Histoire du lion Personne de Stéphane Audeguy

6,5€ // 168 pages
Paru le 17/08/2017
EAN : 9782757868829

Histoire du lion Personne

Stéphane Audeguy

Littérature

Partagez :

« Il est absolument impossible de raconter l’histoire du lion Personne, qui vécut entre 1786 et 1796 d’abord au Sénégal, puis en France. Cependant, rien ne nous empêche d’essayer. »

S. A.

Né en 1964, Stéphane Audeguy a publié en 2005 son premier roman, La Théorie des nuages, traduit dans plus de vingt langues, puis Fils unique, Nous autres et Rom@. Il enseigne également l’histoire du cinéma et des arts.

« Merci à Stéphane Audeguy qui a mêlé d'une plume si précise et légère le silence des bêtes de l'histoire des hommes. Un livre merveilleux. »

Alice Ferney dans Le Figaro

 

Commentaires

22 mars 2018
Camille ROY

[Lu en tant que jury du meilleur roman 2018]

Avec ce roman, vous partez en totale immersion dans l'Afrique du XVIIIe dans toute son évolution, sa diversité... Et il n'y a pas à dire, c'est dépaysant.

L'auteur a beaucoup de talent pour la description, pour les paysages de faune et de flore (non sérieux, je me suis crue dans Le Roi Lion ! #zéroculture), si bien qu'il n'y a quasiment aucun dialogue dans ce roman. Personnellement, pour moi qui adore les échanges de joutes verbales, je suis toujours un peu sur mes gardes quand je vois qu'un livre n'a que très peu de dialogues. Pourtant ici, le roman est suffisamment court pour que le manque ne se fasse pas trop sentir.

Et nous voici donc à suivre les aventures d'un lion. Étonnant, non ? En tous les cas, original...

Personnellement, j'ai eu beaucoup d'empathie pour l'histoire de ce jeune lionceau qui va vivre toute sa vie auprès des hommes et qui ne connaîtra rien du destin ordinaire de ces congénères. Point de longue balade dans la savane ou de sieste en pleine brousse. Pour Personne, ce sera plutôt dodo au coin du feu et voyage à l'autre bout du monde.

Parce que oui, Personne ne va pas seulement évoluer au milieu des sénégalais, il va aussi se balader du côté de la Cour de Versailles pour faire un petit tour dans sa ménagerie. Et ça, juste avant la Révolution Française ! Donc autant vous dire que sa nouvelle vie ne va pas être de tout repos.

Si le démarrage a été un peu lent à mon goût, cette seconde partie en France, plus rythmée, m'a davantage plu.

Le contexte historique et révolutionnaire prenait un tout autre sens à travers l'histoire de cet animal sauvage qui n'aurait jamais dû se trouver là.

Dans ce roman au final, ce qui est le plus bouleversant, c'est le destin de ce lion qui n'aura existé que pour divertir les hommes. Un destin que de trop nombreux animaux subissent encore aujourd'hui...

15 février 2018
Béa Pome

J'ai commencé ce roman par la dernière phrase: "Alors nul ne se souvint plus de Personne". J'ai souri. Ce lion de papier allait-il rentrer dans ma galerie de personnages inoubliables ou bien donnerai-je raison au narrateur?
Je vous le dis sans détour, le lion Personne flanqué de son fidèle compagnon Hercule passant de mains en mains, de pays en pays, de St Louis jusqu'à Paris, des ports négriers jusqu'à la révolution française ne passera pas aux oubliettes. Je lui ai donné une place de choix dans ma galerie, aux côté d'Ulysse, même si ce Personne-là ne retrouvera jamais sa terre natale.
Cette histoire n'est pas une fable -silence des bêtes ; peut-être bien un conte philosophique comme une invitation à reconsidérer notre propre humanité.

5 février 2018
Sophie Gauthier

Peut-on faire le mal en voulant faire le bien ? C'est l'une des questions qu'aborde ce superbe roman à la portée philosophique. Pour éviter une mort certaine à un lionceau orphelin, Yacine, un adolescent, le recueille et le fait vivre dans la société des hommes. Désormais incapable de survivre dans la savane, rejeté par ses congénères, le fauve est contraint de s'adapter à une existence qui ne lui était pas destinée. En cela il rejoint ces Africains réduits en esclavage, qui, comme le lion, ne sont personne pour ceux qui s'affirment leurs maîtres. Mais la métaphore va bien au-delà et amène à s'interroger sur les notions de liberté, de progrès et sur l'acharnement des humains à toujours garder le pouvoir sur leurs semblables comme sur les autres espèces vivantes.
Située au XVIIIème siècle finissant, l'histoire est racontée dans une élégante langue classique qui l'apparente à une fable ou à un conte voltairien. Je l'ai lue avec délice et avec une émotion intense. Nul superflu, nulle faiblesse dans cette narration limpide qui entrelace magistralement le romanesque et la discrète érudition, le temps historique et le temps humain. Un roman intemporel, si beau, si fort qu'il m'a touchée le coeur autant que la raison et la conscience.

22 janvier 2018
Solenn (Le Carnet de Lectures de Solenn)

Yacine est un jeune orphelin qui vit dans un village reculé du Sénégal à la fin du 18ème siècle. Il apprend à lire et à écrire auprès d’un missionnaire, le Père Jean, qui l’encourage à tenter sa chance auprès du directeur de la Compagnie Royale du Sénégal, Jean-Gabriel Pelletan. Pendant le long voyage qui le mène vers la ville portuaire de Saint-Louis, Yacine trouve un lionceau abandonné, qu’il nomme Personne (référence à L’Odyssée d’Homère), et qu’il décide de prendre en charge. Mais quand on est un animal sauvage, comment trouver sa place au milieu des hommes ?

