Les Baleines se baignent nues de Eric Gethers

7,9€ // 408 pages
Paru le 06/03/2014
EAN : 9782757836828

Les Baleines se baignent nues

Eric Gethers

Littérature

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Une mère junkie qui meurt en couches, un père coureur invétéré : Henry n’est pas vraiment né sous une bonne étoile ! Élevé dans un bourg puritain du Texas par Vivienne, l’infirmière un peu toquée qui lui a sauvé la vie, il grandit au milieu d’êtres déglingués : pasteur libidineux, jeune fille se prenant pour Jeanne d’Arc… Antihéros fragile, loufoque et désabusé, Henry saura-t-il trouver le bonheur ?


Natif de New York, Eric Gethers a travaillé comme scénariste à Hollywood. Les baleines se baignent nues est son premier roman.


« Il semble que John Irving ait sinon un fils, au moins un cousin, un neveu, enfin un parent proche et qu’il s’appelle Eric Gethers. »

Le Monde des livres






Traduit de l’anglais (États-Unis) par Roxane Azimi

 

Commentaires

23 juin 2014
Claudie RIEUMAILHOL

C’est un roman très étrange, je dirai même complètement « déjanté », il est tantôt drôle et burlesque, tantôt sombre voire extrêmement dur, très souvent dérangeant mais en toile de fond, l’amour se décline sous toutes ses formes, l’amour familial, l’amour filial, l’amour fusionnel, l’amour égoïste, l’amour respectueux, l’amour tendre mais aussi, à l’opposé, l’amour ténébreux, l’aversion profonde, la vengeance, la perversion, que sais-je encore ?

Henry, personnage torturé, principal acteur de ce roman, semble porter en lui toute la misère du monde ; certes, il grandit au milieu d’êtres détraqués mais bien au-delà de cet état de fait, il semble de toute évidence traîner un lourd fardeau, celui de profondes mémoires ancestrales qui ne cessent de conditionner et d’entraver sa vie ; au travers de ce sombre héritage, de son mal-être, de ses échecs, de sa naïveté, de sa colère, de sa rébellion, il essaie de survivre en restant encore et toujours en quête d’amour.

En fin de compte, pour cet être bafoué par la vie, même si parfois, il nous apparaît cruel, le lecteur ne peut que ressentir un sentiment de sympathie lié à la souffrance qu’est la sienne et, finalement, au fil des pages, il a envie de le protéger, de l’aider et surtout de le voir enfin HEUREUX !

C’est un roman excessivement « fouillé », extrêmement dense, tout y est décrit avec une grande lucidité, j’ai envie de dire avec une « dure » simplicité, une décapante vérité car il est très souvent percutant, perturbant et même choquant dans ses descriptions mais, ceci dit, quel courage, quelle audace, il fallait oser !

La plume est prolixe, elle peut être ironique, acide, effroyable, effrayante mais aussi comique, tendre et réconfortante. Il s’agit là d’une belle palette de sentiments témoignant assurément d’une extrême sensibilité.

L’auteur est de toute évidence un homme extrêmement cultivé dont la connaissance et l’imagination débordante ne cessent de surprendre le lecteur – du moins, en ce qui me concerne.

Au cours de la lecture de ce roman et bien que ce soit dans un tout autre répertoire, je n’ai cessé de faire un parallèle avec notre romanesque Marcel PROUST ; des situations, des descriptions alambiquées qui suivent la spirale de l’inspiration pour raconter cette vaste comédie qu’est la Vie, de l’enfance à la maturité, qu’elle soit vécue ici ou ailleurs. Tous les ingrédients y sont présents, l’amour, l’humour, l’amitié, la haine, la cruauté, la jalousie, le désespoir, le vide de l’existence, le sentiment de l’échec...

Et puis, il y a cette envolée, cette puissance de sentiment qui lie un Père à son Fils ou un Fils à son Père, on la ressent comme une force viscérale, une énergie vitale qui, malgré les aléas de la vie, parvient à nourrir l’être et à le remplir d’un amour parental et filial inconditionnel.

