Grand-père avait un éléphant de Vaikom Muhammad Basheer

6,3€ // 160 pages
Paru le 15/11/2012
EAN : 9782757830987

Grand-père avait un éléphant

Vaikom Muhammad Basheer

Littérature

Partagez :

Du monde, Kounnioupattoumma ne sait rien, sinon que son grand-père avait un éléphant ! Fille de notables musulmans, elle est en âge d’être mariée. Pour sa mère, les prétendants ne sont jamais assez beaux, riches, puissants… surtout quand on songe à la splendeur passée de la famille. Hélas, la voici ruine?e ! La jeune fille peut enfin prétendre à des jours meilleurs…


Vaikom Muhammad Basheer est né et mort au Kerala (1908-1994). Il est l’un des écrivains les plus importants de la littérature indienne contemporaine.



« Dans ce conte ravissant, on découvre l’humour et l’humanisme de Basheer, un auteur proche des sages hindous et des mystiques soufis. »

Libération


Traduit du malayam (Inde) par Dominique Vitalyos

Si ce texte nous parle des coutumes, des superstitions et de la religion musulmane en Inde, c’est bel et bien l’histoire d’amour tumultueuse, comique et romanesque à souhait qui nous tient en haleine ! Car Basheer possède un don magnifique qui séduit grands et petits : c’est un véritable conteur... Alors laissez-vous bercer !

 

Commentaires

28 juin 2013
Jean-Claude Leclercq

Kounniou Pattouma est une jeune indienne musulmane qui vit dans une famille de notables (le grand père avait un éléphant). Tout va bien mais le père, Bapa, qui règne sur sa communauté comme une espèce de parrain bonhomme perd un procès et son héritage.
Les soucis de la mère pour marier sa fille ne font que s'accroître. La famille vit désormais dans une cabane sur une sorte de terrain vague. Les parents sont constamment en conflit sans cependant chercher à améliorer leur situation.
La jeune fille se blesse en venant au secours d'un moineau; elle est secourue et soignée par un jeune "kafir", Nisar Ahmad. Elle s'aperçoit ensuite qu'il habite la maison à côté de la sienne.
Nisar, excédé par les mauvaises odeurs, enseigne à Bapa quelques principes élémentaires d'hygiène ainsi que mille façons d'améliorer la vie quotidienne. Bapa, dont la vie s'améliore, apprécie Nisar.
La mère s'aperçoit que le "kafir" est en fait un musulman comme eux qui pratique une religion plus ouverte sur les choses de la vie. Nisar va pouvoir épouser Kounniou Pattouma. Au moment où la mère s'aperçoit que "la jeune génération" met à mal la légende de l'éléphant, sa fille pourra être heureuse.
Le style est frais et léger, enfantin parfois. Le livre ne convainc pas comme roman, il s'apparente plutôt au conte, genre qui n'est plus guère pratiqué dans nos contées. Cela n'est pas de nature à susciter l'enthousiasme.
Il s'agit d'un excellent livre pour les adolescents à la condition qu'ils prennent le temps de lire et d'y réfléchir.

25 mai 2013
Julie F., membre du jury

Voilà un livre très rapide à lire. Déjà, parce qu’il est court (à peine plus de 150 pages), mais surtout, parce ce qu’il est intéressant et bien écrit.

Pour moi, ce livre représente la découverte, à tout point de vue. Je ne connais pas l’auteur, je n’ai jamais lu de littérature indienne, je ne connais pas grand-chose de la religion musulmane, et la société dans laquelle évolue Kounnioupattouma m’a totalement inconnue.
Du coup, j’ai eu un peu de mal durant les premières pages, avec tous ces termes qui m’étaient étrangers (par exemple « mundu », ou « kafir »). Mais au bout d’un moment, on comprend tout seul ce que ces mots signifient. Et au pire, il y a un petit glossaire à la fin du livre.