Voici donc le premier roman que j’ai lu pour le Prix du Meilleur Roman 2018 des éditions Points, et j’avoue que dans la première sélection de 4 livres que j’ai reçue c’était sans doute le titre qui me tentait le moins. J’ai d’abord été déroutée par la forme qui se rapproche du conte philosophique, à la manière d’un Candide africain, surprise par la tournure du récit qui n’emprunte pas les chemins habituels, mais aussi fascinée par la langue élégante et chatoyante de Stéphane Audeguy, et c’est bien là ce que je retiendrais surtout de ma lecture. L’histoire du lion Personne est avant tout l’occasion de parcourir l’Afrique du 18ème, où l’esclavage fait encore partie des normes sociales, et de croiser entre-autres les signares, métisses sensuelles et puissantes femmes d’affaires qui règnent sur le commerce local. « Elles étaient les descendantes des femmes noires que certains Blancs ambitieux et célibataires, poussés vers les rivages du Sénégal par quelque scandale, banqueroute, parentèle hostile, avaient au fil du temps épousées de la main gauche » (!)

Personne et son désormais fidèle compagnon Hercule, un chien braque, seront ensuite envoyés en France, à l’aube de la Révolution, qui aura des conséquences dramatiques sur la Ménagerie Royale. A l’heure où il est de bon ton de couper la tête des rois, doit-on continuer à engraisser le Roi des Animaux alors que le peuple meure de faim ? L’auteur dépeint un univers où la violence et la mort sont omniprésentes et où l’animal est tour à tour objet de curiosité, danger, symbole, trophée selon le bon vouloir des hommes, qui n’en sortent pas grandis. Beau et cruel, ce court récit (160 pages), atypique dans la littérature contemporaine, m’a finalement beaucoup plu malgré mes a-priori (c’est bien de sortir de temps en temps de sa zone de confort !)

21 janvier 2018
Lilylit

J’ai pensé de prime abord que le livre suivrait le parcours du jeune et sympathique Yacine, mais assez vite c’est bien le lion Personne qui se dégage comme personnage principal d’un récit dont les différents chapitres évincent à chaque fois plusieurs autres personnages. C’est le lion seul auquel le narrateur s’attache, de la brousse au port du Havre et jusqu’aux jardins botaniques de la région parisienne.

Un beau périple pour l’animal qui nous permet une immersion dans ce siècle de faste mais aussi de violence, de société hiérarchisée et de misère. J’ai pris plaisir surtout à suivre les péripéties des humains qui entourent l’animal, car finalement, le lion lui-même n’est pas si intéressant, étant doté d’assez peu de sentiments. On peut cependant s’indigner des mauvais traitements qu’il reçoit, en particulier pendant la traversée en bateau. À l’inverse, bien traiter Personne est un gage de bonté pour les humains qui se confrontent à ce roi bien inoffensif.

Ce petit livre se dévore vite et plaisamment mais ne m’a pas pour autant laissé un souvenir impérissable. Pour moi, un conte de ce style comporte une morale ou une satire plus évidente, et ici je n’ai pas trouvé si originale la dimension éthique du récit. Je ressors donc de cette lecture avec une satisfaction mitigée.

19 janvier 2018
Virginie D. Vertigo

La condition humaine vue par le prisme du lion, la condition animale par le prisme des humains. Voilà un peu comment on pourrait résumer en une phrase ce beau roman qui aborde finalement des thèmes très actuels. Une belle épopée romanesque mais un style un peu trop ampoulé qui finalement, selon moi, dessert un peu le récit. Ce roman reste cependant un bel hommage au monde animal et un révélateur de ce que l’humain a de meilleur et de pire.

19 janvier 2018
Florence B.

Nous sommes au Sénégal, à la fin du dix-huitième siècle. Jeune orphelin sénégalais, Yacine a à peine treize ans et il a une grande expérience de la vie ; il sait déjà, notamment que « le gros des hommes ignore qu’il va mourir ; ceux qui le savent ne veulent pas, pour la plupart, le comprendre, et n’en tirent aucune conséquence pratique. Seule une poignée d’êtres vit sa vie, sa seule vie ; rien qu’une vie, mais toute entière ».

Déterminé, Yacine veut quitter son village qu’il déteste. Il entreprend le chemin vers Saint-Louis, sur les conseils du prêtre blanc du séminaire qui lui enseignait le « savoir des Blancs » et surtout les mathématiques pour lesquelles Yacine montre des dispositions particulières. Yacine emmène avec lui un lionceau qu’il vient de recueillir. Abandonné par sa mère, ou orphelin, l’animal est venu par surprise se blottir contre Yacine, compromettant ainsi ses chances de survie dans le monde sauvage parce que désormais porteur de l’odeur de l’homme.

Mais le destin en décide autrement pour Yacine : c’est le Directeur de la Compagnie Royale du Sénégal, Jean Gabriel Pelletan, qui va prendre soin du lion désormais dénommé Personne, ainsi que d’un chien, Hercule, qui deviendra le meilleur ami de Personne. Le joli conte que nous propose Stéphane Audéguy peut apparaître comme l’illustration du sort des déracinés : Personne et Hercule n’appartiennent à aucun monde, ils ne font plus partie du règne animal, ils ne seront jamais des hommes. Inadaptés et donc rejetés de tous. Pelletan se sent coupable d’avoir contribué à cette situation, par sensiblerie et par orgueil, pense-t-il, alors qu’il n’avait pour toute autre solution que de les condamner à une mort certaine.

Il ne reste qu’à envoyer les deux animaux à la Ménagerie Royale de Versailles et c’est un troisième homme providentiel qui entoure les deux bêtes de sa bienveillance. Mais les temps sont troubles : famine, froid, révolution, la France n’a que faire des animaux exotiques, même si quelques naturalistes défendent l’intérêt scientifique et essaient d’adoucir le sort des nouveaux arrivés.

Ce premier roman de la sélection au prix du meilleur roman Points met en lumière les mensonges et l’inhumanité des hommes, défauts également partagés sur terre, quel que soit le continent. C’est Adal, personnage secondaire, témoin de ce dix-huitième siècle finissant qui nous offre ce regard équilibré sur les travers des hommes. Ajoutons à cela la très belle écriture classique et précise de l’auteur : ce n’est pas un coup de cœur, mais sans aucun doute une très belle lecture que je vous recommande !

