Dawa de Julien Suaudeau

8,8€ // 600 pages
Paru le 04/06/2015
EAN : 9782757846438

Dawa

Julien Suaudeau

Policiers, thrillers & romans noirs

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Il se dira beaucoup de choses après les attentats. Sur lui, sur ses motivations. Après l'effroi et la peur viendra l'incompréhension. Il entend déjà les commentateurs s'essayer à une analyse, brouillée par l'émotion. Comprendront-ils le sens de son action ? Comprendront-ils que c'est la faillite de la France qui a été le détonateur de ces cinq bombes ? Au fond peu importe. Son père, lui, sera fier.


Né en 1975, Julien Suaudeau vit à Philadelphie. Dawa est son premier roman.


« Étonnant polar sociopolitique, Dawa nous fait entrer dans les cités, les ministères, le siège de la DGSI ou les instances musulmanes françaises. Un récit riche et puissant. »

Le Parisien


« Julien Suaudeau signe un premier roman très noir et monté comme les meilleures séries américaines. »

L’Obs

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Commentaires

16 octobre 2015
Diane Brulotte

Le sujet de ce roman est passionnant, actuel, complexe. L'auteur présente une composition fouillée et s'engage dans son sujet. C'est très noir et très cynique. À éviter si on a pas le moral ... Mais ça change heureusement du polar ordinaire et sans profondeur. Cependant, il faudrait choisir entre le roman et l'essai politique. Voilà le piège et Julieu Suaudeau y plonge et s'y enlise. En outre, le lecteur espère que l'éditeur fera son travail et rappellera son auteur à l'ordre : Retirer le pamphlet, surtout aussi moralisateur, et laisser les personnages et l'histoire faire le travail. On lit un roman, que diable, on ne fait pas sociologie ni sciences-po ! Ajouter un lexique ou des notes en bas de pages, de grâce. La multitude d'acronymes non identifiés et les arcanes de l'administration politique française épasissisent le texte et donne parfois le tournis et le livre nous tombe des mains. C'est un peu dommage.

12 octobre 2015
Bernard Granjean

Julien Suaudeau, « Dawa ».
Ce polar, on aurait voulu l’aimer parce qu’il est plutôt bien construit ; qu’il nous parle d’une de nos paranoïas sociales ; qu’on croit aux personnages et qu’il est parfaitement documenté. Mais c’est aussi son point faible, trop d’explications et de digressions nous font quitter le récit. L’excuse traditionnelle du premier roman n’est pas convaincante. L’éditeur de Suaudeau aurait dû le prévenir, lui demander de revoir son travail et de réduire le manuscrit à moins de cinq cents pages, quitte à rédiger en annexe un essai à partir de tous les passages excessivement explicatifs et à partir des réflexions qu’il développe au détriment de l’action et de la clarté du récit. Ces réflexion sont passionnantes, la preuve : quand on cite le roman ce sont des « maximes » qui en sont issues, mais elles sont aussi trop prégnantes, on change de genre et l’auteur prend la place des personnages. Henning Mankell, qui va beaucoup nous manquer, en disait plus à travers une situation, un dialogue ou quelques phrases échappées au personnage.
Si je parais sévère c’est que je suis toujours agacé quand une œuvre de qualité est simplement « bien » alors qu’elle aurait pu être « excellente ».
Il n’en reste pas moins que Dawa a sa place dans le tiercé de tête, mais, pour moi, pas en tête du tiercé.

