-fondé de ce qu'elle a fait subir aux novices, sur son rapport aux autres et en partie à sa mère et à ses "inférieures hiérarchiques"(qu'elle considère si peu en individus). J'y trouve là aussi un parallèle passionnant à faire entre la personne qu'elle serait devenue en tant qu'"élite de la nation" et celle qu'elle est finalement en tant qu'"élite du prieuré" ainsi qu'un questionnement fondamental au sujet de la formation des dirigeants en général et du cercle vicieux de l'oppression subie et répétée qui est un sujet passionnant.
Pour conclure, je dirai que roman a quand même le mérite d'éveiller des pistes de réflexions personnelles en effleurant sans oser creuser (ce que l'on peut regretter) certaines thématiques intéressantes.

19 décembre 2017
Elisabeth

#PMR2018 - Éditions Points / Éditions EHO


J’ai passé 200 pages dans un couvent. Auprès d’elle. Lucie.

J’ai entendu les silences de ce lieu. J’ai capté sa ferveur, son incrédulité. J’ai deviné ses moments d’incertitude. D’abandon. D’incompréhension, de perdition. J’ai ressenti ses forces comme ses faiblesses.

J’ai appris à la connaître. Je m’y suis attachée. Je ne voulais plus la quitter. Elle en a traversé des instants difficiles, ce qu’une vie à huis-clos peut représenter. Offrir sa vie au Créateur, à Celui qu’on épouse, se sacrifier pour Lui, se priver des jouissances de la vie, pour en vivre une autre, à ses côtés. Entourée de ses soeurs, sous les ordres des mères supérieures successives, le chemin n’est pas aisé. Mais Lucie sait nous charmer, nous apprivoiser.
Cette vocation qu’elle a et pour laquelle elle se bat, s’impose à ses proches, tantôt avec justesse tantôt avec maladresse.
Une chose est sûre, Maëlle Guillaud a bien une vocation : celle de nous raconter une si prenante et envoûtante histoire. Celle de nous faire decouvrir Lucie au fil de son écriture délicate. Elle provoque l’attachement, comme une dépendance, à la vie de Lucie… J’ai eu du mal à lui dire au revoir… mais qui sait, peut être qu’un jour, je recroiserai son chemin au détour de quelques pages d’un joli futur roman…

https://littelecture.wordpress.com/2017/07/05/lucie-ou-la-vocation-de-maelle-guillaud/

19 décembre 2017
Marion

J'ai été complètement fascinée par cette histoire et la manière dont elle a été écrite ; je l'ai dévorée en une soirée. Le parallèle entre la vie extérieure et le couvent est très intéressant et le poids du secret qui règne tout au long du récit nous fait nous poser beaucoup de questions. J'ai adoré !

14 décembre 2017
Emmanuelle BARBERA

De l'abnégation à la pleine puissance narcissique, un roman qui éloigne de la rédemption. Roman à la lecture rapide, parfait pour un voyage en train, au goût amer. Quand les illusions de jeunesse se fracassent contre les portes des couvents, lieu fermé où les Epouses respirent à peine, où la féminité est déconstruite et anéantie.

13 décembre 2017
Sonia B.

Je suis rentrée dans ce livre un peu à reculons n'étant pas vraiment inspirée par le thème, celui de la religion. J’aurais eu tort de rester sur cet a piori tant ce livre m'a happée et fascinée dès les premières pages! L'histoire est celle de Lucie, brillante élève de 19 ans, qui décide d'abandonner ses études, sa famille, sa meilleure amie Juliette et sa vie de jeune fille ordinaire qui aime faire la fête pour répondre à l'appel divin et rentrer dans les ordres. Cette nouvelle vie s'avère beaucoup plus dure et semée d'embûches que ce qu'elle avait imaginé. Elle fait l'expérience de l’âpreté des relations entre sœurs, de l'enfermement, des humiliations. Soumise à la terreur que fait régner la Mère supérieure, elle avance sur son chemin spirituel sans que rien ne semble pouvoir la détourner de cette vocation qui grandit jour après jour. Son amie Juliette, athée, s’interroge sur les raisons qui l’ont poussé à cette vie et tente, lors de ses rares visites au parloir du couvent de trouver des réponses. Cette lecture s’est révélée fascinante, haletante comme un polar en somme car jusqu’à la toute dernière ligne, on se demande qu’elle décision prendra Lucie. Un coup de cœur et pourtant c’était loin d’être acquis !