17 janvier 2018
Laurence

Éditions Points PMR 2018

L’histoire débute au Senegal à la fin du XVIIIeme siècle, et nous emmène jusqu’à Paris.
Yacine, est un jeune garçon passionné de mythologie. Il vit dans un village reculé du Sénégal, et suite au décès de ses parents, il est envoyé à Saint Louis pour y suivre les mêmes enseignements que les « blancs ».
En chemin il trouve un bébé lion , orphelin lui aussi, et décide de le garder. Il lui donne le nom de Kena (qui signifie Personne, en Wolof, la langue de sa tribu), en hommage à Ulysse d’ Homere.
A Saint Louis , le directeur de la Compagnie Royale du Sénégal se prend d’affection pour Yacine et son lionceau...

Le décor étant planté je vais arrêter là mon résumé , sinon je vais devoir entrer dans les détails et vous dévoiler le déroulement. Et il n’y aurait plus aucun intérêt pour vous de lire cette belle histoire.

Stéphane Audeguy mène son récit comme un conte, où les hommes mènent la danse pour le lion. Car même si ce dernier est le fil conducteur du récit, l’auteur le dit bien dès le debut du roman « Il est absolument impossible de raconter l’histoire d’un lion, parce qu’il y a une indignité à parler à la place de quiconque, surtout s’il s’agit d’un animal. Il est absolument impossible de raconter l’histoire du lion Personne, qui vécut entre 1786 et 1796 d’abord au Sénégal, puis en France. Cependant, rien ne nous empêche d’essayer. »
Et son essai est réussi, plusieurs thèmes sont abordés dans ce court récit a mi chemin entre le conte philosophique, le roman et la fresque historique.
C’est une histoire sur les amitiés improbables, les a priori, la tolérance, le partage , et les amours interdits.
Le tout sous fond historique, politique et philosophique.
Je trouvé cette histoire très belle, bien écrite, mais très dure aussi , car elle fait ressortir toute la laideur et la cruauté dont les hommes sont capable face a ce qui, souvent, leur fait tout simplement peur.
❤️❤️❤️

16 janvier 2018
Dominique Sudre

Sénégal, 1786. Dans son village, Yacinne est protégé par un missionnaire qui a su détecter chez ce jeune homme de belles capacités intellectuelles et qui lui donne toute l’éducation qu’il est possible de recevoir au village. Il va l’envoyer à St Louis, pour parfaire cette éducation. En chemin, Yacinne trouve un lionceau. Il l‘adopte et lui donne pour nom Kena, ce qui en langage de sa propre tribu signifie « personne ». Arrivé à Saint-Louis-du-Sénégal, le jeune Yacine se place sous la protection de Jean-Gabriel Pelletan de Camplong, le directeur de la Compagnie Royale du Sénégal. Ce dernier va adopter Kena, le lion Personne.
Jean Gabriel est un homme droit dont les pensées vont à l’encontre de la morale de l’époque et de l’intérêt du commerce. Il bataille contre l’esclavagisme, refuse de prendre pour maitresse ces belles mulâtres, et a des goûts plus prononcés pour les hommes que pour le jeunes femmes, cela ne va pas lui rendre la vie facile. A la mort de Yacinne, le lion devient rapidement le compagnon de solitude de Pelletan.
Grâce à ses contacts épistolaires avec Georges-Louis Leclerc Buffon, Pelletan décide de l’envoyer à la Ménagerie Royale de la cour de Louis XVI à Versailles. Hélas, nous sommes en mai 1788, en pleine période révolutionnaire. La mission sera compliquée et le chemin qui les mène de Saint-Louis du Sénégal jusqu’à Versailles un véritable parcours du combattant semé d’embuches.
Personne aura une courte vie, à peine dix ans, protégé par ses différents maitres, et surtout par le chien Hercule qui l’accompagne dans son périple.
J’ai apprécié découvrir cette aventure, l’écriture est étonnante et parfois ampoulée car ancrée dans son siècle est foisonnante d’images et de sentiments, d’idées et de interrogations . Et j’ai apprécié cette façon de personnifier le lion, Personne, de lui créer des souvenirs, des émotions, pendant cette période historiquement riche d’événements importants : la colonisation de l’Afrique et l’esclavagisme, la révolution française et la fin de la royauté. Cela donne une autre vision de tous ces événements, de cette grande période de bouleversement politiques, économiques et sociétaux majeurs dans notre histoire.
https://domiclire.wordpress.com/2018/01/16/histoire-du-lion-personne-stephane-audeguy/

16 janvier 2018
Hélène

Alors qu'il quitte son village pour se rendre à Saint Louis, Yacine rencontre un jeune lionceau abandonné. Touché par la solitude de l'animal abandonné par sa mère, il décide de l'emmener avec lui. Et c'est ainsi que commence l'incroyable épopée de ce lion qu'il appellera Personne, en hommage à la ruse d'Ulysse sur l'île du Cyclope. Jean-Gabriel Pelletan directeur de la compagnie royale du Sénégal chez qui se rend Yacine accepte de garder le lionceau qui grandit dans un univers protégé. Mais un jour il blesse un jeune garçon et Pelletan doit l'éloigner du Sénégal. Il décide de l'envoyer à Paris, à la ménagerie royale de Versailles.

Ce court roman permet de découvrir ce fascinant animal qui a réellement vécu de 1786 à 1796.

Son histoire originale permet de sonder les rapports entre les hommes et les animaux oscillant entre maltraitance et bienveillance.

Ce que j'ai moins aimé : Il est difficile de s'attacher à un des personnages qui sont assez détachés, froids. Sitôt que l'on commence à s'attacher à l'un d'eux, le lion doit les quitter et nous les quittons également.

Bilan : Un tableau de l'époque intéressant et original.