On s’attache très vite à Kounnioupattouma, jeune fille naïve et candide, et par conséquent on s’intéresse rapidement à ce qui lui arrive, à son émancipation. En fait, Vaikom Muhammad Basheer nous parle, à travers ses personnages, de l’Inde. D’une Inde divisée entre tradition (représentée par la famille de Kounnioupattouma) et modernité (représentée par la famille d’Aïsha). Mais aussi d’une Inde hiérarchisée en castes, qui séparent riches et pauvres. D’une Inde où l’Islam tient une place importante, mais où la religion est vécue de différente manière.

Bref, Grand-père avait un éléphant est un conte agréable et dépaysant.

15 mai 2013
Maryse Delcord

Ce court roman, qui je dois l'avouer, ne m'a ni vraiment plu ni vraiment déplu, a tout de même eu sur moi l'effet d'un voyage dépaysant au cœur d'une culture indomusulmane, dont les us et coutumes sont abordés avec un comique laissant au lecteur un goût doux-amer...

14 mai 2013
Nathalie Seghair, membre du jury

Pas transcendée par la lecture de cette gentille fable ni par sa "subtilité".
Navrée!

25 avril 2013
Katia, membre du jury

Cette courte histoire retrace le parcours de Kounnioupattoumma, une jeune fille dont la famille a récemment changé radicalement de statut, passant d’une vie aisée et d’une situation confortable à une quasi-pauvreté.

La jeune fille a vingt ans, on peut donc l’imaginer mature et responsable mais bien au contraire, maternée et cloîtrée par sa mère, elle est restée crédule et naïve comme une petite fille. Du haut de ses vingt ans, elle a l’âge de se marier mais aucun homme n’est assez bien aux yeux de ses parents.

Notre héroïne se retrouve sans cesse reléguée au second plan, écrasée par une mère violente, injuste et envahissante. Son père est là pour contrebalancer et soutien sa fille lorsque sa mère se montre trop injuste, laissant place à certaines scènes assez violentes dans le couple.

Un jour, Kounnioupattoumma rencontre par hasard un homme qui vient à sa rescousse lorsqu’elle se trouve coincée dans un fossé ; et à partir de cette rencontre, la jeune fille va s’éveiller à des sentiments qu’elle n’a encore jamais éprouvés. Cet homme va l’aider involontairement en amenant ses parents à plus de discrétion.

En parallèle ce récit met en place le rapport que peut entretenir une famille face au prestige de ses ancêtres. Sur ce dernier point, ce roman se révèle assez pessimiste et peu gratifiant.

J’ai apprécié ce roman, cependant la fin m’a semblé un peu expéditive, ce qui est dommage.

23 avril 2013
Fabien Philippe

L’intérêt principal de «Grand-père avait un éléphant» est de parler de la communauté musulmane de l’Inde, qui compte pour 13% de la population totale.

Pour le reste, le livre de Vaikom Muhammad Basheer adopte le genre du conte sans y insuffler toute la poésie et la subtilité qu’il laissait supposer.

17 mars 2013
Noémie G., membre du jury

La petite Kounnioupattouma doit faire face à la ruine de ses parents et apprendre à vivre comme les plus modestes, elle dont le grand-père avait un éléphant ! Ses parents se déchirent, et son mariage qui n'arrive jamais la perturbe beaucoup. Quand une famille de kafir emménage près de chez eux, c'est la fin de tout !

A mi-chemin entre le conte et la fable, ce court ouvrage m'a laissée un peu perplexe. Certes, l'atmosphère qui se dégage de l'oeuvre est propice au voyage et nous charme volontiers, mais j'ai peiné à suivre un style que d'autres membres du jury ont trouvé poétique et qui m'a personnellement laissée de marbre. L'héroïne tout à fait naïve m'a tapé sur les nerfs tout autant que sa mère, et j'ai été assez soulagée d'en venir à bout, pour tout dire. Du coup, aucune légèreté pour moi dans le propos, mais plutôt une sacrée impression de lourdeur. Voilà qui ne sera pas pour moi "l'élu" du prix du meilleur roman !

11 mars 2013
Sandrine http://casentlebrule-sandy.blogspot.fr/

Voilà un roman que je n'aurais certainement jamais lu sans le prix du meilleur roman des éditions Points. Il faut avouer que je suis peu tentée par la littérature indienne et malheureusement, cet essai ne m'aura pas convaincue.