6 octobre 2015
Danielle

« Dawa » de Julien Suaudeau. Da’wa signifie l’appel à rejoindre les enseignements du prophète dans l’islam (prosélytisme) ou, plus contemporain, le désordre, la pagaille, etc. Et là, dans le roman de Julien Suandeau on est dans la faillite totale de l’État par rapport aux banlieues notamment aux 3000, à Aulnay-sous-bois. Dans celle banlieue, c’est l’anarchie, la pagaille justement où la loi du plus fort règne. Les plus paumés s’enfoncent, faiblissent, répondent à l’appel. Les personnages se succèdent, se croisent, s’écorchent voire se tuent et tuent. Le climat qui règne dans « Dawa », on y croit, on ne suspecte aucunement l’auteur d’en faire trop, il donne des coup de poing là où ça fait mal. Il nous entraîne dans les méandres de la politique, les magouilles en tout genre où l’honnêteté ne fait pas florès. Le climat est glauque d’un côte comme de l’autre du périphérique. Le lecteur est éreinté, va voir plus loin pour savoir si tel ou tel personnage s’en sort ou se mortifie... Julien Suaudeau frappe fort, très fort, trop ? En tout cas on y croit à cette histoire socio-politique qui est la trame principale, le côté policier est presque anecdotique. Un auteur est né !

5 octobre 2015
Sandrine

Polar socio-politique, dense, poisseux, remarquable, impressionnant. Pourquoi tant de qualificatifs ? Parce que tout y est et que bon sang c’est un premier roman !!!
Sans aucun manichéisme, Julien Suaudeau nous balance une dizaine de personnages, leurs pensées, leurs angoisses, leurs envies. Je n’ai pu que penser à la série The Wire en le lisant, car ce livre va aux racines du mal. J’ai aussi beaucoup pensé à David Peace, énorme écrivain américain qui vous pond peu de bouquins mais d’une qualité impressionnante.
Peace, Suaudeau cherche le pourquoi du comment. Ils fouinent dans les rouages du pouvoir, tout est sale, tout dégoute et les personnages, terriblement proches, y vivent une vraie vie, vous savez le style déprimant, même quand on essaie de s’en sortir.
On les voit prendre les mauvais chemins, on en est désolé tellement on s’attache à ces gars torturés. Les personnages féminins sont un peu plus caricaturés c’est vrai mais il y a Hélène Faure, toute en failles qui redresse ce léger défaut.
Coup de cœur total, moi qui suis dure avec le style polar, thriller et j’en passe.

« […] le bonheur est inévitable et long à semer quand on le fuit. Mais une fois qu’il a disparu, autant chercher à voir la comète de Halley entre deux passages : il n’y a plus qu’à attendre le prochain en espérant qu’on a encore assez d’années devant soi. »

29 septembre 2015
Sandrine Bluetit

Bavard, surécrit, pour finalement ne dépeindre que des personnages sans réel caractère, tous mal dans leur peau et portés par une même voix, ainsi qu'une France exsangue et sans avenir... bon, et après ?

24 septembre 2015
Jocelyne Fonlupt

Un vrai bon roman bien noir et socio-politique à souhait, j’ai beaucoup aimé la rage qui s’en dégage. Je pense aussi qu’il n’a guère besoin d’obtenir le prix du meilleur polar des lecteurs de Points, c’est pourquoi je ne voterai pas pour lui malgré ses qualités indéniables. Il a déjà trouvé son lectorat et Julien Suaudeau n’aura pas beaucoup d’efforts à faire pour devenir un maître du genre.
J’ai juste envie de citer ces quelques phrases du bouquin : « Il n'y a que des pauvres, des culs terreux au front épais et à la gamelle creuse, dont la religiosité est un réflexe de fierté infantile, une tentative de reconquête de soi face à un consumérisme qu'ils identifient aux États-Unis et à Israël, parce qu'ils continuent à s'appauvrir pendant que la rente engraisse. Vous pouvez rire, mais croyez-vous que les talibans existeraient si le PIB des zones tribales était dix fois supérieur à ce qu'il est ? Éduquez-les, soignez-les, occupez-les, vous ne rencontrerez plus beaucoup de candidats au martyre et à l'émeute. »

6 juillet 2015
claudine barriera

Bravo pour ce roman poignant de vérité.
Enfin, quelqu'un qui ose raconter une réalité sociale qui inquiète et qui fait peur ....

 

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