15 janvier 2018
Christine Gazo

Découvert dans le cadre du jury du Prix du meilleur roman 2018, ce livre m'a surprise par sa forme : un conte, une fable animalière , mais avec de nombreux éléments historiques, peu représentatif de ce que je lis habituellement. J'ai été d'emblée touchée par la poésie notamment présente au début du récit, cette fausse naïveté, ces magnifiques descriptions et réflexions.

Extraits :
"Rien qu'une poignée d'êtres vit sa vie, sa seule vie ; rien qu'une vie mais toute entière,"
"...la peur pousse la masse des hommes vers la religion ; il convient de se déprendre d'elle, parce qu'elle tue l'esprit. Il avait compris que cette sagesse lui suffirait, jusqu'à sa mort..."
"...il s'abîma dans la contemplation des nuages qui défilaient au-dessus d'eux. Et ces signes intangibles et pourtant réels qu'aucune vie humaine n'épuiserait jamais la vastitude du monde lui fit venir les larmes aux yeux."

A la suite du lion Personne et de son inséparable compagnon le chien Hercule, nous découvrons une période de l'Histoire, les moeurs d'une époque, nous voyageons sur deux continents (du Sénégal jusqu'à la France). La complicité (voire l'amitié) qui lie de manière indéfectible les deux animaux est touchante et est le vecteur principal d'humanité d'un récit souvent empreint de violence et de cruauté. Elle existe aussi avec quelques hommes (Yacine, Pelletan, Jean Dubois...) qui prodiguent soins et beaucoup plus à leurs amis à quatre pattes.
La Révolution Française est en toile de fonds de la deuxième partie. Et le récit se montre tout aussi instructif que fantaisiste.
Une belle découverte et un bon moment de lecture !

13 janvier 2018
Virginie Dufour Vertigo

La condition humaine vue par le prisme du lion, la condition animale par le prisme des humains. Voilà un peu comment on pourrait résumer en une phrase ce beau roman qui aborde finalement des thèmes très actuels. Une belle épopée romanesque mais un style un peu trop ampoulé qui finalement, selon moi, dessert un peu le récit. Ce roman reste cependant un bel hommage au monde animal et un révélateur de ce que l’humain a de meilleur et de pire.


http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2018/01/13/36040293.html

12 janvier 2018
Béa Pome

J'ai commencé ce roman par la dernière phrase: "Alors nul ne se souvint plus de Personne". J'ai souri. Ce lion de papier allait-il rentrer dans ma galerie de personnages inoubliables ou bien donnerai-je raison au narrateur?
Je vous le dis sans détour, le lion Personne flanqué de son fidèle compagnon Hercule passant de mains en mains, de pays en pays, de St Louis jusqu'à Paris, des ports négriers jusqu'à la révolution française ne passera pas aux oubliettes. Je lui ai donné une place de choix dans ma galerie, aux côté d'Ulysse, même si ce Personne-là ne retrouvera jamais sa terre natale.
Cette histoire n'est pas une fable -silence des bêtes ; peut-être bien un conte philosophique comme une invitation à reconsidérer notre propre humanité.

11 janvier 2018
Julie Massal

Ce roman concis, écrit dans un style à la fois incisif et poétique, fort humoristique tout en restant nuancé, m'a littéralement conquise. Jubilatoire, réjouissant, et pourtant empreint de mélancolie, ce roman est un véritable coup de cœur pour moi.
L'auteur nous emmène d'abord dans les tréfonds de l'histoire coloniale française en Afrique, plus précisément au Sénégal, et nous plonge dans ses ambiguïtés profondes, traitées avec subtilité par S. Audeguy, sur un ton caustique bienvenu. Dans ce "décor" habilement dépeint, tout commence avec la découverte d'un lionceau par un jeune homme, Yacine, à l'aube de sa vie d'adulte. Prenant le chemin de sa liberté, en rejetant la tradition villageoise, il choisit d'emmener le lionceau avec lui. Yacine découvre sa propre identité alors que son destin s'ébauche...et cette découverte de lui-même résonne avec ses réflexions sur le nom à donner à l'animal, particulièrement savoureuses.
Cela semble ainsi débuter comme un roman d'initiation, à travers les pérégrinations de Yacine et du lionceau, et à travers d'autres personnages secondaires mais essentiels dans le destin de Yacine.
Mais ce récit nous plonge aussi dans une reflexion subtile, par petites touches, posées ça et là au coeur du roman, sur notre propre humanité. A mesure que le lionceau grandit, il rencontre en effet les diverses manifestations de la cruauté humaine mais aussi la beauté de certains êtres qui grandissent au contact de l'animal. Ce dernier, devenu un lion vigoureux bientôt accompagné d'un petit chien avec lequel il tisse une amitié indéfectible, se voit bientôt transbahuté dans la Ménagerie de Versailles à l'aube de la Révolution Française; et l'on y retrouve une peinture tout en nuances des affres de l'exil, de l'enfermement et de l'abandon...
Les thèmes du roman sont donc nombreux, entremêlés subtilement, sans aucun effet de discours ou de parti pris, laissant le lecteur face à ses propres doutes sur la nature humaine...

11 janvier 2018
charrier

Quand j’ai reçu cette première sélection, j’avoue n’avoir pas du tout été emballée pour lire ce livre. L’ayant écarté de mes lectures lors de sa sortie en 2016, car il ne m’attirait pas.
J’ai commencé ce récit sans motivation. Et là ?! Qu’elle ne fut pas ma surprise !!! QUELLE CLAQUE ! J’ai été de suite sous le charme !