Fille unique d'une famille très riche, Kounnioupattoumma ne connaît pourtant rien du monde. N'étant pas instruite, elle attend simplement d'être mariée par ses parents à un prétendant de son niveau. Pour le moment, elle doit passer ses journées à accueillir les visiteurs pour leur faire admirer ses robes et bijoux nombreux, réciter les préceptes strictes qu'elle a reçu et rêver à la richesse de son grand-père qui avait un éléphant.

Mais soudain, la fortune de son père s'écroule. Fini la belle maison, les lourds bijoux ou les idées de mariage fastueux. Kounnioupattoumma va désormais vivre pauvrement avec son père et sa mère, apprendre à tenir une maison et finalement découvrir la vie.

Un roman très court finalement et un style assez distant ont fait que je n'ai pas réussi à m'intéresser à l'histoire de Kounnioupattoumma. Un avis tout aussi court pour un livre qui m'aura laissé de glace.

27 février 2013
Carole Brönnimann

Petit roman, sous forme de conte, plaisant à lire, qui raconte avec fraîcheur l’histoire d’une jeune indienne musulmane. Son point de vue sur le monde (qui se résume à sa famille et ses voisins immédiats), ainsi que ses observations ingénues, sont retracées avec humour. L’on se prend de sympathie pour elle, et l’on méprise sa mère, inculte, qui ne se rattache qu’à la grandeur passée de son grand-père.. qui avait un éléphant.

Malheureusement, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire qui ne m’a pas touchée, ni émue particulièrement. Un bon moment de lecture, mais sans plus. Peut-être plutôt un texte à appréhender sous un angle éducatif ? Grâce à l’éducation, on se libère de la tradition et on accède à l’hygiène (mentale), corporelle et.. nutritionnelle !

23 février 2013
Laurence Cadet, membre du jury

Tout d'abord, une remarque concernant ce titre qui est placé dans la sélection 2013 pour le prix du meilleur roman : ce récit ne peut être classé dans la catégories des romans car il a toutes les caractéristiques du conte... Texte court, peu de personnages, intrigue simple, absence de repères spatio-temporels qui auraient pu permettre au lecteur de situer précisément l'intrigue...
J'ai déjà lu quelques œuvres de littérature indiennes, toutes traduites de l'anglais, celle-ci est en revanche une traduction indienne. Ce n'est pas si fréquent...
Globalement, ce texte est plaisant mais le début m'a paru un peu fastidieux, car il comprend trop d'allusions aux légendes religieuses... Celles-ci ralentissent le rythme
et m'ont envoyée dans des univers trop éloignés du mien ( même si je sais bien que c'est une des particularités du genre du conte). La suite de la lecture s'est révélée plus intéressante mais je ne suis vraiment jamais rentrée dans cette histoire...Je l'ai trouvée trop rapide et j'aurais préféré qu'elle fasse l'objet d'un roman. Un point positif cependant : l'univers poétique, onirique dans lequel évolue le personnage principal Kounnioupattouma. J'ai particulièrement aimé les passages évoquant sa découverte de la nature qui l'entoure.
Un récit plaisant, sans plus...

15 février 2013
Béatrice Binisti, membre du jury et blogueuse

Avec "Grand-père avait un éléphant", je fais ma première incursion dans la littérature indienne, grâce à Points sans qui je n'aurais sans doute jamais approché ce petit livre. Sa couverture rose vif aurait eu tendance à me faire fuir...

Une petite fille de riches musulmans, prénommée Kounnioupattouma, attend sagement -et tristement- l'homme qui l'épousera. Nul prétendant n'est assez bien pour elle. La pauvrette ignore tout de la vie, ploie sous le joug de traditions qu'elle ne comprend guère et on lui répète à longueur de journée que son grand-père avait un éléphant. Son existence va changer radicalement lorsque sa famille se trouve soudain ruinée. Le bonheur et l'ouverture sur le monde sont peut-être à portée de main...