12 décembre 2017
RANC

Voilà un livre qui ne me tentait pas du tout et vers lequel je ne serais jamais aller si je n'avais pas été jurée. A priori un livre qui parle de religion et de foi, ce n’est pas pour l’athée que je suis. Je suis donc parti dans l’idée que je risquais de le lire en diagonale….
Bien évidemment, ce n’est pas comme ça que ça s’est passé. Je me suis fait attraper par cette histoire en quelques pages.
Lucie est en Khâgne quand elle prend une décision radicale qui va bouleverser sa vie. Elle décide d’abandonner ses études pour « se marier avec Dieu ». Sa vie prend enfin un sens.
Mais pour sa mère, sa grand-mère et sa meilleure amie Juliette, c’est l’incompréhension.
Désormais les journées de Lucie seront rythmées par la prière, l’adoration et les tâches monastiques. Elle devra renoncer à ses amis, a ses envies et autres rêves et devra chasser de son esprit toutes mauvaises pensées. Renoncer également à elle-même et ne plus prêter attention à son corps, le laisser grossir, le gaver. Accepter cette « incarcération ». Elle devra surtout obéir aveuglement à la supérieure mais Lucie est une rebelle dans l’âme.
Au fil des pages la quête spirituelle va se transformer en enquête, le roman d’une vocation bascule dans le suspens.
Voilà donc une histoire qui pourrait paraitre rébarbative mais qui se révèle addictive pour plusieurs raisons. D’abord parce que l’histoire nous est raconté à tour de rôle par Lucie et par Juliette. Deux visions bien différentes sur ce changement de vie. Ensuite, parce que l’auteure mène une autopsie minutieuse de l’institution religieuse que l’on pourrait presque lire comme une enquête sociologique. Et puis parce qu’il y a ce basculement d’un genre à l’autre dans l’histoire qui fait toute l’originalité de ce livre.
Deux points négatifs cependant et pas des moindres : l’écriture et la fin. L’écriture certes efficace mais trop convenue. La fin qui ne m’a pas convaincue et que je trouve même bâclée.
Bref un roman imparfait mais qui se lit avec plaisir.

11 décembre 2017
Mumu dans le Bocage

"Il ne faut pas vous en faire, au Carmel, ce sont les trente premières années qui sont les plus difficiles." Alain Cavalier (Thérèse).

Voilà le décor est planté......

Lucie, étudiante en khâgne, rend visite depuis plusieurs mois à une communauté de religieuses avec Mathilde, une amie de promotion. La jeune fille pleine de doutes sur son avenir, ses capacités et les enjeux entre étudiants, rêve de grandeur, d'amour absolu, de passion. 

Elle fait le choix de se consacrer à cet idéal, le Christ (mais le choix de la religion catholique est-il délibéré de la part de l'auteure ?), son Modèle, son Amour, elle qui a tant souffert de l'absence de son père décédé dans l'ascension d'une montagne, sa passion à lui, dont elle garde très peu de souvenirs à part le vide qu'il a laissé.

Mais Lucie devenue Marie-Lucie au sein de la congrégation va se voir confronter à un monde clos bien loin de ce qu'elle imaginait..... Tâches ingrates, répétitives sans intérêt autre que l'humiliation, l'oubli de soi, jusqu'à son apparence. Elle va aller de désillusions à ambition, de souffrance à envie de liberté. Mais Lucie est une soumise, elle ne se révolte pas, elle accepte, comme un long chemin de croix toutes ces déconvenues pour aboutir, pense-t-elle au Graal de l'Amour Suprême.

Sur 10 ans nous la suivons sur cette lente intégration, semée d'embûches et elle devra au final faire à nouveau un choix : écoutera-t-elle la raison, la passion ou son coeur ?

Fais donc ce dont tu as profondément envie ! La vie est courte, elle ne doit pas être une punition.(p200)
J'ai tout de suite été attirée par ce livre pour débuter ma participation au Prix Meilleur Roman Points 2018 et je suis en fin de compte assez déçue par ma lecture. Il s'agit en fin de compte d'une sorte de polar religion/manipulation psychologique.

Bien sûr il y est question de la vie communautaire religieuse mais sous un aspect presque sectaire où les intérêts ne sont pas religieux même s'ils en sont le prétexte mais j'espérais un récit sur l'entrée en religion d'une jeune femme, son parcours, ses désillusions certes mais aussi ses joies, son isolement, son intégration ou non au sein de la communauté.

Le récit se fait à deux voix : Lucie mais aussi Juliette, son amie d'enfance qui n'accepte pas la perte de son amie, son éloignement et ne comprend pas ses choix. Elle fera son possible pour, non seulement, restée proche d'elle et ne pas rompre le lien qui les unit mais aussi lui ouvrir les yeux.