Je ne m’attendais pas du tout à ça. Ce récit écrit comme un conte me subjugue littéralement et ME VOILA plonger dans ce roman, à suivre les péripéties de ce lion nommé Personne.
L’histoire nous fait voyager entre le Sénégal et la France.
Une période de l’histoire forte intéressante (1786-1796) où l’on aborde plusieurs thèmes comme l’esclavagisme, les conditions de vie du peuple sénégalais et les français qui s’y installent. Mais aussi la France, avec Paris et son climat instable, et par conséquent la révolution française par la suite.
Une vrai épopée que vivra ce lion « Personne » accompagné de son fidèle ami, un chien prénommé Hercule qui le suivra partout. Une très belle amitié entre ces deux animaux, ainsi que des personnages attachants, qui se battront jusqu’au bout, pour que ces deux complices restent ensemble et surtout en bonne santé.
Ils ont qu’un but commun, trouver un endroit où Personne pourra vivre heureux et en sécurité.
Mais malheureusement, tous non pas cette objectif, et Nous lecteurs, nous tremblons parfois en lisant la cruauté de certains hommes.
C’est une histoire très originale et étonnante.
Un roman pertinent, et à la fois poétique et sensible. A LIRE

Informations :
Ce roman inspiré de faits réels.
Il a reçu le prix WEPLER 2016 et le Prix Littéraire 30 Millions d’Amis 2016.
Je ne connaissais pas du tout ce prix littéraire. Voici le lien si vous voulez voir les autres titres des romans qui ont gagné les années précédentes.
http://www.30millionsdamis.fr/la-fondation/nos-evenements/prix-litteraire/

10 janvier 2018
Betty Gomez

Jusque-là, le Lion s’appelait King (on avait pleuré sa mort, avec Patricia), ceux qui dissertaient sur des sujets prétendus simples avaient pour nom Candide et Panglos, et Uzbek, celui qui s’étonnait des us et coutumes d’un pays.

C’était avant de lire l’Histoire du Lion Personne, dernier roman de Stéphane Audeguy, avant de faire connaissance avec le jeune Yacine, avec Jean-Gabriel Pelletan, ce directeur de la Compagnie Royale du Sénégal opposé à l’esclavage des Noirs, et avec le vieil Hammadi, Peul à unique dent, qui remonte le fleuve Sénégal sur sa pirogue chargée de défenses… et de dents en ivoire.

Avant même qu'une date ne l'indique, ce livre nous transporte au XVIII ème siècle. Par la langue, le style, le genre littéraire, celui du conte philosophique…
L’histoire, puisque histoire il y a, à la façon des contes africains, commence dans un hameau sénégalais, où vit Yacine, orphelin de treize ans, recueilli et instruit par un père blanc qui décide d’envoyer cet élève brillant, et remarquablement doué pour les mathématiques, étudier à la ville.

Yacine aime les histoires, celle d’Ulysse, racontée par Homère le poète aveugle, celle de son père qu’on prétend mort de la variole mais que l’enfant imagine grand chasseur tué par un fauve. Dès lors, comment s’étonner, lorsqu’il découvre un lionceau abandonné dans la savane, qu'il l’adopte et le prénomme Kéna, ce qui, dans la langue de sa tribu, signifie "Personne" ? Yacine, qui a deux prénoms (le père Jean l’a baptisé Baptiste) mais ne se reconnaît dans aucun, sait combien donner un nom est important. Quand le vieux Peul Hammadi le débarque après l’avoir, tel Charon, aidé à traverser le fleuve, l’adolescent de la brousse découvre Saint-Louis.

Sous l’œil perçant de notre africain-persan, Stéphane Audeguy présente un tableau d’une impitoyable lucidité de Saint-Louis, la ville du négoce et de la traite des Noirs, où s’interpénètrent les cultures, où des Noirs habillés à l’européenne se comportent plus cruellement que les colons envers les Africains, adoptent les manières, les valeurs de l’Occident, dont la première de toutes, le profit. Yacine a la chance d’y rencontrer Pelletan, Français lettré à l’esprit éclairé, qui veut abolir l’esclavage au Sénégal, un amoureux d’Homère qui ne s’offusque pas qu’un lionceau compisse son tapis où sont dessinées les différentes scènes de l’Odyssée et qui convainc Yacine que, pourvoyant désormais à l’entretien et à la nourriture de l’animal, il est en droit de participer au choix de son nom. C’est convenu, le jeune lion aura un nom français : "Personne". Yacine est envoyé travailler par Pelletan chez la signare Fany, riche commerçante qui initie le jeune garçon à la sexualité, usant de lui comme elle le fait avec les autres Noirs enfermés dans la captiverie, bâtiment pestilentiel et anormalement silencieux, c’est-à-dire comme d’un objet.

« Un mois plus tard, il y eut une épidémie de variole et le jeune Yacine fut l’un des premiers à mourir. On était en décembre 1787 ». Ainsi se clôt, brutalement, la première partie du livre.

Chez le rousseauiste Pelletan, hommes blancs, hommes noirs, chiens, chats, babouins, autruche, et…Personne vivent ensemble, librement. La nuit, tandis que Pelletan s’endort entre les cuisses noires de son amant Adal, Personne s’endort en tenant dans le berceau de ses pattes, Hercule, petit chiot noir qui sait, d’un coup de langue, le délivrer de ses cauchemars. Et le jour, dans les rues de la ville, chacun s’écarte, quand passe l’excentrique directeur flanqué d’un domestique noir au mutisme inquiétant, d’un petit chien laid et hargneux, d’un lion dans la force de l’âge. Aussi, quand un enfant se blesse chez Pelletan, nul ne veut entendre, et sa mère moins que quiconque, que l’enfant gâté a tiré la crinière, bourré de coups de pieds, pincé l’oreille récemment blessée du lion paisible qui a seulement repoussé, griffes soigneusement rentrées, l’enfant tyrannique. Peu importe si le gamin ne s’est évanoui que de peur et n’a pour toute blessure que celle infligée par son amour-propre. On crie haro sur le lion, on tente de l’empoisonner, et Pelletan n’a d’autre solution que d’envoyer Personne en France pour le confier au savant Buffon. Il faut préparer la traversée, payer grassement le voyage, multiplier les recommandations, et se séparer…. Mais le bateau n’a pas encore hissé sa voile que déjà son capitaine a oublié ses promesses pour ne se réjouir que de la forte somme d’argent soutirée à un original. Et l’odyssée de Personne se poursuit. Le lion est enfermé, maltraité, pendant trois semaines, dans l’obscurité d’une cale de bateau, où seul Hercule, pareillement affamé, le soutient en lui apportant quelques rats à manger. À l’arrivée, ils sont abandonnés, sales et malades, sur le port du Havre où l’ancien factotum de Buffon, Jean Dubois, les trouve. Surmontant sa peur, celui-ci ouvre la cage et, tout en berçant de la voix le fauve famélique, le détache et lave ses plaies.