C'est regrettable, navrant, c'est bête et c'est dommage, mais je suis passée complètement à côté de ce conte philosophique. L'écriture enfantine et lourde ne m'a pas séduite, je n'ai pas réussi à m'intéresser à l'histoire de Kounnioupattouma "la bécasse", et cette lecture fort longue de seulement cent cinquante pages m'a paru plus agaçante que charmante. Je ne l'explique pas vraiment. On adore ou on déteste, sans doute, car c'est très particulier. Je déteste.

Ne vous fiez donc pas à mon avis. Tant de gens ont trouvé ce livre merveilleux ! il se peut que le conte philosophique indien ne soit tout simplement pas ma tasse de thé.

"Ainsi parée, elle ne faisait que rester assise. Elle mangeait sans appétit. Allongée, elle ne trouvait pas le sommeil. Par les nuits de lune, elle se tenait debout dans la cour intérieure de la grande maison, une vague tristesse au coeur. Kounnioupattoumma n'en saisissait pas la cause. Elle possédait tout ce dont elle avait besoin. Alors, elle levait les yeux vers le ciel couvert d'étoiles et tentait de sourire. Sa mère l'appelait de l'intérieur. Elle ne devait pas rester debout dehors. Si quelqu'un la voyait !
- Qu'est-ce qu'il y a dans le ciel, Oumma?
- Des ifrites, des djinns, des diables !
Les être invisibles qui parcourent le ciel pourraient l'apercevoir!
Le ciel n'est pas vide, contrairement à ce qu'il paraissait. toutes sortes de créatures le traversaient, anges et démons, sans compter ce vaurien d'Iblis. En voyant Pattoumma, certains d'entre eux auraient pu concevoir le désir de la posséder.
Elle rentrait à la maison. Ce n'était pas qu'elle eût d'objection à être vue par les hommes, les anges, les djiins ou autre créature. Mais elle était une femme musulmane, alors..."

14 février 2013
SV (jury)

Lecture de "Grand Père avait un éléphant", de
Vaikom Muhammad Basheer.

Découverte totale pour moi que ce roman, à deux égards : la littérature indienne en tant que telle et, de ce fait, l'auteur.

Le livre est rafraîchissant, et plein d'humour. Il se lit vite et bien, de façon très fluide, tout en étant parsemé d'intéressantes informations sur une culture éloignée de la notre.

A certains égards, il me fait penser à un conte au long cours, genre auquel on ne saurait prêter l'ambition littéraire que d'autres s'assignent.

Je partage les réserves émises par certains autres lecteurs sur le fait que cet ouvrage n'entre pas la catégorie des "grands" Livres, mais je crois que lui faire ce reproche, c'est le prendre pour ce qu'il n'est ni ne peut être.

Bonne(s) lecture(s) à tous,

SV

9 février 2013
ronan besnard, membre du jury mais pas que

Le reste des commentaires fait un peu penser à la grande époque de l'école des fans... Certes, ce livre ne manque pas d'intérêt, on suit l'histoire avec plaisir, on y apprend des choses sur un mode de vie méconnu.
Mais comme le dit un commentaire, le "poids romanesque" est modeste. Divertissant, pas captivant. La grande littérature, c'est autre chose, non ? C'est le livre de Grossman, par exemple. Il faut un style, une ambition, un rythme, une vie en soi quoi !!!
Ce livre ci est une aimable série, pas un grand film.

6 février 2013
Jean-François JAMBOU

Le dépaysement de l'humanisme.

Entre traditions et modernité, ce subtile conte nous transporte dans l'Inde à une époque indéterminée.Kounnioupattoumma, issue d'une notable famille musulmane se voit vainement réserver par ses parents l'heureux prétendant à la hauteur de son statut social et religieux. La famille se ruine et alors s'ouvre un nouveau monde pour l'héroïne.Le verrou de l'obscurantisme religieux ne résistera pas à la découverte de la modernité...
Ce conte d'une grande fluidité,épuré de toute aspérité dégage un charme emprunt d'humour et d'humanisme.L'auteur excelle dans la forme courte. la construction narrative de chaque chapitre s'apparente à celle une nouvelle.Mais cette légèreté stylistique n'empêche pas la profondeur d'esprit, ce qui en fait un livre universel et transgénérationnel.Ce court roman questionne la condition féminine sous le joug de l'ignorance.L'émancipation de la femme prendra le chemin de l'interdit et du tabou pour se révéler.Sans manichéisme démonstratif, ce roman d'un humanisme "joyeux" m'a procuré un grand plaisir de lecture et une savoureuse découverte!