Les relations entre les différents personnages, essentiellement féminins : Mathilde, Soeur Marie-Thérèse, Juliette, Lucie, sa mère et sa grand-mère, ainsi que le père Simon, éminence grise, manipulateur, comptant sur la foi des ouailles mais aussi sur leurs côtés plus sombres : ambition, rancoeur, jalousie, pouvoir, pour déplacer ses pions.

Je n'ai pas été convaincue par les ressorts de l'histoire. Lucie rentre dans les ordres par amour du Seigneur mais surtout par l'attrait de la sérénité des lieux où elle se rend régulièrement en observatrice. Elle cherche un refuge, une douceur, une sécurité qui la protègent de la dureté de ses études et de la compétition mais aussi peut-être pour y trouver une image paternelle qui lui manque, un guide....

Le basculement dans une sorte de thriller psycho-manipulation sectaire ne m'a ni convaincue, bien que possible, ni émue, ni passionnée. Etait-il nécessaire d'en arriver là alors que le début du récit sur sa vocation, ses doutes sur ses choix, sur le regard de ses proches, son engagement paraissait intéressant et original car peu traité à mon avis, la suite et fin se révélant décevantes, cousues de fil blanc et dignes d'une série B, fort convenue dans le genre et je n'ai eu qu'une envie c'est d'en sortir.

Les deux voix, celle de Lucie pénétrée de l'amour qu'elle ressent et celle de Juliette, qui tout au contraire ne voit que la perte d'identité de son amie et son renoncement auraient mérité une meilleure exploitation  avec un effet de miroir dans les attentes, les doutes, les questionnements d'une novice face à son amie qui est son opposée. Une partie de roman est intéressante mais pourquoi l'avoir fait basculer dans une manipulation aussi grossière, qui n'apporte rien et à laquelle on n'adhère que difficilement.

Se lit facilement, écriture agréable, fluide. les chapitres courts, alternant les deux amies, mais on referme le livre en se demandant quel était le but de l'auteure ? Assimiler la religion à une manipulation psychologique à des fins crapuleuses....... Oui mais alors de manière plus subtile, insidieuse. On ne comprend pas qu'une étudiante brillante accepte toutes ces brimades, ces comprimés, ces étouffements alimentaires et psychiques sans révolte.

Un premier roman, pour moi peu convaincant, ayant choisi un final un peu en queue de poisson, comme si elle avait eu l'idée du sujet mais pas la façon d'en venir à bout

11 décembre 2017
Julie Massal

(Commentaire dans le cadre de la sélection pour le prix du meilleur roman 2018).
Comment vivre sa foi et sa vocation dans un univers tel qu'un couvent de femmes, et ce dans une atmosphère extrêmement austère, où le silence est loi (et ce à tous les sens du terme)? Ce premier roman de M. Guillaud a le mérite de poser des questions complexes, abordées par le prisme de la vie de Lucie, une jeune étudiante de prépa qui fait le choix de la vocation religieuse, et qui découvre ses implications concrètes, au sein d'un couvent appartenant à un ordre contemplatif. Sa façon de vivre ses vœux de pauvreté, chasteté et surtout d'obéissance, dans un univers dépeint comme proche du milieu carcéral, sont au cœur de la réflexion : comment concilier liberté de choix sans cesse renouvelée et obéissance (aveugle) à une autorité, un ordre, un ensemble de règles très rigoureuses régissant la vie quotidienne?
A partir de cette trame, on voit se dérouler dans un laps de temps de dix ans, la vie de la jeune religieuse, et ses crises de doute se succèdent.
Ce thème, qui ne m'attirait pas beaucoup initialement mais qui m'a toujours intriguée, amène à se (re)poser de nombreuses questions sur les motivations d'un tel choix chez une jeune femme. Mais je suis restée sur ma faim à maints égards, en ne trouvant pas la réponse à ces questions.
L'évolution du personnage de la jeune fille, sur le plan psychologique, est trop peu développée; cela ne permet pas de bien comprendre pourquoi elle persiste dans son choix, car ses doutes et revirements ne sont pas analysés assez en profondeur. On ne comprend pas non plus quel est le parcours de vie qui l'amène à faire ce choix de vie, hormis de breves allusions au passé, ou ses motivations pour continuer malgré les diverses épreuves rencontrées. Les personnages en général ne sont pas assez fouillés, il y a beaucoup de pistes pas exploitées: on aimerait en savoir plus sur l'amie, Mathilde, devenue elle aussi religieuse dans le même couvent (dont on ne sait quasiment rien) ou sur Juliette, l'amie fidèle qui tente de comprendre les choix de Lucie et dont les réflexions, un peu plus nuancées, s'égrènent, au fil du roman; ces réflexions sont ce qui m'a le plus intéressée de ce roman, sans doute car c'est le personnage auquel je m'identifie le plus.
Le style me paraît toutefois être le principal bémol de ce livre, car les phrases trop brèves, voire plates, toujours au même temps, et trop hachées, n'aident pas à gagner en profondeur dans l'analyse et enlèvent de la fluidité à la lecture.