Le roman se poursuit, picaresque. Nous sommes au printemps 1788, Jean Dubois, jeune homme bon et féru de naturalisme, se dirige à travers champs jusqu’à Versailles, accompagné d’un chien et d’un lion en liberté… et de la rumeur. Les paysans qui n’ont pas lu les philosophes des Lumières, sur leur passage, parlent de sorcier, de loup-garou et les tueraient, sans l’intervention opportune d’un curé éclairé et juché sur un âne. A Versailles, les temps ont changé, le roi se désintéresse de la ménagerie et des animaux sauvages. La famine gronde, les Français, affamés et révolutionnaires, refusent d’engraisser un roi, fusse-t-il celui des animaux. Et nul n’a déclaré que les animaux naissaient et demeuraient libres et égaux en droits…
On conduit l’animal à Paris, au jardin zoologique où, durant des années, les Parisiens pourront observer, appeler, embêter, un vieux lion enfermé dans une cage avec un chien, et entendre un guide peu soucieux de vérité raconter aux curieux en mal de belles histoires celle de l’amitié indéfectible du lion et du chien Hercule. Mais ce chien-là n’est pas l’ami fidèle. Hercule est mort. Et Personne ne l’a pas oublié.

En 1796, Personne meurt, des savants le dissèquent et le font empailler.

« Alors nul ne se souvint plus de Personne »

C’est par cette antiphrase que se termine l’histoire inoubliable du lion Personne.

9 janvier 2018
Lilylit_blog

Je dois dire que j’ai été un peu surprise par le style au premier abord. La plume de Stéphane Audeguy est très recherchée, avec un côté XVIIIe siècle qui m’a un peu déroutée durant quelques pages. Je me suis donc plongée dans le récit en m’imaginant ouvrir un conte philosophique de l’époque de Voltaire (et de l’époque de l’histoire narrée, donc), et cela a fonctionné. [...] Ce petit livre se dévore vite et plaisamment mais ne m’a pas pour autant laissé un souvenir impérissable. Pour moi, un conte de ce style comporte une morale ou une satire plus évidente, et ici je n’ai pas trouvé si originale la dimension éthique du récit. Je ressors donc de cette lecture avec une satisfaction mitigée.

8 janvier 2018
Adèle R

Histoire du lion Personne est un court roman de Stéphane AUDEGUY. Un lionceau, seul et affamé, est recueilli par un jeune garçon. Du Sénégal à la France, le lecteur suit le lion là où ses différents propriétaires le mènent. Entre le conte philosophique et les fables de la Fontaine, l’ouvrage pose le lion Personne et le chien Hercule comme prétextes à l’analyse des humains qui gravitent autour des deux Bêtes. C’est moins l’histoire du lion Personne qu’une série d’histoires individuelles inscrites dans l’Histoire de France.
C’est pourquoi je ne décrirai pas le roman comme un conte animalier, bien que le titre créé une attente à ce niveau.
L’écriture est fluide et, si je ne me suis pas beaucoup attachée aux personnages hormis Yacine, j’ai tout de même été happée par le récit. Histoire du lion Personne ne correspond pas aux genres littéraires que j’ai l’habitude de lire, aussi ai-je certainement manqué d’outils pour saisir tous les éléments en jeu. Néanmoins, j’en ai apprécié la lecture et j’ai passé un bon moment.

8 janvier 2018
Elisabeth

Éditions Points – #PMR2018 – Parution Août 2017.

Il y a des livres comme celui-là, où vous vous dites que si vous l’aviez aperçu sur l’étagère de votre libraire, vous seriez probablement passé à côté, sans le saisir. A côté, mais de quoi ? De cette histoire sublime, un peu comme un conte, au centre de laquelle un Lion est Roi, le lion Kena, qui signifie Personne. Cet animal qui n’aura finalement rien de féroce, doit à Yacine, un petit garçon, son sauvetage, alors qu’il n’était qu’un lionceau, en plein cœur du Sénégal.

Personne se liera d’amitié avec Hercule, un petit chiot qui deviendra grand, tout comme lui, deux êtres que tout aurait pu opposer mais que le destin a décidé d’unir. Ils ne se quitteront plus. De propriétaires en propriétaires, ce beau et touchant duo traversera bien des aventures, des mésaventures même.

Du Sénégal en France, ils ne cesseront de voyager, de mains en mains, des êtres humains les plus touchant au plus mauvais, toujours ensemble.

Comme il est difficile d’expliquer les sentiments traversés et vécus lors de cette formidable et poignante lecture. L’amitié, la tendresse, la tristesse, le désarroi…. Voilà les embuches dans lesquels le lecteur s’engouffre. Il n’y est pas que question « de bêtes », mais d’animaux, d’êtres, et si cela pouvait changer un tant soit peu le regard des Hommes sur « ceux » qui les entourent, ce serait un bien joli pari.

Alice Ferney le cite comme « un livre merveilleux », ce qui est totalement incontestable. Stéphane Audeguy nous raconte ici une véritable histoire, qui aurait pu commencer par « Il était une fois… », dont la légèreté de la plume et la délicatesse de l’écriture nous emportent comme sur un nuage, d’où nous ne sommes que simples spectateurs…

En plein émerveillement, comme une enfant… !

https://littelecture.wordpress.com/2018/01/08/histoire-du-lion-personne-de-stephane-audeguy/

5 janvier 2018
Mumu dans le Bocage

Livre lu dans le cadre du Prix du Meilleur Roman Points 2018

Basé sur des faits réels, apparemment, ce court récit retrace l'existence de Kena qui se traduit par Personne, Lion du Sénégal, trouvé par le jeune orphelin Yacine en 1786 dans la savane sénégalaise et qui terminera son existence à Paris.