6 février 2013
jean-claude Grandemange, membre du jury

On est tenté dans un premier temps de considérer ce joli conte comme une pochade qui se lit avec plaisir mais sans vraiment accrocher.C'est ensuite que nous saisissons que cette histoire est d'abord un prétexte à décrire et expliquer un Islam de la vie de tous les jours, par son explication , ses limites intelligentes face à un radicalisme dû à l'habitude et les préjugés; enfin se font jour le bon sens et la foi dans une société, la société indienne, si celle ci respecte les autres;le tout dans un humour très travaillé et souvent ravageur.
Alors, ce petit roman plein de fraîcheur est-il digne à terme de figurer parmi les favoris du prix? Je ne le crois pas malgré tout, car son poids romanesque est insuffisant, mais je pense que Simplex et Candide ont peut-être essaimé en Inde avec humour un peu de leur parcours...

4 février 2013
Sandy Lafosse Membre du Jury

Certains livres vous transportent dans un tout autre monde, une tout autre atmosphère, et vous impose presque leur univers sans que vous n'ayez aucune prise sur eux. C'est exactement ce que j'ai ressenti après avoir tourné quelques pages de ce très joli conte. Car c'est bien un conte poétique et humaniste que nous livre Vaikom Muhammad Basheer, l'un des écrivains indiens contemporains les plus connus et les plus doués de sa génération. Dès les premières lignes, le récit s'est imposé à moi sous la forme d'un théâtre d'ombres chinoises, à la façon de "Princes et Princesses" de Michel Ocelo, certes "Grand-père avait un éléphant" ne se situe pas à la même époque et ne parle pas de princesses, mais c'est pourtant sous forme de théâtre d'ombres chinoises que j'ai imaginé et visualisé toutes les scènes de ce petit bijou.



Grand-père avait un éléphant relate avec beaucoup de charme non dénué d'une certaine dose d'humour, la vie de Kounnioupattoumma, cette jeune Indienne fille de notable musulman qui n'a aucun but dans la vie mise à part celui d'épouser un mari qui lui sera désigné. Mais pour sa mère, issue d'une grande lignée, aucun prétendant n'est digne de la petite-fille de celui qui avait un éléphant. C'est avec beaucoup de subtilité que l'auteur annonce le déclin et la chute de la famille, lorsque le père de la jeune musulmane, un nanti très respecté par ses pairs est ruiné suite à un procès fratricide et que la famille désargentée doit se résoudre à s'installer en périphérie de la ville. Et la façon dont la jeune Kounnioupattoumma ouvre les yeux, sur ce qu'est le quotidien des la plupart des Indiens fait figure de petit électrochoc, dans le monde jusqu'ici quelque peu édulcoré de la jeune musulmane.



Tout au long de ce magnifique et court récit, le lecteur est porté par l'humanité et la beauté qui se dégage des mots de Vaikom Muhammad Basheer. Si l'un des buts avoués de l'auteur est d'ouvrir les yeux de ces lecteurs, et de dénoncer l'obscurantisme et le communautarisme exacerbés dans certaines parties de l'Inde, Vaikom Muhammad Basheer utilise des mots teintés de poésie et d'humour sans jamais heurter son lecteur. À chaque page, le lecteur sent derrière les mots la volonté d'instruire, de faire réfléchir, mais aussi de faire reculer les croyances et les fantasmes qui sclérosent une partie de la société indienne. Mais si l'auteur dénonce, son propos est toujours empreint de délicatesse, de fluidité et de douceur. "Grand-père avait un éléphant" est un joli petit livre qui vous emporte et vous laisse empli de légèreté. Un très joli roman à découvrir.