En fait, bref… tous les sentiments qui nous habitent au cours de notre existence et qui jalonnent notre chemin de Vie, des sentiments qui nous conduisent du bon au mauvais, du succès à l’échec, du bonheur au malheur, de l’euphorie à la tristesse mais, que dis-je ? Pourquoi ne pas écrire les choses d’une manière plus POSITIVE et dire : « du mauvais au BON, de l’échec au SUCCES, du malheur au BONHEUR, de la tristesse à l’EUPHORIE ».

Merci à l’auteur pour ces forts moments de lecture qui m’ont, certes, très souvent bousculée mais qui m’auront certainement permis d’un peu mieux le connaître car l’on écrit toujours avec son COEUR,

Claudie, le 23 juin 2014

10 juin 2014
Boussais

L'histoire était attirante mais l'écriture, les situations trop cocasses, absurdes pour me permettre de réellement entrer dans le sujet, m'attacher aux personnages. A lire toutefois en étant plus disposé que moi à cet humour et ce décalage.

4 juin 2014
Dominique Alix (membre du jury)

Pauvre Henry ?
A la fois léger et acide, doux et drôle.
Le roman est une succession de situations irrésistibles où le cocasse se mêle aux bonnes intentions jusqu'à céder immanquablement la place à une âpreté dévastatrice qui donne au lecteur une sensation mitigée de jubilation et de malaise. Ainsi, Hope, l'épouse idéale de Henry, lui offre un amour merveilleux pour mieux mettre en scène sa mise à mort programmée. Vivienne, sa mère adoptive, lui donne elle aussi un amour inconditionnel pour mieux l'abandonner au moment de son adolescence en partant vivre le grand amour à Paris. L'épisode du suicide est également un grand moment de drôlerie et de noirceur.
C'est un roman sur la naïveté, le manque d'imagination, sur l'innocence et l'absurdité des comportements humains. Henry est un jouet, une marionnette, un pauvre type aussi, faible et lâche, qui fait ce qu'on lui demande, sans une once de libre-arbitre. C'est un concentré de bêtise masculine qui expérimente toutes les veuleries, sous l' œil implacable des femmes.

16 mai 2014
Chantal Guérinot

C'est un livre de destinées ou de destins où se pose la question de savoir si les événements vécus pendant l'enfance vont marquer les vies de chaque être. Reproduit-on le même schéma que ses parents ?
Le personnage d'Henry a du mal à se démarquer de son père dans les relations qu'il entretient avec les femmes. Je me suis attachée au personnage de Vivienne qui arrive à se libérer, à s'éveiller, à prendre conscience par les livres des droits de la femme et de leurs combats et à sortir du carcan.
Ces livres lui ouvrent sa conscience et l'incite à reprendre sa vie en main. Malgré toutes blessures, les embûches, les protagonistes sont dans la vie et ne baissent pas les bras. Un roman très dense au niveau écriture comme les américains savent faire, donc on suit en détail les péripéties de chaque personnage. Cela fait un effet pesant parfois. Un très bon livre malgré tout.

8 mai 2014
Sylvie Vander Donckt (membre du jury)

Comment trouver le bonheur à Lone Star Springs, bled puritain du fin fond du Texas ?
C’est la question qui turlupine Henry depuis sa naissance. Faut avouer, il aurait pu mieux tomber : sa mère droguée et en plein déni de grossesse meurt en accouchant de lui prématurément. Son père Jack, qui court après toutes les paires de fesses « oscillant d’un mouvement pendulaire », est représentant de commerce, donc baratineur, ceci expliquant cela. Heureusement, un ange gardien, déguisé en infirmière de néonatologie et prénommé Vivienne, prend le petit Henry sous son aile, et emménage avec Jack, qui voue désormais une adoration sans bornes (sincère mais feinte, si vous voyez ce que je veux dire) à la nouvelle femme de sa vie.
Henry grandit dans ce foyer bancal, au milieu de personnages fantasques et un peu frappés. Jack meurt à 33 ans, et Vivienne s’amourache de Peggy, jeune femme abusée dans son enfance par son père pasteur, donc perturbée et excessive, cela expliquant ceci.
Devenu adulte, mais sans repères solides, Henry hésite, louvoie : qui aimer ? UNE femme ? LES femmes, comme son père ? D’échecs en déceptions, Henry est chaque fois abandonné par ceux qu’il aime, ou qu’il croit aimer, ceci expliquant peut-être cela.