Un profond attachement lie l'enfant et l'animal qui perd tout de ses caractéristiques sauvages se transformant en animal domestique.

Elevé et souvent aimé car docile par différents personnages au long de sa vie dont Jean-Gabriel Pelletan au Sénégal, Directeur de comptoirs commerciaux a la double vie et Jean Dubois, intendant de la Ménagerie Royale, passionné de Nature, l'animal se lie également à un chien, Hercule et ces deux animaux traversent les événements dont une révolution ensemble.

L'écriture est agréable voire même un peu dans le contexte de l'époque par moment, récit riche d'informations, instructif.

J'ai lu ce roman comme un documentaire, une page d'histoire animalière mais sans réel attachement. Une narration en trois parties : Afrique, voyage et arrivée en France, Versailles et Jardin Royal, faites de courts chapitres. L'auteur retrace non seulement le parcours de ce félin, son destin quelque peu étrange et inhabituel, sur deux continents dans une époque troublée, loin de son milieu sauvage nature mais aussi les destinées et contextes de différents protagonistes : Yacine, Pelletan et Dubois entre autres qui protégèrent et aimèrent ce lion qui ne connut que l'homme dont il dépendra totalement.

Comment le destin de ce roi des animaux se transformera en animal de compagnie, docile, aimant, voyageant d'un continent à l'autre, survivant aux pires conditions, humilié, oublié.

Description d'une époque, également, les comptoirs commerciaux en Afrique, l'esclavage, Versailles, la révolution française mais aussi histoires de moeurs et d'attachement de l'homme à l'animal, d'instinct mais aussi histoire d'amour d'un homme pour un autre homme.

Mais il m'a manqué un je-ne-sais quoi pour ressentir de l'émotion, il aurait fallu peut être un peu plus de vie (le récit est uniquement dans la narration), un peu moins de distance. Une prise de conscience peut être pour certain(e)s que l'homme peut être sauveur et destructeur pour la faune mais aussi pour lui-même..... Un fond de philosophie, de dépaysement, un beau voyage mais sans réelle émotion.

Il pensait que les Noirs mentaient tout autant que les Blancs, que ce monde entier mentait ; et que malheureusement il n'en était pas d'autre. (p166)

18 décembre 2017
Emmanuelle BARBERA

Quel beau roman humaniste et entraînant...malgré un début très classique ! Mais ensuite, on va de surprise en surprise, l'écriture est alerte et presque classique parfois, et c'est bien le lion Personne qui nous humanise comme les personnages que sont Yacine, Pelletan et Dubois.Comme nous voudrions nous aussi connaître la même histoire d'amitié que se prote Hercule le chien et Personne le lion, comme un bel exemple des Animaux aux Hommes.

13 décembre 2017
Amélie N.

Lorsque Yacine recueille celui qu'il nommera Kena, il a bien conscience de le condamner à une vie soumise aux soins des hommes. Mais que pouvait-il faire d'autre pour ce lionceau orphelin? Au fil des pages, nous suivrons le destin hors du commun de Kena (rebaptisé Personne) et son indissociable ami le chien Hercule qui côtoieront tour à tour la bonté et la cruauté des êtres de notre espèce.
Ce roman, en parallèle d'être l'histoire du lion Personne nous conte l'histoire des hommes dans leurs efforts pour conquérir une liberté dont l'humanité elle-même les a privé. Reprochant parfois au lion, son statut de "roi des animaux" qu'elle lui a arbitrairement attribué, la société humaine apparaît pourtant d'une autorité suprême sur tous les êtres vivants digne des monarques qu'elle abhorre. En refermant le livre, il nous reste une envie, celle de s'éloigner de la folie des hommes tel Adal (qui porte en lui autant d'amour que de sagesse) tout en ayant l'atroce conscience que nous en faisons partie.
S'il est impossible d'en ressortir indifférent, je déplore malgré tout plusieurs choses. La première c'est qu'a priori je m'attendais à suivre cette épopée aux côtés de Personne. Or, si c'est partiellement le cas, nous sommes le plus souvent les compagnons de voyages des humains qui l'entourent ce qui a pour conséquence de nous tenir finalement très éloignés de lui durant les 14 premiers chapitres. Ce parti pris n'est bien sûr pas dénué d'intérêt puisqu'il a le mérite de nous confronter au contexte historique et social de cette période. Cependant, pas assumé jusqu'au bout, il ne fait que le survoler laissant le lecteur tiraillé entre le sentiment d'être tenu à distance du lion et celui de n'avoir pas assez approfondi les sentiments humains et les événements historiques qui parsèment et conditionnent sa destinée et celle d'Hercule. Quelques phrases bien longues aux multiples virgules ont également un peu cassé le rythme de ma lecture, néanmoins ce livre reste un bon roman touchant et émouvant qui devrait convenir à tous les amoureux d'animaux et de liberté parmi lesquels j'aime à me compter.