2 février 2013
Richard RIMEUR

Un petit joyau que ce récit aux allures de fable nous faisant découvrir l'univers de Kounnioupattoumma , jeune femme musulmane indienne, dont la famille traditionaliste occupe une place éminente au sein de sa communauté.

Le destin de Kounnioupatoumma semble donc tout tracé dans cet environnement conformiste, dans lequel prières, cérémonials, respect de la hiérarchie tiennent lieu de garde-fous dans un monde en perpétuel mouvement.

Rien n'étant éternel ici-bas, une querelle familiale providentielle, en précipitant la déchéance sociale des siens, va permettre à Konnoiupattoumma de s'ouvrir aux autres.

Après moult péripéties,son séduisant voisin, Nisar Amhad, lui ouvrira les portes de l'amour et d'un "avenir radieux", valorisant ce qu'il y a de meilleur en elle.

Entonnant un doux hymne à la tolérance et à l'intelligence, c'est avec un humanisme revigorant et un talent de conteur hors pair que Vaikom Muhammad Basheer nous transporte dans son univers, dans lequel nous entrons avec un plaisir non dissimulé.

En ces temps faits parfois de détestation primaire, ce roman est une véritable parenthèse enchantée (et quel humour, au détour de chaque page).

"Le vent a soufflé, et la feuille n'est pas tombée".

Il est grand temps, pour rester dans la tonalité du jour, d'écouter "Tea for the Tillerman".

Roman lu en qualité de membre du jury du prix du meilleur roman des lecteurs du Point.

2 février 2013
géraldine muzeau

Une belle légèreté

Un petit roman en forme de parenthèse enchantée, tout à la fois divertissant, plein d'humour et de sagesse.

On se laisse dépayser par cette Inde des coutumes et des traditions régissant la destinée des individus ainsi que par la dimension initiatique des aventures ou mésaventures de Kounnioupattouma, partagée entre le poids des superstitions et le souffle nouveau, l'appel vers un ailleurs inconnu offert par la famille de Nisar Ahmad.

Ce petit conte délicieux résonne comme une douce parenthèse dans notre quotidien, comme un petit souffle venant d'ailleurs et nous faisant considérer le monde sous un autre regard.

27 janvier 2013
Hélène ALRIC DECOUCHON

Grand Père avait un éléphant
Vaikom Muhammade Basheer

Lu pour le jury du cercle des lecteurs du Point poche 2013


Voici un petit livre rose étincelant, orné d’un magnifique Ganesh sur la première de couverture qui s’offre à moi qui aime tant l’Inde. Que vais y trouver ?

Beaucoup plus qu’il n’y parait sous ses airs de bel objet exotique pour amoureux de l’Inde car ce petit roman révèle bien des surprises.

Sous la forme d’une fable contemporaine, nous faisons connaissance avec Kounioupattoumma, jeune fille d’une riche famille musulmane en âge de se marier. Elevée et évoluant en vase clos, à l’abri du monde avec un père aimant et une mère un poil hystérique, son univers est constitué de deux mondes distincts : les musulmans nantis et les Kafirs, infidèles, pauvres et bien sûr à fuir absolument. Kounioupattoumma est heureuse, naïve et confiante quant à son avenir jusqu’à ce que sa famille soit ruinée.

Alors dans l’obligation de déménager, le quotidien de Kounioupattouma change et là où l’on pourrait s’attendre à une dégringolade, l’horizon de la jeune fille commence à s’ouvrir sur l’extérieur, au grand dam de sa mère qui verse alors dans l’obscurantisme religieux le plus total.

Ce joli conte intelligent est un véritable traité de tolérance qui par l’éveil de la conscience de Kounioupattoumma nous initie à la religion musulmane et à ses différentes facettes, suivant comment on la pratique. Personnellement j’ai appris beaucoup et compris que l’hérétique à combattre en priorité était l’ignorance, mère de tous les vices.