8 décembre 2017
Sophie Gauthier

De quoi se nourrit la foi ? Quelle est la nature de ce que l'on nomme la "vocation" ? Pour Lucie, héroïne du premier roman de Maelle Guillaud, cela semble simple pourtant : l'intensité de la foi, le désir de se vouer intégralement à Dieu, sans transiger avec les exigences sociales et familiales. Fragilisée par une difficile année de khâgne, Lucie trouve réconfort et certitude dans sa foi vibrante. A 19 ans elle découvre que sa destinée ne peut s'accomplir que dans l'union exclusive avec le Christ. Dans la congrégation parisienne où elle entre, le cheminement vers les voeux perpétuels est jalonné d'humiliations, de déceptions et de luttes. Devenue Soeur Marie-Lucie, elle découvre dans cet univers reclus aux règles nébuleuses, un système souterrain de pouvoirs, d'ambitions et de mesquineries, propre à briser toute personnalité considérée comme rebelle. Contrainte de gommer son identité, Lucie s'aperçoit que la foi est insuffisante à répondre aux doutes qui émergent. le soutien même sans compréhension de sa mère et de sa meilleure amie constitue à la fois un appui et un obstacle. Ce qu'elle considérait comme une vocation pure et dénuée de tout orgueil devient, comme dans le siècle, un moyen d'être préférée.
Je n'ai pas été vraiment passionnée par "Lucie ou la vocation". J'y ai trouvé, certes, matière à réfléchir sur le choix du renoncement au monde. Mais le trait m'a semblé parfois outré pour décrire la vie de cette congrégation où les religieuses se révèlent toutes odieuses. C'est le chagrin de la mère de Lucie qui m'a le plus touchée. Pour le reste, j'ai eu l'impression que le roman hésitait finalement entre l'aspect purement romanesque (les malversations de la mère supérieure) et une réflexion aboutie sur cette idée d'appel de la foi qui trouve son apogée dans le renoncement au monde. Une impression mitigée, donc !

2 décembre 2017
Sophie Gauthier

De quoi se nourrit la foi ? Quelle est la nature de ce que l'on nomme la "vocation" ? Pour Lucie, héroïne du premier roman de Maelle Guillaud, cela semble simple pourtant : l'intensité de la foi, le désir de se vouer intégralement à Dieu, sans transiger avec les exigences sociales et familiales. Fragilisée par une difficile année de khâgne, Lucie trouve réconfort et certitude dans sa foi vibrante. A 19 ans elle découvre que sa destinée ne peut s'accomplir que dans l'union exclusive avec le Christ. Dans la congrégation parisienne où elle entre, le cheminement vers les voeux perpétuels est jalonné d'humiliations, de déceptions et de luttes. Devenue Soeur Marie-Lucie, elle découvre dans cet univers reclus aux règles nébuleuses, un système souterrain de pouvoirs, d'ambitions et de mesquineries, propre à briser toute personnalité considérée comme rebelle. Contrainte de gommer son identité, Lucie s'aperçoit que la foi est insuffisante à répondre aux doutes qui émergent. Le soutien même sans compréhension de sa mère et de sa meilleure amie constitue à la fois un appui et un obstacle. Ce qu'elle considérait comme une vocation pure et dénuée de tout orgueil devient, comme dans le siècle, un moyen d'être préférée.
Je n'ai pas été vraiment passionnée par "Lucie ou la vocation". J'y ai trouvé, certes, matière à réfléchir sur le choix du renoncement au monde. Mais le trait m'a semblé parfois outré pour décrire la vie de cette congrégation où les religieuses se révèlent toutes odieuses. C'est le chagrin de la mère de Lucie qui m'a le plus touchée. Pour le reste, j'ai eu l'impression que le roman hésitait finalement entre l'aspect purement romanesque (les malversations de la mère supérieure) et une réflexion aboutie sur cette idée d'appel de la foi qui trouve son apogée dans le renoncement au monde. Une impression mitigée, donc !

 

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