10 décembre 2017
Missbook

"Quand il y a de l'impossible, il faut en faire un roman." (Stéphane AUDEGUY)
Raconter l'histoire d'un lion, de sa naissance à sa mort, quelle audacieuse entreprise !
Et pourtant, c'est avec succès que l'auteur nous plonge dans ce conte philosophique.
1786. Yacine, un jeune garçon africain de 13 ans doit se rendre, pour une mission dont il ne connaît l'objet, à Saint Louis du Sénégal. Sur le chemin, il fait l'improbable rencontre avec un lionceau dont il prendra la responsabilité. Il le nommera "Kena" qui signifie "personne" dans le dialecte de sa tribu.
Conformément à sa mission, il entre en contact avec Jean-Gabriel Pelletan, le directeur de la Compagnie Royale du Sénégal, un antiesclavagiste. Ce dernier se prend d'affection pour le jeune garçon et son lion. Celui-ci trouvera un nouveau compagnon, le chien Hercule, dont le rôle sera essentiel dans l'aventure qui suivra.
Pelletan acceptera de les entretenir tous les trois jusqu'au décès tragique du jeune garçon.
Ne se sentant pas l'âme de poursuivre, il a dans l'idée de transférer Personne et Hercule à Versailles, aux bons soins du Directeur de la Ménagerie du Roi jusqu'en 1792. Mais la Révolution française n'épargnera pas la ménagerie et ses occupants. A bout de forces et mourant de faim, les inséparables compagnons sont transférés au tout nouveau jardin des Plantes, à Paris, où l'un après l'autre ils trouveront la mort.
Impossible de rester indifférent à cette incroyable aventure du lion Personne. On s'attache à lui et à son fidèle compagnon Hercule. L'amitié qui les lie, les souffrances qu'ils endurent nous touchent indubitablement.

10 décembre 2017
Hélène TREGARO (jurée du prix)

Dans "Histoire du lion Personne", Stéphane AUDEGUY questionne avec intensité le rapport des hommes aux animaux sauvages et surtout au lion, être à la symbolique particulière.
Rythmé par l'histoire du Sénégal et celle de la France, ce conte présente un réel intérêt historique.
La précision de l'auteur dans la narration des événements, les décors et les références mythologiques en font un grand roman. La psychologie des personnages est elle aussi très juste.
Sur la forme, l'écriture n'est pas toujours simple à lire. Il m'a fallu plusieurs chapitres pour m'y habituer.
Je regrette que l'histoire du lion ne commence pas plus tôt dans le roman. Cela peut entraîner au départ un sentiment de frustration, au regard de la promesse du titre.

8 décembre 2017
Séverine RANC

J’ai bien souvent un problème avec les romans trop courts et c’est ce qui s’est passé avec ce livre.
Quand j'ai enfin commencé à entrer dans l’histoire, à accrocher au style et à m’attacher aux personnages, le bouquin était terminé.
Plus qu'une fable, je dirais qu'il s'agit d'un conte animal peuplé de personnages humains.
Un ouvrage pas banal et tout public que l’on pourrait conseiller à des lycéens mais un récit qui se concentre sur l'essentiel, au détriment de l’épaisseur de l'histoire et des personnages. A noter cependant l'écriture précise et très classique de Stéphane Audeguy qui colle parfaitement au propos.

6 décembre 2017
Marion

Ce récit est bien différent de ce que j'ai l'habitude de lire : il mêle des personnages, une époque et des lieux qui ne me sont pas familiés. Pourtant, j'en ai apprécié la lecture, aussi fluide que poétique. J'étais assez curieuse de savoir où tout cela aller me mener mais je dois dire que j'ai été beaucoup plus intéressée par le voyage que par son dénouement. J'ai tout de même eu un petit coup de coeur pour tout le début de l'histoire de Personne et sa vie en Afrique.

4 décembre 2017
Sonia B.

Des rives du Sénégal en 1786 au Paris post-révolutionnaire, l'Histoire du Lion Personne nous conte le destin original et improbable d'un duo attachant! Personne (Kena en wolof) est le nom donné par Yacine, jeune africain en partance pour Saint-Louis du Sénégal, à un lionceau qu'il va recueillir et domestiquer. Devenu adulte, Personne sera flanqué d'un chien du nom d'Hercule qui ne le quittera plus. Ensemble, ils connaîtront les plaines sénégalaises, les soutes immondes d'un navire en partance pour l'Europe, la Ménagerie royale de Versailles et enfin le Jardin des Plantes à Paris. Lors de leur périple, iIs croiseront de nombreux protagonistes historiques, plus ou moins protecteurs. On se prend au jeu de croire à ce récit et on s’inquiète pour le sort de ce lion devenu malgré lui le symbole d’un régime en perdition qui deviendra l'objet de querelles insoupçonnées. Derrière le conte et la fable, l'auteur nous fait le récit de la grande Histoire, celle de l’esclavage et de la Révolution. C’est une histoire attachante et originale, servie par une très belle écriture, qui donne à réfléchir sur le comportement des hommes. Une jolie découverte !

2 décembre 2017
Sophie Gauthier

Peut-on faire le mal en voulant faire le bien ? C'est l'une des questions qu'aborde ce superbe roman à la portée philosophique. Pour éviter une mort certaine à un lionceau orphelin, Yacine, un adolescent, le recueille et le fait vivre dans la société des hommes. Désormais incapable de survivre dans la savane, rejeté par ses congénères, le fauve est contraint de s'adapter à une existence qui ne lui était pas destinée. En cela il rejoint ces Africains réduits en esclavage, qui, comme le lion, ne sont personne pour ceux qui s'affirment leurs maîtres. Mais la métaphore va bien au-delà et amène à s'interroger sur les notions de liberté, de progrès et sur l'acharnement des humains à toujours garder le pouvoir sur leurs semblables comme sur les autres espèces vivantes.
Située au XVIIIème siècle finissant, l'histoire est racontée dans une élégante langue classique qui l'apparente à une fable ou à un conte voltairien. Je l'ai lue avec délice et avec une émotion intense. Nul superflu, nulle faiblesse dans cette narration limpide qui entrelace magistralement le romanesque et la discrète érudition, le temps historique et le temps humain. Un roman intemporel, si beau, si fort qu'il m'a touchée le coeur autant que la raison et la conscience.

 

À la une sur le cercle Points

Prix du Meilleur Roman

Sélection 2018

Sélection du Prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points

Donnez votre avis!


Vous avez des avis, remarques, ou des envies pour améliorer notre nouveau site Lecerclepoints.com ?

 

Contactez-nous