25 janvier 2013
Claudy Olivet

Lu dans le cadre du Prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points.

Avec ce roman, je découvre la littérature indienne. C'est toujours intimidant d'entrer dans un nouvel univers géographique qu'on ne connait pas. On essaie d'y entrer à petits pas en espérant adhérer de suite à l'univers et l'histoire qui nous ait racontée.
Pour tout vous dire, j'ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre: je lisais avec curiosité ce petit conte qui nous parle des coutumes, des traditions, superstitions et de la religion musulmane en Inde. Je trouvais le propos de l'auteur intéressant mais je n'adhérais pas du tout aux personnages. J'étais comme hermétique à ce que je lisais, sans me sentir impliqué complètement. Je lisais. Point.
C'est avec la chute du père de Kounnioupatoumma et la rencontre avec Nisar et Aïsha que le roman prend une autre tournure et que j'y ai trouvé enfin un plaisir. L'histoire d'amour qui se profile entre Patoumma et Nisar est tendre, drôle. Je me suis senti comme un bienheureux devant ce futur bonheur qui pourtant est gâché par les traditions que la Oumma (la mère) de Kounnioupatoumma n'arrête pas de rabâcher à sa fille.

Voilà un petit roman tendre, drôle, étonnant qui nous replonge en enfance, nous donne un petit goût d'exotisme qui fait du bien. Alors, même s'il m'a fallu du temps pour y entrer, j'ai bien aimé. Sans plus. C'est un petit conte qui se lit très vite, qui nous ravit sur le moment, qui nous questionne sur la religion et les coutumes d'un pays. Oui, mais après? Que m'en restera t'il dans quelque temps? Je ne sais pas.
Mais bon, le principal n'est il pas qu'il m'ait fait passer un bon moment sur l'instant. Après tout, les histoires ne sont que des histoires, qui nous font rêver. N'est ce pas cela l'essentiel?

 

À la une sur le cercle Points

Prix du Meilleur Roman

Coups de coeur de lecteurs !

Prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points 2013

L'aventure Prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points 2013 touche à sa fin. Alors que les jurés s'apprêtent à voter, découvrez les 3 derniers titres en compétition pour le Prix !


Bonne humeur

Sélection spéciale bonne humeur

Une sélection légère et savoureuse à se mettre dans la poche pour cet été !

Au-revoir grisaille ! Pour voir la vie du bon côté et passer un bel été, Points vous a concocté une sélection de 10 romans et récits garantis 0% déprime ! Amour, aventure, espionnage, humour... il y en a pour tous les goûts !


Coup de coeur

Prix du Meilleur Roman

La sélection de mars

L’aventure du Prix du Meilleur Roman des Lecteurs de Points continue avec Bataille de chats d’Eduardo Mendoza nouveau candidat en lice, qui raconte l'histoire d'un Anglais balloté dans une Espagne au bord de la guerre civile !


A DECOUVRIR

Prix du Meilleur Roman

L'univers loufoque et surréaliste d'Aimée Bender

C’est l’un des deux livres sélectionnés pour le Prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points en mars. Sous les allures d’un roman léger et pétillant dont l’univers loufoque et surréaliste rappelle à la fois Italo Calvino et Tim Burton, Aimee Bender nous offre le portrait d’une jeune femme qui n’est peut-être pas si loin de nous : terrifiée par l’avenir et pourtant joyeusement insouciante… !


ROMAN

Les mille automnes de Jacob de Zoet

Découvrez le premier chapitre de ce conte magnifique

Les mille automnes de Jacob de Zoet est le sixième livre en compétition pour le Prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points. Après Freedom de Jonathan Franzen, Accabadora de Michela Murgia, Scintillation de John Burnside, Une femme fuyant l’annonce de David Grossman et Grand-père avait un éléphant de Vaikom Muhammad Basheer, c’est au cœur d’une île japonaise à la toute fin du 18ème siècle que les jurés vont devoir se plonger.

Donnez votre avis!


Vous avez des avis, remarques, ou des envies pour améliorer notre nouveau site Lecerclepoints.com ?

 

Contactez-nous