Le roman illustre la difficulté, voire l’impossibilité de s’extraire de sa condition dans un contexte socioculturel étriqué, surtout en partant sur d’aussi mauvaises bases. Le Rêve américain s’en prend encore une fois plein la tronche pour pas un cent. Le tragique de l’histoire est ici atténué par un humour cynique, décalé et absurde, qui n’en accable que davantage sa galerie de personnages loosers pathétiques.
De là à comparer cet univers à celui d’Irving, il y a un gouffre que je ne franchirai pas : même s’il y a un vague air de parenté, Gethers est loin d’être aussi drôle, et ne maîtrise pas un récit confus, parsemé de digressions sans queue ni tête qui sentent parfois le remplissage.
A l’école d’Irving, le petit Eric Gethers n’en est qu’à la phase d’apprentissage. Mention sur le bulletin : peut mieux faire…

27 avril 2014
Manon Lisait (membre du Jury)

Lone Star Spring, Texas, le jour du printemps. Le fils d'un alcoolique coureur de jupons et d'une junkie de passage naît prématuré dans la nature. Une infirmière choisit d'en faire sa famille et le prend sous son aile, finissant par s'établir avec le père de l'enfant. Henry grandit tranquillement dans une petite ville, follement aimé par sa mère et en admiration absolue devant son père. Lorsqu'il découvre la vérité sur le comportement de celui-ci, tout s'écroule. A sa mort, Vivienne, sa mère, bifurque radicalement de vie et le jeune garçon le prend comme une trahison terrible. Il en restera marqué à jamais.

Fantasque, loufoque, fourmillant de détails étonnants, Les Baleines se baignent nues est un roman étonnant et difficile à cerner. On y croise une galerie de personnages hauts en couleur, mais tous écorchés par la vie, alcooliques, prostituées, maris et femmes volages, suicidaires, illuminés ou encore boulimiques. Une seule constante, tous cherchent désespérément l'amour et le bonheur. Henry en fera douloureusement l'expérience, et à plusieurs reprises, éternelle victime de tous ceux qui croisent son chemin, éternel "gentil" qui ne rentrera jamais dans les vestes de son père.

Largement comparé à Irving dans la presse, Eric Gethers partage effectivement avec lui un univers et certains réflexes narratifs. Mais Gethers infuse beaucoup plus de violence dans son texte, une violence sourde présente dès les premières pages, dans le mensonge, l'ennui, les morts, les pages où le personnage principal s'époumone à insulter ses proches, une violence constante qui pourrit les gens à la racine et les empêche d'être heureux. D'Irving, on retrouve le titre, la trame générale, le goût pour les personnages abîmés et uniques, ainsi que le poids du destin. Mais son univers n'a pas cette fraîcheur et cette candeur que j'aime tant, ni l'humour et le détachement dont il peut être capable. Les dernières cent pages, un aller simple vers la mort (les personnages, leurs valeurs, la vie au village, les animaux de compagnie même, tout disparaît) m'ont perdues en route. Je me suis accrochée mais sans conviction.

25 avril 2014
Michèle Finance (membre du jury)

Tout n'est que mensonge ... ou comment rater sa vie en dix leçons ! Encore une belle satyre de la société américaine et pour un premier roman, c'est bien écrit et audacieux, avec cependant quelques passages lourds dans lesquels on ne comprend pas grand chose. Mais peut-être est-ce voulu ! Auteur à suivre ...

21 avril 2014
Corinne Mathieu

Les baleines se baignent nues est une sorte de roman picaresque mettant en scène les tribulations loufoques d'un anti-héros né trop tôt dans un monde qui ne veut pas de lui.
Tout au long de son épopée peuplée de personnages extravagants, déséquilibrés, suicidaires, mystiques et tous pathétiques, Henry, nouveau Candide des temps modernes, tente de trouver le bonheur mais échoue, toujours, comme une baleine qui aurait perdu son sonar.
C'est un roman inégal : parfois hilarant, parfois triste, parfois captivant, parfois ennuyeux, il est difficile au final de s'en faire une opinion tranchée.

19 avril 2014
Sandrine Blicq (Membre du jury)

Quelle claque ! Quel roman ! J’ai eu quelques difficultés à entrer dedans puis tout d’un coup je me suis retrouvé emportée dans ce monde dur et emplis de personnages marginaux, un peu fous mais si « vrais ». Ces personnages qui tentent désespérément d’être heureux, qui pensent approcher du bonheur et qui ne font que le frôler faute de bases solides. Un enfant né d’une femme qui ne voulait pas de lui et qui meurt en couches, un père plus que volage, une mère d’adoption perdue dans ses fantasmes et Peggy, qui m’a tant émue… Ce livre est dur et cynique mais d’une force rare qui m’a interpellée. Un coup de cœur !

9 avril 2014
Christiane Capelle (membre du jury)

La recherche du bonheur dans un milieu puritain et hypocrite d'une petite ville du Texas. Henry, le héros ou plutôt l'anti-héros, enchaîne erreur sur erreur depuis son plus jeune âge, influencé par son père, coureur invétéré, sa belle-mère déséquilibrée, personnes déglinguées par la vie. Autour de lui, aucune personne sensée.
C'est une histoire confuse, complètement loufoque, irritante parfois. Les femmes y sont décrites avec misogynie, les situations invraisemblables. Même le titre n'a aucun rapport avec ce qui est raconté, comme un post-it posé là par erreur. C'est sans doute voulu mais c'est dommage car l'écriture est agréable et on a du mal à s'y retrouver.
Au final, on ne sait pas vraiment qu'elle appréciation donner, à chacun de se faire une opinion.

7 avril 2014
Alice MONARD, membre du jury

Un sujet a priori intéressant : peut-on être heureux et s'en sortir malgré un début difficile dans la vie (bébé né prématurément d'une mère junkie qui mort en lui donnant la vie, d'un père qui couche avec toutes les femmes qu'il croise). Il trouve l'amour de Vivienne, l'infirmière qui l'adopte et lui donne de l'amour, du moins au début. Il croisera d'autres personnages plus ou moins cassés, suicidaires, des violeurs, des violents, des femmes fourbes ... Un portrait très noir de l'Amérique contemporaine. C'est parfois loufoque, parfois drôle, parfois noir, parfois ça sonne juste. Mais c'est un fouillis indescriptible, ça part dans tous les sens, tout est sujet à digression (les chameaux, la cuisine, la psychiatrie, dieu). Au final, ça donne un livre épuisant et qui tombe à plat. Pourtant ce Henry était une vraie matière intéressante mais trop triturée dans tous les sens. On se lasse.

5 avril 2014
Nathalie

L'univers est séduisant au début. Mais je n'ai pas eu le déclic, et je dois avouer avoir abandonné la lecture au bout de 230 pages... ce qui m'arrive très rarement...

1 avril 2014
Christine Kerjosse

Une satire féroce du mythe américain ou la vie de Henry qui enchaînent les erreurs.
N'est-ce pas inéluctable dés le départ ?
Comment survivre dans son contexte ?
Malgré des passages loufoques, l'ensemble plutôt confus m'a gênée. La peinture d'une bourgade des États-Unis avec ses ultra religieux et la violence morale omniprésente interpellent mais le plaisir de lecture n'est pas au rendez-vous. Dommage !

 

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